‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 124 sur 441 · Can., m, Concil.. Labbe. t. I, col · texte numérisé non relu

Can., m, Concil.. Labbe. t. I, col

bien effroyable, et encore plus si nous venons à considérer que cette communion dont ils parlent était une chose, en ces temps, dont on ne pouvait abuser que deux fois. On la donnait par le baptême : la perdait-on par quelque crime, encore une seconde ressource dans la pénitence ; après, en violer la sainteté par deux fois, ils appelaient cela s'en jouer.

0 Dieu ! si nous avions à rendre raison de nos actions dans [ce] saint concile, quelles exclamations feraientils 1 ? Comment éviterions-nous leur censure ? Ces évêques nous prendraient-ils [p. 39] pour des chrétiens, nous dont les pénitences sont aussi fréquentes que les rechutes, qui faisons de la communion, je n'oserais presque le dire, comme un jeu d'enfant : cent fois la quitter2, cent fois la reprendre? C'est pourquoi éveillons-nous, Chrétiens, et tâchons du moins que nous soyons cette fois immortels à la grâce avec le Sauveur. Ne soyons pas comme ceux qui pensent avoir tout fait quand ils se sont confessés : le principal reste à faire, qui est de changer ses mœurs et de déraciner ses mauvaises habitudes. Si vous avez été justifiés, vous n'avez plus à craindre la damnation éternelle ; mais, pour cela, ne vous imaginez pas être en sûreté3, ne accepta securitas indiligentiam pariât. Craignez le péché, craignez vos mauvaises inclinations, craignez ces fâcheuses rencontres dans lesquelles4 votre innocence a tant de fois fait naufrage ; que cette crainte vous oblige à une salutaire précaution. Car la pénitence a deux qualités également nécessaires. Elle est le remède pour le passé, elle est une précaution pour l'avenir : la disposition pour la recevoir comme remède du passé, c'est la douleur des péchés que nous avons commis ; la disposition pour la recevoir comme précaution de l'avenir, c'est une crainte filiale de ceux que nous pouvons commettre et des occasions qui nous y entraînent. Dieu nous puisse donner cette crainte, qui est la garde de l'innocence !

1. Ils, syllepse : les Pères du Con- fausse sécurité ne produise en vous

cQe. une funeste négligence.

•2. Ms. : nous la quitter. 4.' Var. : dans lesquelles vous avez.

3. Ici les éditeurs insèrent une tant de fois éprouvé vos infirmités, traduction de Deforis: de peur qu'une

Ah ! Chrétiens, craignons de perdre Jésus qui nous a gagnés par son sang. Partout où je le vois, il nous tend les bras. Jésus crucifié nous tend les bras : Vienst'en, dit-il, ici mourir avec moi ; il y fait [bon] pour toi, puisque j'y suis. Jésus ressuscité nous tend les bras, et nous dit : Viens vivre avec moi, tu seras tel que tu me vois ; je suis glorieux, je suis immortel : sois immortel à la grâce, et tu le seras à la gloire l.

1. Ici se termine ce qui nous a été conservé des compositions de Bossuet à Navarre. Notons, pour la chronologie des Œuvres complètes.

qu'à la même époque appartiennent des Extraits d'Aristote, que les éditeurs ont eu la bizarre idée de faire entrer dans les Pensées chrétiennes et morale*, appendice des Sermons (Deforis. t. VII. 556-559; Lâchât.

t. X, 625, 627-629). En outre, ce dernier éditeur nous les présente une seconde fois, et comme une découverte, dans les Œuvres d'éducation (t. XXVI, 23, 31). Cette prétendue découverte avait été faite avant

lui par M. Nourrisson (E.^<ii sur la Philosophie de Bossiiet, avec des fragments inédits. Paris. 1852. in-8»).

En réalité, récriture et l'orthographe de ces pages (Sémin. de ileaux, D, 14) ne ressemblent pas plus à ce qui a été écrit par Bossuet, précepteur du Dauphin, que s'il s'agissait de deux auteurs différents. -Ces notes, accompagnées dans l'original de longues citations en grec, prouvent que Bossuet joignit, dès le collège, l'étude des philosophes à celle des historiens, des orateurs et des poètes, dont parle Ledieu dans ses Mt noires (p. 14 j .

IXe DIMANCHE APRES I A PENTECOTE.

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