Edit. : des dérèglements de Texte composite
notre vie. 5. Yar. : de marcher. — Defori3
2. ils. : pour si peu de choses. — refait ainsi cette traduction : « de Cet s est, je crois, un lapsus avec vous conduire d'une manière conveplusieurs autres. nableà...»
courage : osons du moins mépriser les faveurs du monde,, puisque nous ne sommes plus obligés de passer par l'épreuve des tourments.
[Deuxième Point *.]
Saint Gorgon ne l'a pas eu si aisé. Ce n'a pas été tout d'avoir méprisé les grandeurs ; l'empereur lui fit payer bien cher la grâce qu'il lui avait faite de le recevoir en son amitié. Outre la haine qu'il avait généralement pour tous les chrétiens, telle qu'il quitta l'empire, désespéré de n'en pouvoir éteindre la race, il était encore rongé d'un secret déplaisir d'avoir nourri en sa maison un ennemi de l'empire, et même de lui avoir donné part en sa confidence. Il se résout donc d'en faire un exemple qui pût donner de l'épouvante aux plus déterminés, et voici par où il commence. Il commande au saint martyr de sacrifier aux idoles ; ce qu'il refuse de faire généreusement, disant qu'il n'a garde de rendre cet honneur à un métal insensible : pour lui, qu'il avait appris, dans l'école de Jésus-Christ, à adorer en esprit et en vérité un seul Dieu créateur du ciel et de la terre, dont la beauté pure ne pouvait être vue par ces yeux mortels, ni représentée sur une matière comme la nôtre. Le peuple2 ignorant, à qui Dieu n'avait point parlé dans le cœur de ces vérités, prit pour un blasphème cette céleste philosophie, et s'écria qu'il fallait punir l'ennemi des dieux. Là-dessus on le dépouille, on l'élève avec des cordes pour le faire voir à toute la ville, qui était accourue pour voir quelle serait la fin de cette aventure ; et puis3 on le bat de verges si cruellement, qu'en peu de temps il ne resta plus [en] son corps aucune partie entière. Déjà le sang ruisselait de tous côtés sur la face des bourreaux : « les nerfs et les os étaient découverts ; et la peau étant toute déchirée, ce n'étaient plus ses
1 . Les éditeurs n'ont pas reconnu esprit et en vérité un seul Dieu,
ici le passage du premier au second créateur du ciel et de la terre, dont
point. Ils font commencer celui-ci la beauté pure ne pouvait être vu»
quatre-vingts lignes plus loin, à de ces yeux mortels, ni représentée
l'endroit oii il finit. sur une matière comme la nôtre, le
2.Première rédaction: «Après que peuple.... » le martyr eut refusé de sacrifier aux 3. Edit. : puis.
idoles, disant qu'il fallait adorer en
membres, mais ses plaies que l'on tourmentait : Rupta compage viscerum, torquebantur in servo Dei non jam membra, sed ruinera1. »
Cependant Gorgon, glorieux de confesser par tant de bouches la vérité, se réjouit avec l'Apôtre de voir qu'il n'y a aucun endroit sur son corps où la Passion de son Maître crucifié ne soit imprimée. Or il était de tous côtés tellement meurtri, et la douleur l'avait réduit en un état si pitoyable, qu'on ne pouvait lui donner un plus grand soulagement que de le laisser ainsi suspendu dans le lieu de son supplice. Quelle extrémité ! Et néanmoins on lui refuse cette misérable grâce ! Le tyran ordonne qu'on le descende, et ce pauvre corps écorché2, à qui les plus doux onguents eussent causé des douleurs insupportables, est frotté de sel et de vinaigre. Il reçut3 ce nouveau supplice comme une nouvelle grâce que Dieu lui faisait pour accomplir en lui, aussi bien qu'en Jésus-Christ, cette prophétie du Psalmiste : « Super dolorem vulnerum meorum addiderunt* : Ils ont ajouté sur la douleur de mes plaies. »
Mais ce n'est pas tout. La cruauté cherche de nouveaux artifices ; et si elle ne peut le vaincre par la grandeur des tourments, elle tâche au moins de l'étonner par la nouveauté. Ce sel et ce vinaigre n'ont fait, pour ainsi dire5, que6 lui éveiller l'appétit : il lui faut, pour la rassasier, quelque assaisonnement plus barbare. Je vous demande encore un moment de patience, pour ne point laisser notre narration imparfaite '.
Le tyran fait coucher le saint martyr sur un gril de fer déjà tout rouge par la véhémence de la chaleur, qui aussitôt rétrécit ses nerfs dépouillés avec une douleur que je ne vous puis exprimer. Quel horrible spectacle ! Gorgon gisait sur un lit de charbons ardents, fondant de tous côtés par la force8 du feu, et nourrissant de ses entrailles une flamme pâle et obscure 9 qui le dévo-
1. S. Cyprian., Ad mart. et conf. par Lâchât dans ses corrections ar- Ep. VIII. bitraires.
2. Édit. : déchiré. G. Édit. : n'ont fait que de lui ?.. Édit. : Il reçoit. éveiller.