Édit. : ne suffit-il pas. 4. Luc, XXIV
bénédictions et ses grâces : il se retire en nous bénissant, c'est-à-dire que, si nous le perdons de corps, il demeure avec nous en esprit ; il ne laisse pas de veiller sur nous et de nous enrichir par son abondance. De là vient qu'il disait à ses saints apôtres l : Si je ne m'en retourne ù mon Père, l'Esprit Paroclet ne descendra pas2; je réserve à vous départir ce grand don, quand je serai au lieu de ma gloire. Et l'évangéliste l'enseigne ainsi, quand il dit : L'Esprit n'était pas encore donné, parce que Jésus n'était pas encore glorifié3.
Donc, mes Sœurs, entendons quel est le lieu d'où nous viennent les grâces. Si la source de tous nos biens se trouve en la terre, à la bonne heure ! attachons-nous à la terre ; que si, au contraire, ce monde visible ne nous produit continuellement que des maux, si l'origine de notre bien, si le fondement de notre espérance, si la cause unique de notre salut est au ciel, soyons éternellement enflammés de désirs célestes ; ne respirons désormais que le ciel, où Jésus, notre avant-coureur, est entré pour nous4'. Certes il pouvait aller à son Père sans rendre ses apôtres témoins de son ascension triomphante ; mais il lui plait de les appeler, afin de leur apprendre à le suivre. Non, mes Sœurs, les saints disciples de notre Sauveur ne sont pas aujourd'hui assemblés pour être seulement spectateurs : Jésus monte devant leurs yeux pour les inviter à le suivre. Comme l'aigle, dit Moïse au Deutéronome, qui provoque ses petits à voler et vole sur eux, ainsi Notre-Seigneur Jésus- Christ, cette aigle mystérieuse dont le vol est si ferme et si haut : il assemble ses disciples comme ses aiglons ; et, fendant les airs devant eux, il les incite par son exemple à percer les nues : Sicut aquila provocans ad volandum pullos suos et super eos volitans5.
Courage donc, mes Sœurs, suivons cette aigle divine qui nous précède. Jésus-Christ ne vole pas seulement devant nous ; il nous prend, il nous élève et il nous