Yar. : contention incroyable. 2. Rom . vu
246 SLR LA CONCEPTION
la plaie. Ils me font la vertu si belle et si aisée, ils la dorent de telle sorte par leurs artificieuses inventions, que je m'imagine souvent que je puis être vertueux de moi-même, au lieu de me montrer ma servitude et mon impuissance. Ha ! superbe philosophie, n'est-ce pas assez que je sois faible, sans me rendre encore de plus en plus orgueilleux? Pour la Loi, quoique très juste et très sainte, c'est en vain qu'elle me montre le mal, puisque je n'y trouve pas l'unique préservatif que je cherche. Elle ne fait que m'étourdir, si je n'ai l'esprit de la grâce.
Et ne vois-je pas par expérience que je m 'opiniâtre contre les commandements? Lorsqu'on me défend, on me pousse. Il ne faut que me défendre une chose, pour m'en faire naître l'envie ; me commander, c'est me retenir. Mon âme est remuante, inquiète, indocile et incapable de discipline. Plus on la presse par des préceptes, plus elle se roidit au contraire. Enfin tout ce que je lis, tout ce que j'écoute, les prédications, les enseignements, les corrections les plus charitables, ce sont des remèdes externes qui ne coupent pas la racine du mal. J'ai besoin que l'on touche au cœur, où est la source de la maladie. Et où pourrai-je trouver un médecin assez industrieux pour manier dextrement une partie et si malade et si délicate ?
Sauveur Jésus, vous êtes le libérateur que je cherche. Vrai médecin charitable, qui, sans être appelé de personne, avez voulu descendre du ciel en la terre, et avez entrepris un si grand voyage pour venir visiter vos malades, je me mets entre vos mains. Faites-moi prendre aujourd'hui une bonne résolution d'avoir toute ma confiance en vous seul, d'implorer votre secours avec zèle, de souffrir patiemment vos remèdes. Si vous ne me guérissez, ô Sauveur, ma santé est désespérée : Sana me, Domine, et sanabor1. Tous les autres à qui je m'adresse ne font que couvrir le mal pour un temps ; vous seul en coupez la racine, vous seul me donnez une guérison éternelle. Vous êtes mon salut et ma vie, vous êtes ma consolation et ma gloire ; vous êtes mon espérance en ce monde, et vous serez ma couronne en l'autre.