‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 123 sur 441 · De Pœnit., n · texte numérisé non relu

De Pœnit., n

2. Passage retranché :« Comment cela se fait-il ? Un exemple familier.

Un pauvre homme pressé de misère vous demande votre assistance : vous le soulagez selon votre pouvoir ; mais vous ne le tirez pas de i.

site : il revient à vous avec crainte ; à peine ose-il vous parler : il ne vous demande rien ; sa nécessité, sa misère et, plus que tout cela, sa retenue vous demande : il ne vous importune pas, il ne vous est pas à charge : tout votre regret, c'est de ne pouvoir pas le soulager davantage. Yoilà le sentiment d'un bon cœur. Mais un autre vient à vous, qui vous presse, qui vous importune :

vous vous excusez honnêtement : il ne vous prie pas comme d'une grâce, is il semble exiger, comme si c'était une dette : sans doute il vous est à charge ; vous cherchez tous les moyens de vous en défaire. Il en est de même à l'égard de Dieu. Un chrétien a succombé [p. 38] à quel-

Rermons de B03suet.

que tentation ; la fragilité de la chair l'a emporté ; incontinent il revient : Qu'ai-je fait ? où. me suis-je engagé ? La larme à l'œil, le regret dans le cœur, la confusion sur la face, il vient crier miséricorde ; il en devient plus soigneux : ah ? je l'ose dire, il n'est point à la charge L la miséricorde divine. Mais toi. Pécheur endurci, qui ne rougis pas d'apporter toujours les même» ordures aux eaux de la pénitence ; il y a tant d'années que tu charges des mêmes [récits] les oreilles d'un confesseur : si tu avais bien conçu que la grâce ne t"est point due, tu appréhenderais plus de la perdre ; tu craindrais qu'à la fin. Dieu ne retirât sa main. M [puis] que tu y reviens si souvent sans crainte, sans tremblement, il faut bien que tu t'imagines qu'elle te soit due. ». — Les mots pécheur endurci sont nécessaires dans ce qui suit.

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