‹ Œuvres pastorales de Mgr BessonChapitre 13 sur 41 · A LA CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE D'AIMARGUES · texte numérisé non relu

A LA CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE D'AIMARGUES

Le 25 octobre 1879.

Hœc est domus Bel et porta cœli.

Voici la maison de Dieu et la porte du cieL

(Gen., 28.)

Ces paroles, que j'emprunte à la liturgie de ce jour, justifient assez la grandeur et l'éclat de la cérémonie qui nous rassemble. Je les disais ce matin en abordant cette magnifique église pour lui donner le chrême de la consécration. Je les répétais en parcourant l'enceinte encore vide et en y gravant, avec mon bâton pastoral, les lettres d'un double et mystérieux alphabet, pour adorer, sous ce symbole, dans la langue grecque et dans la langue latine, celui qui est le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga de toute chose. Je les redis encore en présence de cette foule immense qui remplit maintenant le temple consacré, et vous les redites avec moi d'une voix unanime : Voici la maison de Dieu et la porte du ciel : Hxo est domus Dei et porta cœli.

Rendons à Dieu de vives actions de grâces, puisqu'il veut bien faire ici sa demeure. C'est de lui que

vient toute bonne pensée et que descend tout don parfait. Il vous a donné d'entreprendre et d'achever un temple digne d'une grande cité, et d'élever ainsi la paroisse d'Aimargues au rang des villes les plus chrétiennes, parmi les villes d'un diocèse qui demeure un des meilleurs diocèses de France.

Après Dieu, je remercierai Marie, notre Mère, notre protectrice et notre patronne, dont l'intercession toute-puissante nous a obtenu la grâce que nous célébrons ; les anges qui sont descendus du Ciel ce matin même, pour mettre cette église à l'ombre de leurs ailes ; les saints que nous avions spécialement invoqués et qui, sensibles à cette prière, tiennent, du haut de leur trône éternel, leurs regards attachés sur cette assemblée sainte, en saluant dans leur langue ineffable ce lieu où le Seigneur habite et qu'ils appellent comme nous la porte du ciel.

Ce que nous devons à Dieu, à Marie, aux anges et aux saints est inénarrable. Mais la grâce n'a pas dédaigné les instruments de la nature, et dans cet ouvrage, après l'action surnaturelle invisible aux yeux, il faut signaler l'action et les efforts de l'humanité. Soyez donc bénis, vous tous qui avez contribué à concevoir, à entreprendre, à bâtir, à orner la demeure du Très-Haut. Je bénis donc l'architecte, qui en a dressé le plan avec tant de grandeur et de magnificence 4 ; les ouvriers, qui ont ciselé le bois, creusé le marbre et la pierre, colorié le verre, assoupli le fer et l'airain, avec un art si parfait ; le pasteur, qui a fait de cette église l'œuvre de son zèle, y mettant ses

*«M. Rôvoil.

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