‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 186 sur 441 · Var. : à cet envieux. par · texte numérisé non relu

Var. : à cet envieux. par

entrailles; (mais je m'arrête à cette dernière pensée, elle convient beaucoup mieux à ce temps : dans peu de jours nous célébrerons la Nativité du Sauveur ; et nous le considérons à présent dans les entrailles de sa sainte Mère) : quand donc je regarde l'Incompréhensible ainsi renfermé, et cette immensité comme raccourcie ; quand je vois mon Libérateur dans cette étroite et volontaire prison, je dis quelquefois à part moi : Se pourrait-il bien faire que Dieu eût voulu abandonner au diable, quand ce n'aurait été qu'un moment, ce temple sacré qu'il destinait à son Fils, ce saint tabernacle où il prendra un si long et si admirable repos, ce lit virginal où il célébrera des noces toutes spirituelles avec notre nature? C'est ainsi que je me parle à moi-même. Puis me retournant au Sauveur : Bénit enfant, lui dis-je, ne le souffrez pas ; ne permettez pas que votre Mère soit violée. Ha! que si Satan l'osait aborder pendant que, demeurant en elle, vous y faites un paradis, que de foudres vous feriez tomber sur sa tête ! avec quelle jalousie vous défendriez l'honneur et l'innocence de votre Mère ! Mais, ô bénit enfant par qui les siècles ont été faits, vous êtes devant tous les temps. Quand votre Mère fut conçue, vous la regardiez du plus haut des cieux ; mais vous-même vous formiez ses membres. C'est vous qui inspirâtes ce souffle de vie qui anima cette chair dont la vôtre devait être tirée. Ha ! prenez garde, ô Sagesse éternelle, que dans ce même moment elle va être infectée d'un horrible péché, elle va être en la possession de Satan : détournez ce malheur par votre bonté ! commencez à honorer votre Mère ; faites qu'il lui profite d'avoir un Fils qui est devant elle. Car enfin, à bien prendre les choses, elle est déjà votre Mère, et déjà vous êtes son Fils.

Fidèles, cette parole est-elle bien véritable? est-ce point un excès de zèle qui nous fait avancer une proposition si hardie? Non, certes; elle est déjà mère, le Fils de Dieu est déjà son fils. Il l'est, non point en effet, non selon la révolution des choses humaines ; mai^ selon l'ordre de Dieu, selon sa prédestination éternelle. Suivez, s'il vous plaît, ma pensée1.

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