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les puissances du siècle se sont, arniL^es! En vain le mouvement qui précipite en avant les sociétés contemporaines parait inconciliable avec le maintien de l'antique foi, avec le respect des institutions chrétiennes, avec l'influence sociale de l'Église de Jésus-Christ! Elle est toujours debout, cette Église toujours combattue ! Elle a gardé tous ses dogmes, tous ses sacrements, toutes ses œuvres, toute sa hiérarchie ! Elle s'affirme et se démontre d'autant plus qu'elle est plus attaquée. Si elle pleure sur un nombre trop grand, hélas! de défections et d'apostasies, elle enregistre aussi avec joie les plus nobles conquêtes.
Pourquoi donc ne dirions-nous pas, avec nos livres saints, qu'apW;s la nuit viendra le jour cl « qu'aux tempêtes succéderont le calme et laséré- « nité (1) »? Pourquoi ne trouverions-nous pas la plus solide des consolations dans celte pensée, que nos humiliations et nos soulTrances préparent à l'avenir de l'Église et de la patrie de plus riches moissons de grandeur morale et de vertus, de sérieuse civilisation, devrais et féconde liberté?
Grand Dieu ! quels peuvent être vos desseins en permettant les épreuves qui nous accablent et les
(1) Non deleclaris in perditionibus nostris : qnia pont tempestatem tnnquillam fada, et poat Itkcrj'raatiaticiii et fletum cxdIt«tioii«m infandii. — Tob. m, H.
maux plus redoutables peul-èlro qui nous menacent?
Nous avons essayé d'éclairei- d'un peu de lumître les ombres dont nous sommes enveloppés ; nous nous sommes ralTermis à la pensée de votre inFailliblejuslice qui plus lard ven{;era l'ordre troublé el la vérité méconnue; nous avons élovc nos regards vers votre sagesse qui, dits maintenant, du mal qu'elle réprouve sail faire sortir etgerraer le bien. Seigneur, nous vous en conjurons, préservez-nous du malheur de juger votre conduite et d'accuser votre Providence.
Non, Seigneur, nous ne voulons pas nous défier de vous, comme des enfants ingrats, sans inlelligence et sans cœur, qui se méprennent sur la sévérité de leur p^ro et se croient abandonnés ilo lui quand il exerce leur patience et leur courage pour les rendre meilleurs et plus forts ! Nous voulons trouver dans nos humiliations cl dans nos souffrances le moyen d'expier nos péchés et de pratiquer de plgs hautes vertus.
Puissions-nous, à force de résignation, do prière soutenue, do foi vigoureuse et de surnaturelle confiance, mériter d'être du nombre des Ames d'élite en faveur desquelles vous avez promis d'abréger les jours mauvais (1) ! Puisaious-nous, dans un
(Il Propler electos brerinbutitor dîea Uli. - Ugr Peb&al'D, — {Earaes, t. m.
filial et généreux abandon aux desseins de votre Providence^ saluer déjà le triomphe de la paix dans la justice et préparer par un redoublement de dévouement et de zèle Theure tant désirée où la piété retrouvera dans notre France bien-aimée son antique honneur !
(Suit le dispositif.)
Donné à Autun, sous notre seing et le sceau de nos armes, le contre-seing du chancelier de notre Ëvèché, le 22 janvier 1881, en la fête de saint Yincent, diacre et martyr^ patron de nos cathédrales de Chalon et de Mà.con.