‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 350 sur 441 · Matth., xi, 6. au lieu de sit · texte numérisé non relu

Matth., xi, 6. au lieu de sit

2. Ms. <( Tertullian », par excep- 4. Is., xxvm, 16. tion. Dans le reste du discours: 5. lbid., vin, 14. r Tertullien ». 6. Ps. cxvn, 21.

3. Adv. Marcion, lib. III, n. 16, 17. 7. Luc, II, 34. Bossuet écrit dans ce texte fuerit 8. Joan., ix, 39

crainte en vos cœurs, ouvrez, ouvrez vos yeux à cette lumière qui n'éblouit que les orgueilleux ; et comprenez avec foi et soumission les profonds conseils du Père éternel, dans l'envoi de son Fils Jésus-Christ. Pressons ici nos raisonnements, afin de laisser du temps à une briève réflexion sur nos mœurs.

Premièrement je pourrais vous dire, pour arrêter d'abord une curiosité peu respectueuse, que Uieu, qui modère comme il lui plaît l'ouvrage de notre salut, et qui sait ce qui nous est propre, n'a pas jugé à propos que nous sussions toutes les raisons du mystère. Quand le sage entrepreneur 1 commence de rebâtir un vieux édifice, l'ignorant spectateur s'imagine2 qu'il renverse tout. Sa faible imagination ne voit que désordre, ne pouvant supporter un dessein trop fort ; mais, quand il a mis la dernière main à l'ouvrage, alors on voit reluire de toutes parts l'art et la conduite de l'ouvrier. Hé ! ne savez-vous pas, Chrétiens, que, dans les Écritures divines, tout l'œuvre de notre salut est souvent comparé à un édifice soutenu sur le fondement des apôtres et sur la pierre angulaire qui est Jésus-Christ3} Dieu donc, dans le cours de ce siècle, s'est proposé de rétablir l'homme comme un bâtiment ruineux. Il a posé le fondement de cette nouvelle structure en la vie de Notre- Seigneur. Les sens humains n'y comprennent rien : tout les choque, tout les embarrasse : de là le scandale et le trouble. Mais à ce grand jugement où Dieu couronnera l'édifice par la glorieuse immortalité de nos corps ; où, toutes choses étant consommées, [p. 22] il sera tout en tous, comme dit l'Apôtre4; alors la lumière éternelle venant à se découvrir à nos cœurs, quel ordre, quelle sagesse, quelle beauté ne verrons-nous pas dans ce qui paraissait à nos sens si confus et si mal digéré ! Par conséquent, ô homme, crois en attendant que tu voies. Sache que la guérison de tes maladies dépend absolument de la confiance que tu auras en ton médecin : Crois, et tu seras sauvé, nous dit-il ° ; prends, sans examiner, l'infaillible remède qu'il te présente. S'il s'en

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