‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 296 sur 441 · Matth., III · texte numérisé non relu

Matth., III

mortelles, nous n'avons point renoncé à nous-mêmes ; et par conséquent nous ne suivons pas celui qui a dit : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soimême. Et si nous ne le suivons pas, où en sommesnous?

Qui est donc celui, direz-vous, qui a vraiment renoncé à soi-même? Celui qui méprise le siècle présent, qui ne craint rien tant que de s'y plaire, qui regarde cette vie comme un exil ; qui use des biens qu'elle nous présente comme n'en usant pas, considérant sans cesse que la figure de ce monde passe 1 ; qui soupire après Jésus-Christ, qui croit n'avoir aucun vrai bien ni aucun repos, jusqu'à ce qu'il soit avec lui. Celui-là a renoncé à soi-même et peut présenter à Jésus un cœur qui lui sera agréable, parce qu'il ne brûle que pour lui seul. Si nous n'avons pas atteint cette perfection, comme sans doute nous en sommes bien éloignés, tendons-y du moins de toutes nos forces, si nous voulons être appelés chrétiens. Vivant ainsi, Fidèles, vous pourrez prier la Vierge avec confiance qu'elle présente vos oraisons2 à son fils Jésus ; vous serez ses véritables enfants en Notre-Seigneur Jésus-Christ : vous l'aimerez, elle vous aimera pour Notre-Seigneur Jésus-Christ ; elle priera pour vous au nom de son fils Jésus-Christ, elle vous obtiendra la jouissance parfaite de son fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est l'unique félicité. Amen.

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