INTRODUCTION IX
vraisemblable naïveté. Force était d'ailleurs, en pareil cas, ou de renvoyer en appendice certains passages dont on n'avait pu tirer parti, ou même, en désespoir de cause, de renoncer à l'opération. Ainsi, trouvant au premier dimanche de Carême deux sermons sur les Démons, il eût bien désiré, nous déclare-t-il, « n'en faire qu'un seul des deux ; mais, après y avoir travaillé assez longtemps, la difficulté du succès et la crainte de gâter les deux pièces » l'ont déterminé, lui et ses collaborateurs, à les donner séparément. Il annonce donc, en s'en excusant, qu'on va les lire « telles que l'auteur les a produites. » Et, malgré cet engagement, il ne résiste pas à la tentation d'orner le second discours d'un assez long morceau que l'auteur avait condamné dans le premier.
Dans l'édition de Versailles (1815), les prêtres de Saint-Sulpice, qui améliorèrent sur plus d'un point les œuvres de Bossuet, acceptèrent de confiance, ou peutêtre par résignation, le texte de Deforis, en ce qui concernait les sermons. Les superfétations, que nous venons de rappeler, subsistèrent donc jusqu'en 1862- 1864. A cette date, M. Lâchât se fit fort de les corriger. En réalité, tandis que quelques-unes disparaissaient, un grand nombre étaient maintenues, ou même aggravées. Le prétendu Ve sermon pour la Circoncision, et le IIIe sermon pour le IVe dimanche de Carême, ne sont autre chose que des interpolations nouvelles. Cet éditeur sera trop souvent convaincu d'infidélité dans le cours de la présente publication pour qu'il soit nécessaire de lui faire ici son procès. Nous n'avons et ne pouvons avoir aucun grief personnel contre sa mémoire ; nous serions plutôt tenté de lui savoir gré de nous avoir donné une si riche matière à réfutation pour notre Histoire critique de la Prédication de Bossuet. Rappelons seulement, en un mot, qu'en dehors de ce qu'il tire des Études de l'abbé Vaillant sur les sermons de Bossuet, et des recherches si consciencieuses d'A. Floquet (Études sur la vie de Bossuet) , il ne reste guère à son compte que des corrections ou incomplètes ou absolument erronées. Il n'y a pas un sermon dans son édition dont le texte soit