‹ Œuvres pastorales de Mgr BessonChapitre 15 sur 41 · À LA CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE DAIMARGUES · texte numérisé non relu

À LA CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE DAIMARGUES

pères, en la montrant flottant sur lés eaux : La devise d'Aimargues sera plus vraie que celle de la bonne ville de Paris. Fluctuât, non mergitur.

Et depuis saint Louis jusqu'à nos jours cette devise a-t-elle été démentie ? Sept siècles écoulés n'ont fait que la justifier davantage. La révolution n'y pourra rien, elle s'y brisera comme l'hérésie et comme le despotisme; ne craignez rien pour la croix, la croix flotte toujours, mais la croix ne fera jamais naufrage. Fluctuât, non mergitur.

Peut-être entre-t-il dans les desseins de Dieu qu'elle reste, jusqu'à la fin des siècles, flottante, à demi abîmée dans la tempête. Eh bien, que ce soit le sujet d'une joie infernale pour l'impie et d'une affreuse terreur pour le faible et le pécheur, nous, enfants de l'Eglise, nous savons que de tempête en tempête et d'abîme en abîme, la croix mènera au ciel tous ceux qui se confieront à elle, et que le jour où l'ange du Testament viendra jurer qu'il n'y a plus de temps et que l'éternité commence, cette croix, dans son dernier élan, sauvera encore les derniers justes avant de se redresser à jamais, radieuse et terrible, entre les mains de Jésus-Christ, le juge souverain des vivants et des morts. Fluctuât, non mergitur.

Mais pour que nous trouvions alors sous son ombre éternelle abri, consolation et gloire, n'oublions pas qu'il faut la garder de tout outrage dans notre esprit et dans notre cœur. A Dieu ne plaise qu'elle fléchisse jamais au dedans de nous-même et qu'elle n'y dompte plus nos passions ! A Dieu ne plaise qu'elle pâlisse jamais sur notre front et qu'elle chancelle dans l'intérieur de nos familles ! Que la croix,

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