‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 413 sur 441 · Var. : en cette journée. 5. Dan., vit · texte numérisé non relu

Var. : en cette journée. 5. Dan., vit

tiens, la merveilleuse conduite de Dieu, qui ordonne, par un très sage conseil, que la loi qui devait être commune à toutes les nations de la terre, soit publiée dès le premier jour en toutes les langues.

Imitons les saints apôtres, mes Frères, et publions la loi de notre Sauveur avec une ferveur céleste et divine. Je vous dénonce donc, au nom de Jésus, que, par la descente du Saint-Esprit, vous n'êtes plus sous la loi mosaïque, et que Dieu vous a appelés à la loi de grâce ; et afin que vous entendiez quelle est la loi dont on vous délivre, et quelle est la loi que l'on vous impose, je vous produis l'apôtre saint Paul, qui vous enseignera cette différence. La lettre tue, dit-il, et [p. 8] l'esprit vivifie. La lettre, c'est la loi ancienne ; et l'esprit, comme vous le verrez, c'est la loi de grâce : et ainsi, en suivant l'apôtre saint Paul1, faisons voir, avec l'assistance divine, que la loi nous tue par la lettre, et que la grâce nous vivifie par l'esprit.

Et, pour pénétrer le fond de notre passage2, il faut examiner avant toutes choses quelle est cette lettre qui tue, dont parle l'Apôtre. Et premièrement il est assuré qu'il parle très évidemment de la Loi : mais d'autant qu'on pourrait entendre ce texte de la loi cérémonielle, comme de la circoncision et des sacrifices, dont l'observation tue les âmes ; ou même de quelques façons de parler figurées qui sont dans la Loi, et qui ont un sens très pernicieux, quand on les veut prendre trop à la lettre; à raison de quoi on peut dire que la Loi, en quelques-unes de ses parties, est une lettre qui tue ; pour ne vous point laisser en suspens, je dis que l'Apôtre parle du Décalogue, qui est la partie de la Loi la plus sainte. Oui, ces dix commandements si augustes, qui défendent le mal si ouvertement; c'est ce que l'Apôtre appelle la lettre qui tue. Et je le prouve clairement par ce texte. Car, après avoir dit que la lettre tue, immédiatement après, parlant de la Loi, il l'appelle un mi-

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