Sap., vu, 3, 5. que, c'est-à-dire composé à i'occa
3. Var. : le véritable tableau de la sion d'une naissance. Ce mot, qui naissance des princes qui est parti rappelle le goût du XVIe siècle, ne de la main du plus sage de tous les se retrouvera plus en 1655, dans le princes. passasre parallèle.
Mais, grâce à la miséricorde divine, nous sommes appelés aujourd'hui à la naissance d'une princesse qui ne demande point ces vains ornements. Gardons-nous bien, Fidèles, de célébrer sa Nativité avec ces recherches téméraires, dont les hommes se servent en de pareilles rencontres. Mais plutôt, considérant que celle dont nous parlons est la mère du Sauveur Jésus, apprenons de son Evangile de quelle manière il désire que nous solennisions la naissance de ses élus. Les parents de saint Jean- Baptiste nous en donnent un bel exemple. Certes ils ne pénètrent pas dans les secrets de l'avenir par une curiosité trop précipitée. Toutefois, adorant en eux-mêmes les conseils de la Providence, ils ne laissent pas de s'enquérir modestement entre eux de ce que peut devenir cet enfant : Quel sera-il à votre avis ? se disaient7ils les uns aux autres : Quis, putas, puer iste erit? Or j'ai cru que je pouvais faire pour la mère de notre bon Maître ce que l'on a pratiqué à la naissance de son précurseur. Chrétiens, qui voyez aujourd'hui cette incomparable princesse faire son entrée en ce monde, quel pensez-vous que sera cet enfant? Quis, putas, puer iste erit ? Que me répondrez-vous à cette question ? Et moimême que répondrai-je? Consulterai-je les astres pour lire dans leurs diverses figures la destinée de Marie ? Mais je sais que notre Sauveur est le seul astre qui la domine. Irai-je étudier dans les livres des rhétoriciens les artifices dont ils se servent pour deviner de bonne grâce? Mais cette innocente 1 ne prendra pas plaisir aux afféteries2 de la rhétorique: elle aime sur toute chose cette naïve simplicité qui reluit de toutes parts dans l'Évangile de son cher Fils. En effet, puisque la question que je vous ai proposée est prise de l'Évangile, il sera bien à propos que j'en tire aussi la réponse. — « De qaa natus est Jésus qui vocatur Christus 3 : C'est d'elle qu'est né Jésus, qui est appelé Christ », dit le saint évangile que nous avons lu ce matin, célébrant les divins mystères. Maintenant interrogez-moi quel sera ce petit enfant :
1 . Première rédaction : cette petite . 2. Mot également effacé, mais noD
innocente : petite a été effacé (à la remplacé: ne peut donc se sup-
sangnine). — Plus haut : rhétori- primer.
ciens pour rhéteurs. 3. Matt.. i. 16.
Qvis, putas, puer iste erit? J'aurai une belle réponse à vous faire : De qua natus est Jésus, qui vocatur Christus. Viendra, viendra le temps que Jésus, la Sagesse du Père, le rédempteur de nos âmes, la lumière du genre humain, en qui nous sommes comblés de toutes sortes de grâces, prendra une chair humaine de ce bénit 1 enfant dont nous honorons la naissance. C'est par cet éloge, Fidèles, qu'il nous faut estimer sa grandeur, et juger avec certitude quel sera un jour cet enfant.
Mais, pour y procéder avec ordre, réduisons tout cet entretien à quelques chefs principaux. Je dis, ô aimable Marie, que vous serez à jamais bienheureuse d'être mère de mon Sauveur : car, étant mère de Jésus-Christ, vous aurez pour lui une affection sans égale ; ce sera votre premier avantage. Aussi vous aimera-il d'un amour qui ne souffrira point de comparaison ; c'est votre seconde prérogative. Cette sainte société que vous aurez avec lui, vous unira pour jamais très étroitement à son Père ; voilà votre troisième excellence. Enfin, dans cette union avec le Père éternel, vous deviendrez la mère des fidèles, qui sont ses enfants et les frères de votre Fils : c'est par ce dernier privilège que j'achèverai ce discours.
Je vous vois surpris, ce me semble : peut-être que vous jugez que ce sujet est trop vaste, et que mon discours sera trop long, ou du moins embarrassé d'une matière si ample. Si est-ce néanmoins2 qu'il n'en sera pas ainsi, moyennant l'assistance divine ; nous avancerons pas à pas pour ne point confondre les choses, établissant par des raisons convaincantes la dignité de Marie sur sa maternité glorieuse. Et encore que je reconnaisse que ces vérités sont très hautes, je ne désespère pas de les déduire aujourd'hui avec une méthode facile. J'avoue que c'est me promettre beaucoup ; et à Dieu ne plaise. Fidèles, que je l'attende de mes propres forces ! J'espère que ce grand Dieu, qui inspire qui il lui plaît, me donnera la grâce aujourd'hui de glorifier son saint nom en la personne de la sainte Vierge. Le Père s'intéressera pour sa Fille bien-aimée ; le Fils pour sa chère Mère ; le Saint-Esprit pour sa chaste Épouse. Animé d'une si