Pœdagog., 1. III, c. xi. 7. Joan., iv
4. Joan., V, 26. 8. In Joan., lib. IV, cap. II. 6. TertulL, advers. Prax.. n. 5, 6 ;
Pain de vie, ou plutôt n'est-ce pas un pain vivant que vous mangez pour avoir la vie? Car ce pain sacré, c'est la sainte chair de Jésus, cette chair vivante, cette chair conjointe à la vie, cette chair toute remplie et toute pénétrée d'un esprit vivifiant. Que si ce pain commun, qui n'a pas de vie, conserve celle de nos corps, de quelle vie admirable ne vivrons-nous pas, nous qui mangeons un pain vivant, mais 1 qui mangeons la vie même à la table du Dieu vivant ! Qui a jamais ouï parler d'un tel prodige, que l'on pût manger la vie ? Il n'appartient qu'à Jésus de nous donner une telle viande2. Il est la vie par nature : qui le mange mange la vie. O délicieux banquet des enfants de Dieu ! ô table délicate, ô manger savoureux ! Jugez de l'excellence de la vie par la douceur de la nourriture. Mais plutôt, afin que vous en connaissiez mieux le prix, il faut que je vous la décrive dans toute son étendue.
Elle a ses- progrès, elle a ses âges divers : Dieu, qui anime les justes par sa présence, ne les renouvelle pas tout en un instant. Sans doute, si nous considérons tous les changements admirables que Dieu opère en eux durant tout le cours de cette vie bienheureuse, il ne se pourra faire que nous ne l'aimions ; et si nous l'aimons, nous serons poussés du désir de la conserver immortelle. Imitons en nous [p. 28] l'immortalité du Sauveur. C'est à quoi j'aurai, s'il vous en souvient, à vous exhorter, lorsque je serai venu à ma troisième partie. Et puisqu'elle a tant de connexion avec celle que nous traitons, et qu'elle n'en est, comme vous voyez, qu'une conséquence, je joindrai l'une et l'autre d'une même suite de discours. Disons en peu de mots, autant qu'il sera nécessaire pour se faire entendre.
Cette aigle de l'Apocalypse, qui crie par trois fois d'une voix foudroyante au milieu des airs : « Malheur sur les habitants de la terre, Vse, vse, vse, habitantibus in terra3, » semble nous parler de la triple calamité dans laquelle notre nature est tombée. L'homme, dans la sainteté d'origine, étant entièrement animé de l'Es-