S. Aug.. ibid. 4. In Joan., tract. CXVI
Sermons de Bossuet. 18
C'est pourquoi, dans ce même temps (faites avec moi cette dernière remarque) , dans ce même temps, dis-je, dans lequel, la paix étant donnée à l'Église, tout ne respirait que Jésus, on lui élevait des temples de tous côtés, on renversait les idoles par toute la terre ; dans ce même temps où les vénérables évêques, qui sont les princes de son empire, s'assemblèrent de toutes parts à Nicée pour y tenir les premiers États généraux de tout le royaume de Jésus-Christ, dans lesquels toutes les provinces du inonde confessèrent sa divinité ; dans ce même temps, la croix précieuse à laquelle avait été pendu le Sauveur, croix qui jusques alors avait été cachée (et peut-être que la providence divine jugeait que la croix de Notre- Seigneur paraissait assez en ses membres durant la persécution des fidèles) ; la croix donc, jusques alors cachée, pesez toutes ces circonstances, fut découverte en ce temps par de grands et extraordinaires miracles ; elle fut reconnue, elle fut adorée. Et ce n'est point ici une histoire douteuse : elle doit [être] approuvée par tous ceux qui aiment [p. 17] les antiquités chrétiennes, dans lesquelles nous la voyons très évidemment attestée. Hé ! penseriez-vous bien, Chrétiens, qu'une chose si mémorable, si célèbre parmi les Pères, soit arrivée en ce temps sans quelque profond conseil de la sagesse éternelle? Cela est hors de toute apparence. Que dirons-nous donc en cette rencontre? C'est que tout le monde est dompté, tout a fléchi sous les lois du Sauveur.
Paraissez, paraissez, il est temps, ô croix qui avez fait cet ouvrage : c'est vous qui avez brisé les idoles ; c'est vous qui avez subjugué les peuples ; c'est vous qui avez donné la victoire aux valeureux soldats de Jésus, qui ont tout surmonté par la patience. Vous serez gravée sur le front des rois, vous serez le principal ornement de la couronne des empereurs, ô croix, qui êtes la joie et l'espérance de tous les fidèles. Concluons donc de tout, ce discours J que la croix est un trône magnifique, que le nom de Jésus est un nom bien digne d'un roi, et qu'un Dieu descendant sur la terre pour vivre parmi les hommes, n'y pouvait, rien faire de plus grand, rien de plus