FRAGMENT D'UN SERMON SUR LA
PURIFICATIOiN DE LA SAINTE VIERGE.
Prêché à Navarre, la veille de la fête (1er février 1652).
Bossuet, ayant repris ce sujet l'année suivante devant les religieuses de la Propagation de la Foi, à Metz, n'a gardé de sa composition primitive que la conclusion et une vingtaine de lignes qui se trouvaient sur les mêmes feuilles. Nous donnerons cette conclusion avec le sermon auquel il l'a lui-même rattachée. Voici le fragment * qui la précède, et que les éditeurs ont eu tort d'introduire dans le sermon de 1653, avec lequel il est inconciliable, puisqu'il désigne clairement un autre auditoire, et la veille de la fête, non le jour, qui sera nettement indiqué au début du sermon.
[La sainte Vierge entendant une prophétie si lugubre, et en] cela plus terrible que, n'énonçant rien en particulier, elle laissait à appréhender toutes choses 2, ne s'informe point quels seront donc ces accidents si étranges ; mais, s'étant une bonne fois abandonnée entre les mains de Dieu, elle se soumet de bo'i cœur, sans s'en enquérir, à ce qu'il lui plaira ordonner de son fils et d'elle.
C'est ici, c'est ici, Chrétiens, à propos de cette offrande parfaite, que je vous veux sommer de votre parole, et vous faire souvenir de ce que vous avez fait devant ces autels. Lorsque vous avez été agrégés à la confrérie, n'avez-vous protesté solennellement que vous réformeriez votre vie ? Or en vain faisons-nous de si magnifiques promesses, en vain nous mettons-nous sous la protection de Marie, en vain la prenons-nous pour notre exemplaire, en vain nous assemblons-nous pour écouter la parole de Dieu, si on voit toujours les mêmes dérèglements dans nos mœurs. C'est pourquoi, aujourd'hui que la très innocente Marie présente soi\Fiïs.à Dieu, qu'elle se dédie elle-même à sa majesté, servons-nous d'une oc-
1. Ms. fr. 12825, f. 164 et 165. 2. Yar, : les deiœièresf extrémités