Correction de date postérieure
232 SLR LA CONCEPTION
tion s'est faite par les voies ordinaires, comment évitera-elle la corruption qui y est inséparablement attachée? Car enfin l'apôtre saint Paul parle en termes si universels de cette commune malédiction de toute notre nature, que ses paroles semblent ne pouvoir souffrir aucune limitation. Tous ont péché, dit-il ; et tous sont morts en Adam, et tous ont péché en Adam 1. Et il y a beaucoup d'autres paroles semblables, non moins fortes ni moins générales. Où chercherons-nous donc un asile à la bienheureuse Marie, où nous puissions la mettre à couvert d'une condamnation si universelle? Ce sera entre les bras de son Fils, ce sera dans la toutepuissance divine, ce sera dans cette source infinie de miséricorde qui jamais ne peut être épuisée. Vous avez, ce me semble, bien compris la difficulté. Je l'ai proposée dans toute sa force ou du moins selon mon pouvoir. Écoutez maintenant la réponse, et suivez attentivement ma pensée. Je dirai les choses en peu de mots, parce que je vois que je parle ici à des personnes intelligentes.
Certes, il faut l'avouer, Chrétiens : Marie était perdue tout ainsi que les autres hommes, si le médecin miséricordieux qui donne la guérison à nos maladies n'eût jugé à propos de la prévenir de ses grâces. Ce péché, qui, ainsi qu'un torrent, se déborde sur tous les hommes, allait gâter cette sainte Vierge de ses ondes empoisonnées. Mais il n'y a point de cours si impétueux que la toute-puissance divine n'arrête quand il lui plaît. Considérez le soleil, avec quelle impétuosité il parcourt cette immense carrière qui lui a été ouverte par la Providence. Cependant vous n'ignorez pas que Dieu ne l'ait fixé autrefois au milieu du ciel, à la seule parole d'un homme. Ceux qui habitent près du Jordain, ce fleuve célèbre de la Palestine, savent avec quelle rapidité il se décharge dans la mer Morte2, du moins si je ne me trompe [p. 5] dans la description de ces lieux. Néanmoins toute l'armée d'Israël l'a vu remonter à [sa]