‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 412 sur 441 · Les quatre premières pages ré · texte numérisé non relu

Les quatre premières pages ré

Effet de la loi (p. .25); comment elle tue: en deux façons: 1° elle ajoute la transgression; désobéissance formelle; 2° JSitimur in vetitum (p. 25, 26) .

Obligation d'aimer (p. 27, 28).

Liftera occidlt; spiritus nutem vivi fient.

La lettre tue, mais l'esprit vivifie.

(II Cor., m, 6.)

A la vérité1, le sang du Sauveur nous avait réconciliés à notre grand Dieu par une alliance perpétuelle ; mais il ne suffisait pas, pour notre salut, que cette alliance eût été conclue, si elle n'avait été publiée. C'est pourquoi Dieu a choisi ce jour2, pour y faire publier hautement le traité de la nouvelle alliance qu'il lui plaît contracter avec nous ; et c'est ce que nous montrent ces langues de feu qui tombent d'en haut sur les saints apôtres. Car d'autant que la nouvelle alliance, selon les oracles des prophéties, devait être solennellement publiée par le ministère de la prédication, le Saint-Esprit descend en forme de langues, pour nous faire entendre par cette figure qu'il donne de nouvelles langues aux saints apôtres ; et qu'autant qu'il remplit de personnes, il établit autant de hérauts qui publieront les articles de l'alliance et les commandements de la loi nouvelle partout où il lui plaira de les envoyer.

C'est donc aujourd'hui, Chrétiens, que la loi nouvelle a été publiée : aujourd'hui, la prédication du saint Évangile a commencé d'éclairer le monde ; aujourd'hui, l'Église chrétienne a pris sa naissance ; aujourd'hui, la loi mosaïque, donnée autrefois avec tant de pompe, est abolie par une loi plus auguste ; et les sacrifices des animaux étant rejetés, le Saint-Esprit envoyé du ciel se fait lui-même des hosties raisonnables et des sacrifices vivants des cœurs des disciples.

Il est très certain3, bienheureuse -Marie, que vous

1. Page 9 du manuscrit, à la suite du discours, la première rédaction, de la nouvelle rédaction du second 2. Les éditions ajoutent ici : où

exorde : Entrons d'abord en notre les Israélites étaient assemblés par

matière.., et d'un nouveau début une solennelle convocation, pour le premier point. Yoir, à la suite 3. ils.: Il était certain. (Cor-

fûtes la principale de ces victimes : impétrez-nous l'abondance du Saint-Esprit qui vous a aujourd'hui embrasée. Sainte Mère de Jésus-Christ, vous étiez déjà tout 1 accoutumée à le sentir présent en votre âme ; puisque déjà sa vertu vous avait couverte lorsque l'ange vous salua de la part de Dieu, vous disant : Ave, Maria.

[P. 7] Entrons d'abord en notre matière ; elle est si haute et si importante, qu'elle ne me permet pas de perdre le temps à vous faire des avant-propos superflus. Je vous ai déjà dit, Chrétiens, que la fête que nous célébrons en ce jour2, c'est la publication de la loi nouvelle : et de là vient que la prédication par laquelle cette loi se doit publier, est commencée aujourd'hui dans Jérusalem, selon cette prédiction d'Isaïe : La loi sortira de Sion, et la parole de Dieu de Jérusalem3. Mais bien qu'elle dût être commencée dans Jérusalem, elle ne devait pas y être arrêtée : de là elle devait se répandre dans toutes les nations et dans tous les peuples, jusqu'aux extrémités de la terre. Comme donc la loi nouvelle de notre Sauveur n'était pas faite pour un seul peuple, certainement il n'était pas convenable qu'elle fût publiée en un seul langage. C'est pourquoi le texte sacré nous enseigne que les apôtres prêchant aujourd'hui, bien que leur auditoire fût ramassé d'une infinité de nations diverses, chacun y entendait son propre idiome et la langue de son pays. Par où le Saint-Esprit nous enseigne que si, à la tour de Babel, l'orgueil avait autrefois divisé les langues 4, l'humble doctrine de l'Évangile les allait aujourd'hui rassembler ; qu'il n'y en aurait point de si rude ni de si barbare, dans laquelle la vérité de Dieu ne fût enseignée; que l'Église de Jésus-Christ les parlerait toutes ; et que si, dans le Vieux Testament, il n'y avait que la seule langue hébraïque qui fût l'interprète des secrets de Dieu, maintenant, par la grâce de l'Évangile, toutes les langues seraient consacrées, selon cet oracle de Daniel : Toutes les langues serviront au Seigneur5. Par où vous voyez. Chré-

rigé à bon droit par les éditeurs). 3. Ts., n. 3.

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