‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 110 sur 441 · Apoîoff., n. 30. 3. Var. : de mort. Tant y a qu'il · texte numérisé non relu

Apoîoff., n. 30. 3. Var. : de mort. Tant y a qu'il

2. En note, au bas de la page : n'avaient rien de plus présent dans « Et c'est ce détachement si entier l'esprit que cette pensée : il faut que que l'Apôtre entreprend de nous tout chrétien...

persuader aujourd'hui. »

propriété du péché ; la seconde, de la qualité du remède. Oublierons-nous cette instruction particulière que nous avons promise? Elle me semble trop nécessaire, et ce n'est point tant une nouvelle raison qu'une conséquence que nous tirerons des deux autres.

Écoutez, écoutez, Pécheurs, la grave et sérieuse leçon de cet admirable docteur : puisqu'il ne nous parle que de mort et de sépulture, ne vous imaginez pas qu'il ne demande de vous qu'un changement médiocre. Où sont ici ceux qui mettent tout le christianisme en quelque réformation extérieure et superficielle et dans quelques petites pratiques? En vain vous a-on montré combien le péché tenait à notre nature, si vous croyez après [p. 17] cela qu'il ne faut qu'un léger effort pour l'en détacher : l'Apôtre vous a enseigné que vous devez traiter le péché comme il en a traité la ressemblance en sa sainte chair. Voyez s'il l'a épargnée : quel endroit de son corps n'a pas éprouvé la douleur de quelque supplice exquis ' ? Et vous ne comprenez pas encore quelle obligation vous avez de rechercher dans le plus secret de vos cœurs tout ce qu'il y peut avoir de mauvais désirs, et d'en arracher jusques à la plus profonde racine ! Oui, je vous le dis, Chrétiens, après le Sauveur : quand cet objet qui vous sépare de Dieu, vous serait plus doux que vos yeux, plus nécessaire que votre main droite, plus aimable que votre vie, coupez, tranchez: Abscinde eum2 . Ce n'est pas sans raison que l'Apôtre ne vous prêche que mort : il veut vous faire entendre qu'il faut porter le couteau jusques aux inclinations les plus naturelles, et même jusqu'à la source de la vie, s'il en est besoin.

Saint Jean Chrysostome, dans le IIe livre de Compunctione cordis, fait, à mon avis, une belle réflexion sur ces beaux mots de saint Paul : « Mïhi mundus crucifixus est, et ego mundo3 : Le monde m'est crucifié, et moi au monde » ; entendez toujours par le monde les plaisirs du siècle : Ce ne lui était pas assez d'avoir dit que le monde était mort pour lui, remarque ce saint évêque ; î7 faut qu'il ajoute que lui-même est mort au monde. Certes, poursuit le merveilleux interprète, l'Apôtre con-

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