Hebr., IX
ciel et la terre 19 il arrête le cours de la vengeance divine, et change une fureur implacable en une éternelle miséricorde. Vous verriez comme tous les fidèles deviennent prêtres et sacrificateurs par le sang précieux de Jésus par lequel ils sont consacrés. Je vous les représenterais, ces nouveaux sacrificateurs, revêtus d'une étole céleste, blanchis dans les eaux du baptême et dans le sang de l'Agneau, officiant tous ensemble non sur2 un autel de matière terrestre, mais sur cet autel céleste qui représente le Fils de Dieu (en l'Apocalypse, vm) ; et là, charger cet autel de victimes spirituelles, c'est-à-dire de prières ferventes, de cantiques de louange, et de pieuses actions de grâces, qui de toutes les parties de la terre montent de dessus ce mystérieux autel devant la face de Dieu, ainsi qu'un parfum agréable et un sacrifice de bonne odeur, au nom de Notre-Seigneur Jésus- Christ, grand-prêtre et sacrificateur éternel selon l'ordre de Melchisédech.
Et que ne dirions-nous pas de cet incomparable pontife, de ce médiateur du Nouveau Testament, par qui seul toutes les oraisons sont bien reçues, par qui les péchés sont remis, par qui toutes les grâces sont entérinées, qui, par une nouvelle alliance, a rompu le damnable traité que nous avions fait avec l'enfer et la mort, selon ce que dit Isaïe (au chapitre xxvin) : « Delebitur fœdus vestrum cum morte, et pactum vestrum cam inferno non stabit : Votre pacte avec la mort sera annulé, et votre pacte avec l'enfer ne tiendra pas. » C'est ce que nous dirions, Chrétiens. Puis, joignant cette doctrine tout apostolique à ce que nous venons de prêcher de la royauté du Sauveur, nous conclurions hautement, dans l'épanchement de nos cœurs, que le nom de Jésus, qui enferme toutes ces merveilles, est un nom au-dessus de tous noms3, comme l'Apôtre l'enseigne aux Philippiens4, et qu'il était bien convenable, selon le même Apôtre aux Hébreux5, que Dieu dédiât et consacrât par sa Passion le prince de notre salut. Mais, puisqu'il a plu à celui qui nous inspire dans cette chaire de vérité,