VIII INTRODUCTION
mèrent le VIIIe volume, complété par de nombreux opuscules de piété. En 1788 seulement, Deforis put enrichir son édition de quinze nouveaux panégyriques, sous ce titre : Tome VII, deuxième partie. Les manuscrits de ces discours lui avaient été communiqués, postérieurement aux autres, par un autre parent de Mme Chasot, l'abbé de Montholon, doyen de la cathédrale de Metz.
Laborieux et patient, obstiné et quelquefois un peu acariâtre, Deforis se piquait d'une fidélité digne de sa vocation de bénédictin. De fait, il n'aurait peut-être laissé échappé qu'un petit nombre de fautes involontaires et bien excusables, si, tout en protestant avec virulence contre son siècle, il ne s'était laissé gagner sur quelques points aux idées régnantes. Le XVIIIe siècle, par exemple, n'aimait pas les redites : le bénédictin s'ingénia de son mieux à en diminuer le nombre. Il laissa de côté quelques pièces, qui se rencontraient ailleurs avec de légères modifications. Il pratiqua çà et là dans les textes de discrètes suppressions, se bornant à en avertir une ou deux fois pour toutes. Jusque-là, le procédé, quoique fâcheux, n'était pas trop subversif. On alla plus loin. Le désir de ne rien perdre, ou de perdre le moins possible d'un si grand écrivain, inspira à son éditeur une résolution bizarre, bien opposée à l'esprit scientifique. Ce fut d'insérer les débris d'une œuvre dans une autre, d'y introduire certaines pages isolées qui semblaient contenir des idées semblables, et même de fondre deux discours en un seul. Avait-il pour le jour de Noël deux sermons composés sur le même plan? « Pour éviter... les répétitions, dira-t-il, nous avons pris de ce second sermon ce qu'il y avait de neuf et ce qui pouvait être regardé comme une révision, une extension de preuves, et nous l'avons incorporé au premier sermon, lorsque cela a pu se faire sans rien gâter...» S'il préférait la première rédaction à la seconde, ce n'était pas, comme on a été tenté de le croire, par un manque absolu de goût, mais tout simplement parce que c'était la plus complète. Quant à s'imaginer qu'il fût possible, sans rien gâter, d'incorporer, même partiellement, l'une à l'autre, c'était, il faut l'avouer, d'une in-