Endainidas de Corinthe. (Lu- sa femme
il leur donne tous deux ; et l'un et l'autre leur est également profitable : Eccc filin* ttius, ccce mater tua. O bienheureuse Marie, ces paroles ayant été prononcées et par votre Fils et par notre Maître, nous ne doutons pas qu'il ne les ait dites et pour vous consoler et pour nous instruire. Nous en espérons l'intelligence par vos prières ; et, afin que vous nous fassiez entendre les paroles par lesquelles vous êtes devenue mère de saint Jean, nous vous allons adresser une autre parole qui vous a rendue Mère du Sauveur ; toutes deux vous ont été portées de la part de Dieu ; mais vous reçûtes l'une de la propre bouche de son Fils unique, et l'autre vous fut adressée par le ministère d'un ange, qui vous salua en ces termes : Ave, gratia plena.
Parmi tant d'objets admirables que la croix du Sauveur Jésus présente à nos yeux, ce que nous fait remarquer saint Jean Chrysostome, traitant l'évangile que nous avons lu ce matin, est digne, à mon avis, d'une considération très particulière. Ce grand personnage, contemplant le Fils de Dieu prêt à rendre l'âme, ne se lasse point d'admirer comme il se possède dans son agonie, et comme il paraît absolument maître de ses actions. La veille de sa mort, dit ce saint évêque *, il sue, il tremble, il frémit, tant l'image de son supplice lui paraît terrible ; et dans le fort des douleurs, vous diriez que ce soit un autre homme, à qui les tourments ne font plus rien. Il s'entretient avec ce bienheureux larron, d'un sens rassis et sans s'émouvoir : il considère et reconnaît distinctement ceux des siens qui sont aux pieds de sa croix, il leur parle, il les console ; enfin, ayant remarqué que tout ce qu'il avait à faire était accompli, qu'il avait exécuté de point en point la volonté de son Père, il lui rend son âme avec une action si paisible, si libre, si préméditée, qu'il est aisé à juger que personne ne la lui ravit, mais qu'il la donne lui-même de son plein gré, ainsi qu'il l'assure (en saint Jean, chapitre x) : Nemo tollit eam a me, sed ego pono eam a meipso. Qu'est-ce à dire ceci? demande saint Jean Chrysostome ;