Edit. : en apparence
nité adorable : laissez entrer Jésus-Christ, mon pontife, au plus intime secret du Père. Car si le sang des veaux et des boucs rendait accessible le Saint des saints, bien qu'une loi si rigoureuse en fermât la porte, le sang de l'Homme-Dieu, Jésus-Christ, n'ouvrira-t-il pas le vrai sanctuaire? Et si le pontife du Vieux Testament avait de si beaux privilèges, bien qu'il ne s'approchât de ce très saint lieu que par un sang étranger, comme dit l'Apôtre1, c'est-à-dire par le sang des victimes; quelle doit être la gloire de notre pontife, « qui se présente à Dieu en son propre sang2, pcr proprium sanguinem, » dit le même Apôtre ! Et si le pontife selon l'ordre d'Aaron, qui était un homme pécheur, pénètre dans la partie la plus sainte ; qu'y aura-t-il de si sacré dans les cieux, où Jésus ne doive être introduit, Jésus, dis-je, ce pontife si pur et si innocent, qui, étant seul agréable au Père, a été seul établi sacrificateur selon Tordre de Melchisédech 3 ?
Admirons donc maintenant, mes très chères Sœurs, l'excellence de la religion chrétienne par l'éminente dignité de son sacerdoce. Le pontife du \ ieux Testament, avant que d'entrer dans le Saint des saints, offrait des sacrifices pour ses péchés et pour les péchés de son peuple ; après, étant au dedans du voile, il continuait la même prière pour ses péchés et pour ceux des Israélites. Jésus-Christ, notre seigneur, notre vrai pontife, étant la justice et la sainteté même, n'a que faire de victimes pour ses péchés ; mais, au contraire, étant innocent et sans tache, il est lui-même une très digne hostie pour l'expiation des péchés du monde. Si donc il entre aujourd'hui dans le Saint des saints, c'està-dire à la droite du Père, il n'y entre pas pour luimême ; ce n'est pas pour lui-même qu'il y va prier. C'est pourquoi l'Apôtre dit dans notre texte : Jésus, notre avant-coureur, est entré pour nous ; il veut dire : Le pontife de la loi ancienne avait besoin d'offrir pour lui-même, et d'entrer pour lui-même dans le sanctuaire ; mais Jésus, notre vrai pontife, est entré pour nous. Eh quoi donc ! Notre-Seigneur Jésus-Christ n'est-il pas