Sap., xi, 17 — Bossuet : Per 3. Ephe=.. vi
pôtre, la chair et le sang : les puissances qui s'opposent à nous, sont des esprits purs et incorporels ; tout y est actif, tout y est nerveux ; et si Dieu ne retenait leur fureur, nous les verrions agiter ce monde avec la même facilité que nous tournons une petite boule. « Ce sont, en effet, les princes du monde, dit le saint Apôtre * ; ce sont des malices spirituelles, spirituaïia nequitîœ. » Où il suppose manifestement que leurs forces naturelles n'ont point été altérées ; mais que, par une rage désespérée2, ils les ont toutes converties en malice, pour les causes que je m'en vais vous déduire.
Cependant reconnaissons, Chrétiens, que ni les sciences, ni le grand esprit, ni les autres dons de nature, ne sont pas des avantages fort considérables, puisque Dieu les laisse entiers aux diables, ses capitaux ennemis, et 3 par cela même les rend non seulement malheureux, mais encore infiniment méprisables ; de sorte que, nonobstant toutes ces qualités éminentes, misérables et impuissants que nous sommes, nous leur semblons dignes d'envie, seulement parce qu'il plaît à notre grand Dieu de nous regarder en pitié, comme vous le verrez tout à l'heure. O importante4 réflexion ! par laquelle il me serait aisé, ce me semble, avec l'assistance divine, de vous porter à profiter de l'exemple de ces esprits dévoyés, si la brièveté que je vous ai promise ne m'obligeait à passer à la seconde partie de cet entretien, qui vous expliquera les raisons pour lesquelles ces anges rebelles nous persécutent si cruellement, et avec cette haine irréconciliable. Rendez-vous, s'il vous plaît, attentifs.
[Second Point.]
Le péché de Satan a été une insupportable arrogance, suivant ce qui est écrit en Job, chapitre xli, que « c'est lui qui domine sur tous les enfants d'orgueil : Ipse est rex° super universos filios superbise. » Or le propre de l'orgueil, c'est de s'attribuer tout à soi-même; et par