‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 295 sur 441 · Édit. : ce. 4. C'est cet alinéa, si plein de piété · texte numérisé non relu

Édit. : ce. 4. C'est cet alinéa, si plein de piété

2. Édit. : et infiniment malheu- et d'onction, que les anciens éditeurs reux. avaient été obligés de supprimer,

3. Ms. : son affection. — Distrac- pour ne pas faire répéter deux fois tion, provenant d'une rédaction pré- à l'orateur un même développement, cipitée. 5. Marc, ni, 32-35.

paroles. Les fidèles sont ses frères ! ce n'est pas assez ; ils sont ses frères et ses sœurs ! c'est trop peu, ils sont ses frères, ses sœurs et sa mère ! Non, mes Frères, notre Sauveur nous aime si fort, qu'il ne refuse avec nous aucun titre d'affinité, ni aucun degré d'alliance : il nous donne quel nom il nous plaît x ; nous lui touchons de si près2 qu'il nous plaît, pourvu que nous fassions la volonté de son Père céleste. Et quelle est la volonté du Père céleste, sinon que nous aimions son bien-aimé ? Celui-ci, dit-il3, est mon Fils bien-aimé dans lequel je me suis plu dès l'éternité. Tout lui plaît en Jésus, et rien ne lui plaît qu'en Jésus, et il ne reconnaît pas pour siens ceux qui ne consacrent pas leur cœur à Jésus.

Ha ! que je vous demande, Fidèles, le faisons-nous ? Notre Sauveur a dit : Si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce h soi-même 4. Qui de nous a renoncé à soimême? « Tous cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ : Omnes quse sua sunt quserunt, non quse Jesu Christi5. » Avez-vous jamais bien compris quel ouvrage c'est, et de quelle difficulté, que de renoncer à soi-même? Vous avez, dites-vous, quitté les mauvaises inclinations aux plaisirs mortels : Dieu vous en fasse la grâce par sa bonté! Mais une injure vous est demeurée sur le cœur ; vous en poursuivez la vengeance : vous n'avez point renoncé à vous-mêmes. — Mais j'ai surmonté ce mauvais désir ; c'est tout ce que Jésus-Christ demande de moi. — Nullement, ne vous y trompez pas ; ce n'est pas assez ; recherchez les secrets de vos consciences : peut-être que l'avarice, peutêtre que ce poison subtil de la vaine gloire, peut-être qu'un certain repos de la vie, un vain désir de plaire au monde, et cette inclination si naturelle aux hommes de s'élever toujours au-dessus des autres, ou quelques autres affections pareilles régnent en vous. Si cela est ainsi, vous n'avez point renoncé à vous-mêmes. Bref, considérez, Chrétiens : nous sommes au milieu d'une infinité d'objets qui nous sollicitent sans cesse. Tant qu'il y a une fibre de notre cœur qui est attachée aux choses

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