Var. : et en un mot 2. Act., x
Dieu éternel ! les aimables paroles, et qu'elles sont bien; dignes de mon Sauveur! La folle éloquence du siècle, quand elle veut élever quelque généreux conquérant, dit qu'il « a parcouru les provinces, moins par ses pas que par ses victoires : Non tam j)assibus quam victoriis peragravit1. » Les panégyriques sont pleins de ces sortes d'exagérations. Et qu'est-ce à dire, parcourir les provinces par les victoires? N'est-ce pas porter partout le carnage, la désolation et la pillerie? Telles sont les suites de nos victoires.
Ha ! que mon Sauveur a parcouru la Judée d'une manière bien plus admirable ! Je puis dire véritablement qu'il l'a parcourue moins par ses pas que par ses bienfaits. Pertransiit benefaciendo. Il allait de tous côtés, visitant les malades, distribuant partout un baume céleste, je veux dire une miraculeuse vertu qui sortait de son divin corps, devant laquelle on voyait disparaître les fièvres les plus mortelles et les maladies les plus incurables : Pertransiit benefaciendo. Et ce n'étaient pas seulement les lieux où il arrêtait quelque temps, qui se trouvaient mieux de sa présence ; il rendait remarquables les endroits dans lesquels2 il passait, par la profusion de ses grâces. En cette bourgade, il n'y a plus d'aveugles ni d'estropiés : sans doute, disait-on, le bienfaisant Jésus a passé par là : Pertransiit. Et en effet, Chrétiens, quelle contrée de la Palestine n'a pas expérimenté mille et mille fois combien était présent le remède que les infirmes et les languissants trouvaient dans le secours de sa main puissante? C'est aussi ce que le prophète Isaïe, que les Pères ont appelé l'évangéliste de la loi ancienne, tant ses prédictions sont précises ; c'est, dis-je, ce que le prophète Isaïe célèbre avec son élégance [p. 7] ordinaire, dans le chapitre trente-cinquième de sa prophétie : « Dites aux affligés, nous ditil, à ceux qui ont le cœur abattu par leurs longues calamités, dites-leur qu'ils se fortifient. Voici venir notre Dieu qui les vengera : Dieu viendra lui-même et nous sauvera : Dcus ipse venict et salvabit nos2. » Quel est