Is.. xxxv. â, 6. 3. Marc, vin
2 Eom., x. 4.
faut à la mère 1. Dans toutes les grandes guérisons qu'il fait, il ne manque jamais de donner des marques qu'il déplore nos calamités ; d'où je conclus très certainement que sa compassion a fait presque tous ses miracles. La première grâce qu'il faisait aux infirmes, c'était de les plaindre avec l'affection d'un bon père. Son cœur écoutait la voix de la misère qui l'attendrissait, et en même temps il sollicitait son bras pour la soulager. Son amour ne se rebute pas par le mauvais traitement que nous lui faisons. En voulez- vous voir un exemple admirable? Un Juif le priant de guérir son fils effroyablement tourmenté : Race infidèle et maudite, dit-il, jusqu'à quand serai-je avec vous? et faudra-t-il toujours vous souffrir? Amenez ici votre fils2. « Race infidèle et maudite... amenez ici votre fils : » quelle est la suite de ces paroles? et qu'elles semblent mal digérées! Pourquoi, dans un même discours, assembler une juste indignation et un témoignage certain de tendresse? [p. 9] C'est qu'il se remit en l'esprit que c'était un homme, et un homme extrêmement misérable ; et cette seule considération lui fit perdre toute sa colère: elle tombe désarmée, comme vous voyez, et vaincue par cet objet de pitié. En vérité, la malice des Juifs était montée à un grand excès; leurs mépris, leur ingratitude le dégoûtaient fort ; il ne les pouvait presque plus souffrir : toutefois, dit-il, amenez votre fils, je le guérirai ! Vous remarquez bien que sa naturelle bonté l'oblige presque par force à nous gratifier, et extorque de lui des bienfaits pour nous. Jugez combien était grande l'inclination qu'il avait de bienfaire aux hommes, puisque ni la haine la plus furieuse, ni l'envie la plus envenimée ne pouvaient arrêter le cours de ses grâces. C'est qu'il était sincèrement bon, et qu'il avait pitié de nos maux. Et certes, puisqu'il n'y avait autre chose que notre extrême misère qui l'obligeât de venir à notre secours, il devait descendre sur terre, comme dit l'apôtre saint Paul3, revêtu d'entrailles de miséricorde. Car qu'y4 avait-il de plus convenable au Sauveur, que de plaindre ceux qui étaient perdus ; à celui qui devait nous guérir, que