‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 310 sur 441 · Ms. : caDables. Toutes ces dis · texte numérisé non relu

Ms. : caDables. Toutes ces dis

catesse des hommes, qui voudraient se rendre immortels, tant le désir qu'ils ont de la vie est désordonné ; pour lui, il mettait ses infirmités parmi les exercices de la pénitence. Pour contrecarrer la mollesse du monde, il choisissait d'ordinaire pour sa demeure un air humide eb malsain, afin d'être non tant malade que faible ; et il estimait qu'un religieux était sain, quand il se portait assez bien pour chanter et psalmodier1. Il voulait que les moines excitassent l'appétit de manger, non par les viandes, mais par les jeûnes; non par le ragoût2, mais par le travail3. Il couchait sur la dure; mais, pour y dormir, disait-il, il attirait le sommeil par les veilles, par la psalmodie de la nuit, et par l'ouvrage4 de la journée, de sorte que dans cet homme les fonctions même naturelles étaient exercées 5 non tant par la nature que par la vertu. Quel homme a jamais pu dire avec plus juste raison ce que disait l'apôtre saint Paul 6: Le monde m'est crucifié, et moi je suis crucifié au monde?

Ha ! que l'admirable saint Chrysostome fait une excellente réflexion sur ces beaux mots de saint Paul ! Ce ne lui était pas assez, remarque ce saint évêque7, d'avoir dit que le monde était mort pour lui; il faut qu'il ajoute que lui-même est mort au monde. Certes, poursuit ce savant interprète, l'Apôtre considérait que non seulement les vivants ont quelques sentiments les uns pour les autres, mais qu'il leur reste encore quelque affection pour les morts ; qu'ils en conservent le souvenir, et rendent du moins à leurs corps les honneurs de la sépulture. Tellement que saint Paul, pour nous faire entendre jusqu'à quelle extrémité le fidèle doit se dégager des plaisirs du siècle : Ce n'est pas assez, dit-il, que le commerce soit rompu entre le monde et le

1 . Edit. : « Epicure nous apprend, supprimée pins haut « Le pain.ete., » disait-il, à nourrir le corps parmi les avec un complément de leur façon. plaisirs, et Hippocrate promet de le 4. Edit. : le travail.

conserver en bonne santé: pour moi, 5. Correction qui remplace: «cau-

je suis disciple de Jésus-Christ, qui sées. » Nous l'acceptons ici, bien

m'enseigne à mépriser l'un et l'au- qu'elle soit de date postérieure :

tre. » — Il n'y a pas un mot de l'auteur parait avoir réprouvé sa

cette, phrase au manuscrit. première rédaction.

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