‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 240 sur 441 · Mb. : résinée. qui précède rai manuscrit, et que · texte numérisé non relu

Mb. : résinée. qui précède rai manuscrit, et que

3. Bossuet emprunte cette con- nous avons donné p. 101 « C'est ici, elusion au sermon composé pour c'est ici, Chrétiens, etc. » Navarre l'année précédente. Les

ce doux objet. Ce violent amour produisait en lui deux mouvements très puissants : l'un était un ardent désir de voir bientôt luire au monde la consolation d'Israël ; et l'autre, une ferme espérance que toutes choses seraient rétablies par son arrivée : Expectabat redemptionem Israël1. Le saint vieillard soupirait donc sans cesse après le Sauveur ; et parmi la véhémence de ses désirs, l'Esprit de Dieu, qui les lui avait inspirés, lui fit concevoir en son âme une certaine créance qu'il ne mourrait point sans le voir. Depuis ce temps-là, chaque jour redoublait ses saintes ardeurs; et peut-être n'y avait-[il] plus que son amour et son espérance qui soutînt ses membres cassés et qui animât sa décrépite vieillesse. Tels devez-vous être si vous voulez dignement recevoir le sacrement adorable. Soyez embrasés d'un tendre et ardent amour pour le Fils de Dieu, qui vous fasse établir en lui toute l'espérance de votre cœur; que votre âme soit enflammée d'une sainte avidité de vous rassasier de cette viande céleste, que le Père éternel nous a préparée en son Fils. Car y a-il chose au monde plus désirable que de jouir du corps et du sang de Notre- Seigneur, et du prix de notre salut ; que de communiquer à sa Passion ; que de tirer de sa sainte chair, autrefois pour nous déchirée, une nourriture solide, par la méditation de sa mort ; que de recevoir, par l'attouchement de cette chair vivifiante, et l'abondance du Saint-Esprit et les semences d'immortalité; que d'être transformés en lui par un miracle d'amour? Poussés de cet aimable désir, venez en esprit dans le temple ainsi que le bon Siméon : Et venit in spiritu in ternplum2* Que ce ne soit ni par coutume, ni pour tromper le monde par quelques froides grimaces ; mais venez comme le malade au remède, comme le mort à la vie, comme un amant passionné à l'objet de ses affections : venez boire à longs traits et avec une soif ardente cette eau admirable qui jaillit à la vie éternelle3. Et lorsqu'on vous présentera ce pain céleste, goûtez à part vous combien le Sauveur est doux ; qu'un extrême transport d'amour, vous faisant oublier de vous-mêmes, vous at-

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