Quand le sommaire renvoie 5. Is., xr
aux pages, nous indiquons la pagi- 6i Ongutnts. parfuma,
nation du sermon original. — Ms. :
d'une sainte réjouissance : Ad matutinum lœtitia1. Que ferons-nous donc ainsi partagés entre la tristesse et la joie? Si nous ne parlons que de sa résurrection, notre douleur sans doute s'en trouvera offensée : que si nous nous contentons de nous entretenir de sa mort, notre espérance n'en sera pas satisfaite. Joignons-les toutes deux, Chrétiens, et voyons les obligations que l'une et l'autre nous impose.
O Marie, nous ne craindrons pas de nous adresser à vous aujourd'hui : nous savons que l'amertume de vos douleurs est bien adoucie ! Bientôt vous apprendrez que votre fils aura pris une nouvelle naissance, et vous ne porterez point d'envie à son saint sépulcre de ce qu'il aura été comme sa seconde mère ; au contraire, vous n'en recevrez pas moins de joie que lorsque l'Ange vous vint annoncer qu'il naîtrait de vous, en vous adressant ces paroles par lesquelles nous vous saluons : Ave...
[P. 3.] Je m'étonne quelquefois, Chrétiens, que nous ayons si peu de soin de considérer, et ce que nous sommes par la condition de notre naissance, et ce que nous devenons par la grâce du saint baptême. Une marque évidente que nous n'avons pas bien pénétré le mystère de notre régénération, c'est de voir les divers sentiments des auditeurs quand on vient à discourir de cette matière. Les uns, tout charnels et grossiers, sitôt qu'ils entendent parler de nouvelle vie, et de résurrection spirituelle et de seconde naissance, demeurent presque interdits; peu s'en faut qu'ils ne dïent2 avec Nicodème : Comment se peuvent faire ces choses? Quoi! un vieillard naîtra-il encore une fois? faudra-il que nous rentrions dans le ventre de nos mères ; ? Tels étaient les doutes que se formait en son âme ce pauvre pharisien. Les autres, plus délicats, reconnaissent que ces vérités sont fort excellentes ; mais il leur semble que cette morale est trop raffinée, qu'il faut renvoyer ces subtilités dans les cloîtres pour servir de matière aux méditations de ces personnes dont les âmes 4 se sont plus