‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 109 sur 441 · Var. : Lorsque nous portons la nocent gisant, etc · texte numérisé non relu

Var. : Lorsque nous portons la nocent gisant, etc

figure de cette mort, la vertu nous 3. Coloss., il, 12. — Ms . : Conse-

■en est appliquée. Allons donc au- pulti Christo... iourd'hui avec Madeleine adorer

Sermons de Bossuet. s

tant de ce monde à même temps qu'ils disparaissaient de leur vue, ils fussent allés mourir et s'ensevelir avec le Sauveur. Cette cérémonie ne s'observe plus, il est vrai ; mais la vertu du sacrement est toujours la même, et partant vous devez vous considérer comme étant ensevelis avec Jésus-Christ.

Encore un petit mot de réflexion sur une ancienne cérémonie. Les chrétiens autrefois avaient accoutumé de prier debout et les mains modestement élevées en forme de croix ; et vous voyez que le prêtre prie encore en cette action dans le sacrifice. Quelle raison de cela? Il me semble qu'ils n'osaient se présenter à la majesté divine qu'au nom de Jésus crucifié : c'est pourquoi ils en prenaient la figure, et paraissaient devant Dieu comme morts avec Jésus-Christ ; ce qui a donné occasion au grave Tertullian d'adresser aux tyrans ces paroles si généreuses : « Paratus est ad omne supplicium ipse habitas orantis christiani1 : la seule posture du chrétien priant affronte tous vos supplices » : tant ils étaient persuadés, dans cette première vigueur des mœurs chrétiennes, qu'étant morts avec le Sauveur, ni supplices ni voluptés ne leur étaient rien ! Et c'est pour le même sujet 2 qu'ils prenaient plaisir en toute rencontre [p. 16] d'imprimer le signe de la croix sur toutes les parties de leurs corps, comme s'ils eussent voulu marquer tous leurs sens de la marque du crucifié, c'est-à-dire de la marque et du caractère de mort. Pour la cérémonie,, nous l'avons tous les jours en usage, mais nous ne considérons guère le prodigieux détachement qu'elle demande de nous ; et c'est à quoi néanmoins l'apôtre saint Paul nous presse. Il faut que tout chrétien3 meure avec Jésus-Christ. Il faut qu'il meure, car le péché se contractant par la naissance, il ne se détache que par un[ej espèce de mort. Il faut qu'il meure, car il faut qu'il s'applique et la ressemblance et la vertu de la mort, de notre Sauveur, qui est l'unique guérison de ses maladies. Voilà déjà deux raisons : la première est tirée d'une

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