Ibîd., 12.— Ms.: in proprh son- 3. Hebr.. vil
monté dans le ciel pour y recevoir la couronne? comment donc n'est-il pas entré pour lui-même? Et toutefois l'Apôtre nous dit : Jésus, notre avant-coureur, est entré pour nous. Entendons son raisonnement, Chrétiens. Jésus n'avait que faire de sang pour entrer au ciel ; il était lui-même du ciel, et le ciel lui était dû de droit naturel : et toutefois il y est entré par son sang ; il n'est monté au ciel qu'après qu'il est mort sur la croix : ce n'est donc pas pour lui-même qu'il y est entré de la sorte. C'était nous, c'était nous qui avions besoin de sang pour entrer au ciel, parce qu 'étant pécheurs, nous étions coupables de mort 1 ; notre sang était dû à la rigueur de la vengeance2 divine, si Jésus n'eût fait cet aimable échange de son sang pour le nôtre, de sa vie pour la vie des hommes. De là, tant de sang répandu dans les sacrifices des Israélites, pour nous signifier ce que dit l'Apôtre : que, sans l'effusion du sang, il n'y a point de rémission3 ; et ainsi, quand il entre au ciel par son sang, ce n'est pas pour lui, c'est pour nous qu'il entre, c'est pour nous qu'il approche du Père éternel. D'où nous voyons une autre différence notable entre le sacrificateur du vieux peuple et Jésus, le pontife du peuple nouveau. A la vérité, le pontife pouvait entrer dans le sanctuaire ; mais, outre qu'il en sortait aussitôt, il ne pouvait en ouvrir l'entrée à aucun du peuple : c'e^t à cause qu'étant pécheur, luimême il n'était souffert que par grâce, dans le Saint des saints ; et n'y étant souffert que par grâce, il ne pouvait acquérir aucun droit au peuple. Mais Jésus, qui a droit naturel d'entrer dans le ciel, y veut encore entrer par son sang. [Il a] le droit naturel et le droit acquis4: le premier droit, il le réserve pour lui; il entre, et il demeure éternellement ; le second droit, il nous le transfère. Avec lui et par lui, nous pouvons entrer ; par son sang, l'accès nous est libre au dedans du voile. De là vient que l'Apôtre l'appelle notre avant-
1. Coupables d'un crime méritant suet a pu suppléer d'autres expresla mort. Latinisme : reus mortis. sions que celles que nous proposons,