Uniquement, par-dessus tout
ingrate, la plus méprisable des créatures, si je ne l'aime par dessus toutes choses. Car qu'est-ce, Fidèles, que le1 Dieu Jésus? qu'est-ce autre chose qu'un Dieu nous cherchant, un Dieu se familiarisant avec nous, un Dieu brûlant d'amour [pour] nous, un Dieu se donnant à nous tout entier, et qui, se donnant à nous tout entier, pour toute récompense ne veut que nous? Ingrat mille et mille fois qui ne l'aime pas ! malheureux, et infiniment2, qui ne l'aime pas, et qui ne comprend pas combien doux est cet amour aux âmes pieuses ! Fidèles, nous devrions être honteux de ce que le seul nom de Jésus n'échauffe pas incontinent nos esprits, de ce qu'il n'attendrit pas nos affections3. Oui4, son nom est un miel à la bouche, c'est une lumière à nos yeux, c'est une flamme à nos cœurs. Il y a une certaine grâce que Dieu a répandue dans toutes ses paroles et dans toutes ses actions : y penser, c'est la vie éternelle. Pensez-y souvent, ô Fidèles : vous y trouverez une consolation incroyable. C'était toute la joie de Marie. Nous voyons dans les Évangiles que tout ce que lui disait son Fils, tout ce qu'on lui disait de son Fils, elle le conservait, elle le repassait mille et mille fois en son cœur : Maria autem [conservabat omnia verba !:œc, conferens in corde suo~\.
Donc, si vous voulez plaire à Marie, faites tout pour Jésus; vivez en Jésus, vi^ez de Jésus: c'est l'unique moyen de gagner le cœur de cette bonne mère, si vous imitez son affection. Elle est mère de Jésus-Christ ; nous sommes ses membres : elle a conçu la chair de Jésus ; nous la recevons, son sang est coulé dans nos veines par les sacrements, nous en sommes lavés et nourris. Et Jésus lui-même, comme on lui disait : Votre mère et vos frères vous cherchent, étend ses mains à ses disciples, disant : Voilà ma mère, voilà mes frères; et celui qui fait la volonté de mon Père céleste, celui-là est mon frère et ma sœur, et ma mère5. O douces et ravissantes