‹ Œuvres pastorales et oratoires (volume 2)Chapitre 27 sur 44 · PA8T0BALE8 DE · texte numérisé non relu

PA8T0BALE8 DE

(17 BEPTEMBEB MDCCCLXXZl)

Autun, le 17 septembre 1881, en la fête de saint Flode, martjr, et jour de la clôture de la seconde retraite.

Messieurs et chers Goopébateurs^

Je m*empresse de vous faire part d'une importante nouvelle qui nous est arrivée de Rome hier. J'ai déjà pu en donner communication h ceux d'enlre vous que les exercices de la seconde retraite avaient réunis au grand Séminaire.

S. S. le Pape Léon XIII, daignant accéder aux vœux qu'un certain nombre d'évèques lui avaient

exprimés, proroge dt^cinq semaines pour l'Europe le Jubilé pu hliii le 12 mars dernier, eLen reporte la clôture du i" novembre au 8 décembre, jour de la fêle de l'Immaculée Conception.

Pasteurs et fidfeles, tous accueilleront avec une religieuse reconnaissance cette nouvelle faveur accordée par le Saiat-Përe. Tous aussi, nous l'espérons, auront à cœur d'en faire un bon usage. Dans les paroisses oii des missions et des retraites ont déjà été données afÏTi de préparer les fidèles & la grâce du Jubilé, MM. les Curés inviteront les retardataires à profiter de ce délai de cinq semai nés pour accomplir les œuvres auxquelles est attachée l'indulgence jubilaire et se disposer à la réception des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Dans les paroisses où ces exercices collectifs n'avaient pas encore eu Heu, soit à cause des travaux des champs, soit parce que MM. les Curés n'avaient pu s'assurer le concours d'un prédicateur extraordinaire, ce même délai donnera la facilité d'organiser, pendant le mois de novembre, des réunions auxquelles les habitants des campagnes participeront plus aisément. Nous souhailons qu'en s'adressanl aux diverses sociétés de missionnaires ou aux prêtres du diocèse, il devienne possible à MM. les Curés de se faire aider et de rendre ainsi plus fructueuse pour les fidèles confiés à leur sollicitude pastorale ia grâce si préeieuse du Jubilé.

438 — ■■ Vous trouverez ci-après, Messieurs et chers Coopérateurs, le rescril du cardinal Bilio, grand pénitencier, chargé de transmettre aui évëgues d'Europe la prorogation accordée par le Sooverain Pontife.

JVous vous donnons également communication de plusieurs autres documents émanés du Saint- Siège. Bien qu'ils aient déjà reçu leur application dans la rédaction de VOrdo diocésain, nous croyons utile de vous en adresser le texte authentique. En voici la liste et l'analyse suc- Qiacte :

1" Décret do la S. Congrégation des Rites élevant la fête du Sacré-Cœur, pour le diocèse, au riie double de 1" classe.

2" Décret de la même Congrégation conférant an clergé du diocèse d'Aulun le privilège de la messe propre pour la fêle de saint François de Sales, en y introduisant seulement l'évangile de la messe des Docteurs et le Credo,

3° Trois décrets de la même Congrégation fixant à perpétuité pour le diocèse les jours oè devront se célébrer les fêtes de saint Symphorien et de saint Joacbim.

La nécessité de faire connaître sans retard à

tout le diocèse le délai accordé par le Pape pour la clôture du Jubilé me laisse à peine, Messieurs et cbers Coopéraleurs, le temps de mo recueillir cl d'écrire à la hàle quelques-unes des pensées qui ont servi de matière à nos entretieus pendant les deux retraites. J'essaierai loulefoia de résumer rapidement celles dont le souvenir pourra vous être le plus profitable.

Il y a quelques heures, nous étionsencore réunis dans cet asile du grand Séminaire où il est toujours si bon de revenir, parce que tout nous y rappelle les grâces précieuses de notre préparation au sacerdoce, la ferveur et la régularité de nos débuts dans la cléricature, l'élan de nos premiers pas dans la voie sainte qui devait nous conduire jusqu'à l'auleldu Seigneur et nous donner le droit d'y monter pour immoler la divine victime. Ces jours de recueillement sont maintenant passés. Tous, vous avez repris le chemin des divers postes où la Providence vous a placés; et, dès demaiu, vous vous serez courageusement remis à cçs labeurs de l'apostolat qu'auront interrompus pour si peu de temps les pieux enercices de nos retraites.

P4ous vous avons rappelé le vieil axiome de la théologie morale : Bonum ex intégra causa ; malum ex quocumque defectu. Sans doute, la fin principale d'une retraite bien faite est, avant toute chose, de réveiller, de renouveler, d'augmenter

dans une kme sacerdotale Testime des vertus essentielles du saint état de prêtrise, Tintelligence et Tamour des devoirs inhérents à notre sublime vocation.

Mais cette fin principale n*ezclut pas d^autres fins qui, pour être secondaires, n^enont pas moins une réelle importance et réclament de tout bon ecclésiastique la plus sérieuse et la plus consciencieuse attention.

A la lumière de ce principe incontestable, nous^ avons remis sous vos yeux, Messieurs et chers Coopérateurs, ce recueil vénérable de nos Statuts synodaux dont nous vous adressions, il y a dix-huit mois, àlasuite de notre Synode de 1877, une édition revue et modifiée. De nouveau^ nous vous avons recommandé de vous rendre familières les dispositions contenues dans ce livre, vrai code de famille, qui résume si bien la sagesse de nos pères dans la foi, perpétue parmi nous leur esprit sacerdotal et ne laisse ni dans l'obscurité ni dans rindécision aucune des obligations auxquelles nous avons librement promis de nous soumettre. Que de difficultés seraient évitées, que d'erreurs ou de fautes prévenues, si cette législation canonique du diocèse était Tobjet plus fréquent de nos lectures, de nos méditations, de nos examens de conscience! Laissez-moi vous

redire une comparaison dont je me suis servi dans un des entrelions de notre seconde retraite. Les officiers et les sous-officiers de notre armée sont astreinla à un travail des plus ingrats pour l'inlclligence. Ils doivent apprendre, savoir par cœur, et se mettre en étal de pouvoir réciter de mot à mol, toutes les fois que leurs chefs l'exigent, des volumes où sont condensées toutes les théories relatives au maniement des armes, à l'équipement des troupes, à leur campement et à leurs man- CBUvres, Depuis les moindres grades jusqu'aux plus élevés, tous doivent être familiarisés avec ces formules; et eùt-on le génie d'un Alexandre ou d'un César, personne n'est dispensé de celle élude minutieuse des détails sans lesquels les grandes choses de la guerre deviendraient complètement irréalisables.

Noiu aussi, Messieurs, nous avons nos Théories, Rubriques du Missel et du Rituel; prescriptions positives de la liturgie pour la tenue de nos éfi^lisâs et de nos sacristies; règles disciplinaires et canoniques dans leur application à la vie ecclésiastique et aus fonctions du saint ministère ; lois concertées entre l'Eglise et l'Etat dans lebutd'assurer la bonne administration du temporel des paroisses ; nous devons connaître exactement toutes ces choses, parce qu'il n'en est pas une seule à laquelle no corresponde un de nos devoirs et qu'on ne saurait se bien acquitter de ses obli-

gâtions professionnelles, si l'on ne prend d'en renouveler fréquemment le sou venir.

Les limites élroiles dans lesquelles nous sommes conlraints d'enfermer nos retraites lie nous permettaient pas de revoir ensemble le volume de nos Slatuls synodaux. Nous avons pu toutefois suppléer à cette étude en relisant, avec quelques commentaires, le Formulaire pour la visite des Eglises dont nous vousfaisïons adresser une nouvelle édition il y a quelques mois (!)• Assurément tout n'est pas dit, ni mi'me indiqué, dans les 80 questions qui composent ce formulaire. Il n'en est pas moins vrai que, si chacun des prélres du diocèse, investi de la charge et des responsabilités da ministère paroissial, s'imposait l'obligation rigoureuse de ne s'écarter jamais en rien des règles canoniques, disciplinaires, liturgiques, auxquelles se réfère chacune de ces 80 questions, nous ne serions pas bien éloignés de la perfection pour le bon gouvernement des paroisses et la tenue des églises. En effet, qui ne voit commenlcelte conformité extérieure aux prescriptions du droit et de l'autorité ecclésiastiques entraîne comme conséquence presqueinévitable.ou, sî l'on veut, présuppose rigoureusement comme principe

(1) Voir notre lettre du 2 fénler IBBl.

re perfeclion dont la beauté est toute du dedans el n'a pour témoin et pour juge que le regard de Dieu el sa souveraine clairvoyance ? Oui, tout s'enchaîne dans la vie morale; il y a partout action el réaction ; une foi plus vive détermine nécessairement une plus grande régularité dans les exercices de la piété, lesquels à leur tour contribuent dans une larg^e proportion à augmenter les clartés et les ardeurs de la foi. Un prêtre qui sera tous les jours le scrupuleux observateur des statuts de son diocèse el des prescriplions positives du droilcanon et de la Ulurg;ie, sera par là même un prêtre exact, consciencieux, obéissant, délicat, jalons de l'honneur de Dieu el de la beaulé de sa maison. De telles dispositions sont évidemment incompatibles avec la légèreté, l'insouciance, la tiédeur, le relâchement. C'est bien ici que l'on voit une des applications les plus certaines delà parole du Sauveur : « Celui qui est « iidéle dans les petites choses sera trouvé fidèle « dans les grandes ; et réciproquement, celui qui c néglige les détails s'expose presque infaillible- « ment à être trouvé négligent dans l'accomplisc sèment des devoirs de plus grave consé- € quence (1). »

Nous ne pensons pas que personne puisse con-

— 4U — lesler la justesse de ces observations: aussi bien, lediffîcile n'est-il pas de leur donner l'adhésion de son intelligence, mais de se faire une loi inviolable d'y conformer les détails de la vie et tous les actes de son ministère en allant toujours droit à la règle, au devoir, à la volonté nellement formulée de l'Eglise notre mëre et des supérieurs hiérarchiques chargés de nous Iransmct- Ire ses ordres elde veiller à leur accomplissement.

Quelques-unes des questions contenues dans ce formulaire touchent k l'accomplissement de certaines obligations du ministère pastoral. Nous avons parliculiéremeut insisté avec vous cette année. Messieurs et chers Coopérateurs, sur les soins que nous devons donner à l'instruction et à la formation religieuse de l'enfance et de la jeunesse. Lequel de nous pourrait ignorer l'immense et formidable conspiration ourdie à celle heure contre la foi des générations qui grandissent ? L'hiver dernier, dans une chaire de Paris, nous jetions à ce sujet un cri d'alarme dont l'écho a pu venir jusqu'à vous(l). Nous nous eiîorcions de faire comprendre à nos contemporains en quoi

(1) DÎBconrs prononcé i Sainte- Ciotilde. le 30 janïier 1831, Mit la LatcliatuM dt ieiueigiumetU. On en e, IbU une édition piipa- Bira que l'Œuvre de Saint-François -de-Sale* a répaodne en France,

consistait ce système de la laïcisation de l'enseîg^nement que des lois récemment votées et promulguées rendront prochainement obligatoire dans toutes les écoles publiques de notre chère patrie, A part la persécution violente, rien, depuis longtemps, n'avait menacé d'une auHsi profonde perturbation l'éducation religieuse de la jeunesse française. Bien aveugles ou bien na'ifs sont ceux qui, se laissant prendre à la piperie des mois, acceptent comme une neutralité destinée à g'arantir la liberté sincère des consciences un système formellement imaginé pour étoulîer et détruire cette même liberté.

Or, dans la mesure même où cette funeste direction donnée à l'enseignement primaire national menace la foi des générations nouvelles, nous devons, au nom de nos obligations les plus sacrées et des intérêts les plus évidents de i'Église et de la patrie, redoubler de soins, de sollicitudes, de dévouement pour que nos cbers enfants ne soient pas privés de 11 l'unique nécessaire u. Et comme, malheureusement, en beaucoup de cas, nous ne pouvons pas compter sur le concours des parents, c'est h nous, pasteurs des âmes, de trouver ces saintes industries de la charité et du zèle qui proportionneront exactement le secours au péril et le remède au mal.

Un jour, sans doute, j'aurai à revenir sur cette grave question. Ea attendant, Messieurs et chers

Goopérateurs, je dois vous rappeler avec quelle sagesse nos ^tdiuts synodav.T avaient d'avaoce tracé à cet égard les règles ausquelles plus que jamais, à celle heure, il iaiporle do nous cooformei' avec une scrupuleuse fidélité.

Veuillez donc relire avec soin les prescriptions relatives aux catéchismes et à la confession des enfants (1), Chacune d'elles s'impose rigoureusement à la conscienciî ft à la responsabilité de MM. les Curés. Nous avons des motifs particuliers d'appeler 1res spécialement leur attention sur les n™ 287 et 293, ainsi conçus :

« Novs ordonnons k louslesprèlres ayantcharge € d'Ames de confesser les petits enfants quatre fois « par an. Ondrvralos préparer à recevoir le hîenc fait de l'absolution, sans allendre l'époque delà « première communion,

« Nous les exhortons aussi k confesser les en- « fants chaque mois avant la première commu- « nîon, on au moins fréquemment, trois moî* ■ avant l'époque fixée. Ils devront î&\Te commen- « cer la confession générale aussitôt après l'exac men public et ne jamais la renvoyer à l'époque « de la première communion, j-

(1) N" 279 ot iaiMDW, p. Iï7 de la dernière édition (1880).

Sans que dous ayons besoin d'insister davaotage en ce moment, vous comprenez suffisamment, Messieurs et chers Coopérateurs, que celle replanté à préparer vos jeunes paroissiens à leur première communion, en les confessant fréquemment, présuppose des catéchismes faits avec soin par les pasteurs, fréquentés avec assiduité par les enfants. \ ces condiliona, vous asseoirez sur des bases solides leur instruction et leur piété ; et si vous pouvez instituer des catéchismes de persévérance poor aider ces chers enfants à mieux connaître leurs devoirs àa chrétiens et à les mieux remplir, vous aurez contribué pour une part considérable à sauvegarder l'avenir religieux de la France. Nous plaçons ces importantes recommandations sous le patronage du jeune Saint auquel notre chère Eglise d'Autua offre aujourd'hui ses pieux hommages; et k une époque où nous avons besoin de pouvoir compter sur la vaillance des témoins de la foi, nous prions instamment le Seigneur de donner à notre jeunesse l'iulrépidité sumalurclle qui brilla d'ua si vif éclat dans notre martyr de douze ans, saint Flocel, le digne émule de notre glorieux saint Symphorien.

Nous appelons encore voire attention sur toutes les questions du formulaire de la visite des églises qui ont rapport à ta tenue des comptes et des

registres de vos fabriques (questions 71 à 76). Quelques-uns de MM. les Curés ou de MM, les Fabriciens se persuadeal trop aisément qu'il y a là UQ luxe inutile de formalités administratives dont on peut 1res bien se passer sans nuire en rien à la bonne gestion des intérêts temporels des paroisses. C'est une erreur, et il suffirait d'avoir relu une fols avec soin le décret de 1809 qui régit la matière et les instructions spéciales que nous vous avons adressées sur ce point, pour comprendre la nécessité de se conformer en lout point aux règles prescrites, soit pour la formation des budgets, soit pour la tenue des comptes, soit pour la transcription annuelle des Inventaires, soit pour la garde des deniers et des titres appartenant aux fabriques daits le coffre à trois clefs (1).

Je pourrais aisément citer des exemples récents de difficultés qui auraient été facilemi?nt évitées, si l'on avait pris la peine de se soumettre- ponctuellement à ces formalités. En tout cas, je dois vous informer que les agents de l' administration des finances ont reçu l'ordre de s'assurer, ao moyen d'inspections minutieuses, que les comptes des fabriques sont régulièrement tenus et que les quittances sont pourvues des divers timbres exigés

par le fisc. Gardez-vous d'oublier que les infraclions à ces prescriptions législaLivos peuvent ôlre frappées d'amendes considérables. S'j' exposer serait compromellre les ressources, déjà fort modiques, è l'aide desquelles vous avez à pourvoir aux besoins du culte. En outre, ce serait donner le regrellable exemple de la désobéissance ans lois, et fournir des prétextes aux mauvais desseins des ennemis do l'Église.

Ces mauvais desseins, Messieurs, nous ne puuvonspas les ignorer.Ils s'étalent chaque jour dans les colonnes de certains journaux ; îla sont le thème obligé des discours qui font appel contre nous aux plus violentes passions ; ils ont déjà été portés avec fracas à la tribune de nos asseoiblées délibérantes. Demain, peut-être, ils auront inspiré telles on telU;s mesures en présence desquelles, sans tomberdans les tristesses exagérées du pessimisme et de la pusillanimité, nous pouvons bien redire le gémissement de David, au psaume 73": » Seic gneur, l'audace de ccuxqui voushaïssent grandit c d'heure en heure » : Superbia eorum qui te oderunt ascendit semper.

Que doivent faire les chrétiens et surtout les prftres. en face de ces redoutables éventualités? Saint Augustin se posait un jour la même question, et voici comment il y répondait :

Mgr Perrâod. — «Envres, t. III,

« Les méchants deviennent plus nombreux et € Dieu permet que les maux se multiplient. A c cause de cela^ il faut prier autant que nous le € pouvons. Oui, nous devons nous exhorter les < uns les autres à la prière. Recourir à elle est c notre unique espérance dans les maux dont nous c sommes accablés en ces jours (1). »

Remarquons, Messieurs^ toute la force du raisonnement contenu dans l'exhortation du grand évèque. Il y a plus de maux et de malheurs ; les méchants deviennent plus nombreux et plus audacieux ; des périls plus sérieux menacent TÉglise : donc il faut prier davantage et il faut prier mieux ; donc, il faut imiter de plus près, d'une imitation plus vraie, plus vivante, notre divin Sauveur dont la seule ressource, dans les angoisses indicibles de son agonie au jardin des Oliviers, fut de prier avec un redoublement d'application et de ferveur: Factus in agonia, prolixhts orabat (2).

Oui, prions beaucoup, et ne négligeons pas de prier les uns pour les autres. Au témoignage de saint Jean Chrysostome : « C'est par cet échange « de prières que des chrétiens peuvent le mieux

{1) Abundant inali et Deas yolait at abondarent mala. Itleo dicimus, fratres, orat« quantum potestîs. Cohortari debemos ad orationem et nos et vos. Alla enim ipes non est in mnltif malif prœsentis sseculi. (8. Aug. serm. 80, éd. Gbiame, Y, p. 616-620.)

(2) Luc. XXII, 43.

« s^entre-aider au milieu des difficultés el des luttes a. de, la vie » : Pugnate nobiscKmel perveslras precea manum nobis porrigite. Hoc est enim maximum carilatis geniis (1).

D'ailleurs, tandis que, tout prfes de nous, les semeurs de mauvaises doctrines font dans l'erreur eldanslemal de lameutables et coatinuels progrès: Malikomines et sediielnres pro/icient in pej us errantes et in errorem mittetilcs (2), n'est-ce pas pour nous, apôtres de la bonne nouvelle, semeurs de la doctrine et de la grâce de Jésus-Christ, coopérateurs de son œuvre d'illumination et de régénération, une raison pressante d'aller aussi chaque jour plusavanl dans l'inlelligence de la loi dont nous sommes les interprèles, et dans la pratique des vertus destinées à prouver aux hommes la divinité de la religion? En dérmitive, la vie d'un saint priHre est le couimenlairele plus décisif et la preuve la plus concluante de ia vérité du christianisme. On pourra toujours discuter les arguments de la théologie; mais lasaintelé des ministres de l'Église porte avec elle une puissance de démonstration à laquelle \.(>\ ou tnrd, sous une forme ou sous une autre, les esprits les plus prévenus (inissent par se rendre. Avanijons donc, Messieurs, dans les voies lumineuses de la sagesse

(1) 8. Joan. ChrjB. Kp. 93.

(S) II Tim. ni, 13.

— 4Si — de Dieu ; el puisque d'autres, lout près de nous, s'enfoncent dans les abimes de l'iniquité, redoublons d'efforts pour monter aux sommets de la perfection: Domuf Jacob, vem'/eet ambulemus m Imnitie Domiiii. Ad perfectiara feramur {!).

Qudquessemaines avant nos retraites, me trouvant à Rouenpoiirle sacre de nuire nouveau collègue de Carcasaonoe, je m'étais associé à l'adresse collective que les évêques réunis dans cette capitale de la province ecclésiastique de Normandie avaient signée avecS.Ë. le cardinal mélropolitaio, pour exprimer au Souverain Ponlife leurvive douleur des allenlata sacrilèges cummisà Rome, dans lauuil dul2 au i3 juillet, lors de la translation des dépouilles niortellesdePielXà Sainl-Laureuthors-les-Murs.

Un peu plus lard, le 1 août, la Ville étemelle était le théâtre d'un nouveau scandale. Uneréonion publique avait été convoquée pour délibérer sur l'abrogation de la loi des garanties. Plusieurs orateurs y firent entendre le langage le plus grossier et If plus blasphématoire à l'égard de la personne sacréedu Vicaire de Jésus-Christ. C'était logique. Après avoir profané par la violence Itss

fuDéraiUes d'un Pape mori, les haines secLaires, pourètr'' conséquentes avecelles-mèmes, devaient accabler de calomnies et d'injures le Pape vivant.

Je ressentis vivenieuL le nouvel outiage faitàla majesté du Souverain Pontifical, et le surcroît de douleur inOigé au cueur du magnanime LéonXUL Aussi je crus devoir, tant en mon nom qaea celui des prélres et des pieux fidèles do l'Lgiise d'Autun, déposera ses pieds l'hommage dt; qob plus respectueuses et religieuses condoléances.

Notre seconde retraite était à la veille de se terminer, lorsqne je reçus desaSaintetéla réponse suivante que je suis heureux de pouvoir porter à la connaissance de tout le il

A notre vénérable Frère Adolphe-Louis, évégue dAutun, Cfialon et Mdcon.

VÈffÉHABLE FbÈBE , SALUT ET BÉNÉDICTIOS APOSTOLIQUE.

Avec vos bonnes lettres en date du 23 août, on Nous a remis un exemplaire du discours que vous avez prononcé à Rouen, lorsque le nouvel évéque de Carcassonne a reçu l'honneur de la consécration épiscopale. Nous avons eu pour agréable l'hommage que vous Nous en avez fait. Nous n'avons pa» été moins consolé parla lecture de votre lettre, bien qu'elle Nous rappelât le triste souvenir des

paroles el des actions impies d'hommes qui se sont posés en ennemis de l'Eglise et en adversaires des droits el de la di^oîlé du Siège apostolique.

L'amertume de Notre trop légitime | douleur a quelque peu été adoucie quand Nous avons vu & quel point vous l'avez partagée, ainsi que vos vénérables frères dans l'épiscopat, el quand nous avons lu les paroles si pleines d'alTectioD par lesquelles vous Nous avez exprimé les excellents sentiments dont Vous êtes animé à Notre égard.

C'est également avec consolation que Nous avons vu avec quelle sagesse vous saviez procurer que le zfele cl le dévouement des pieux fidèles envers Notre humble personne devinssent d'autant plus ardents que les lils de ténèbres nous poursuivent davantage de leurs outrages etj leurs calomnies.

Nous avons la confiance que vos prières elo de tous les bons chrétiens, unies aux Nôtres, nous obtiendront de la divine Providence des secours plus prompls et plus efficaces, à l'aide desquels il deviendra évident à tous que si cette citadelle de la vérité dont nous avons la défense peut élre attaquée, elle ne saurait être ni prise d'assaut ni détruite.

Nous appelons sur vous, vénérable Frère, l'abondance des dons célestes, et en témoignage de Noire aireclion Nous vous donnons du fond du

cœur, à vous, à voire clerg6 eL aus fidèles dont vous êtes le pasieur, la béuédiction apostolique.

Rome, près de Sainl-Pierte, le 29 août 1881, en la quatrième année de noire pontificat (1).

LÉON XIII, PAPE

(1) Fenffrablli FratrI Adolphe iMdevieo.epiteopa AngiiiUdunenti

CahilloTtenii et MatUeonenri.

TEÎTEBABILtS FftATEB , SALI

■ APO3T0LICAM

Traditum Nobis luit, ana cam offioiosis litteris tuis die Ï3 hDJDR menais datis, Fiemplum orationiBqDaBi Rotliomagï habaisti, qntuD nOTUS antistcB CarcassoiienBiH episcopali coiiaccratioDe BDctDs est, Gratain Bane Nobia eititit hoc officinm tanin, necmi nnsgTBtnlectïo littcrarum. triatem ticet baberect recordationBin eoram, qus ab homiaibiia Ecdesiœ iafensis impie dicta geataque sunt adrersu^ bujUB apoBtoliuee Sedis jura ac dignitatem. .Sensimas eitiro IcTari quodommodo doloriB accrbitatem videnCea Te etiam, Doa cum aliiB veacrabilibufl Fratiïbus participcm iUiua fuisse quo Nos merito aRecti Bamaa, BC Icgeates verba amaotia- ■ima, queis taos eptimos sensus compiectebaris.

Qanm etiam. illud Nobis aolatiofait, quod >ore ac pradeotei B Te HoimadTergam ridimiiB piorum fidclium studio, erga bamilitatem Noatram tune magia iticeodi, quum violentins filii tenebranua maladictiB et contumEliis eam conantui proscindore. Qaare, dam coofidimua fore, ut tuie ac bononim omnium preces Noatris conjoncbe prumptiora ac talidiora auiilia a divine Numine Nohia concilient quo pataat omaibua banc arcem Teritatta, qiiua tnemur, posae impeti, at expugnari non posac, nberem, Tibi adprecamur ccelcstinm donorum copiam, et dileclionia Nostne teatem apoatolicam Benedictioncm Tibi, ctero et Sdelibns qaibna prœaïdes, peramanler impertimua.

Datum RomtD, apad S, Petrum, die 39 anguati ann. 1SB1. Foa tificatas Doalri anno qaarto.

LEO PP. XIH,

— 4SÏ

Vous le voyez, Messieurs, en dépit des menaces ou des dangers qui l'enlourent, noire Père n'est ni craintif ni abattu. Comme saint Paul, il pourrait dire : « En toutes choses, nous souiTrons H la tribulalion. mais nous ne sommes pas dans 11 l'angoisse ; nous sommes persécutés et oppri- € mes, mais nous ne défaillons pas f t), o

(juelle que soit k cette heure l'audace des ennemis de riiglise, Léon XIII nous exhorte à mettre notre confiance dans la prière, et il ranime notre courage en nous assurant qu'à force de prier nous contribuerons pour notre part « à faire voir à tous ff que si la citadelle de la vérité dont nous sommes < les défenseurs peut être attaquée, elle ne sera « jamais prise ni détruite « : Pateal omnibus htme arcem ventalis quam tuetnur passe impeti, al expugitari non posse.

En vous transmettant ces fortifiantes paroles da Souverain l'ontife, je sens. Messieurs, et je voudrais vous exprimer tout ce qu'il y a de puissance pour travailler, combattre et soulTrir dans la cordiale et surnaturelle union que la charité opère entre les chrétiens. Les Ëvéques vénèrent et aiment le Pape. A cause de cela, ils peuvent compter sur le respect et ratîectioo de leurs prêtres, lesquels à leur tour, en vertu de la même loi, seront

récompensés de leur filiale et cordiale obéissance envers leurs supérieurs hiérarchiques par la docilité et la reconnaissaoce di^s pieux fidèles: Qui honorât patrem siium jucuiidahiUir in /iliis, et in die orationis sus exaudietur (1).

Oui, vraiment, soyons plus que jamais unis entre nous, et trouvons dans un redoublement de mutuelle afTection une compensation aux haines injustes dont l'impiété nous poursuit.

A la veille d'une grande persôcutiou, saint Cyprien adressait au clergé de l'Eglise de Car- Ihage une exhortation par laquelle nous concluerons ce paternel épanchcment de notre &me dans les vôtres :

c La bataille va devenir plus meurtrîJsre, disait te saint docteur en écrivant à ses prêtres et à ses diacres. Armons-nous donc de toutes nos forces, frères très aimés I et préparons-nous au combat par une vie sans tache, une foi intègre et une vertu pleine do dévouement » : Gravior nunc et ferocior piiyna imminet. Armemur, fratres dilectissimi, viribus totis, et paremur ad affonem mérite incorrupta, fi.de intégra, virtute devola (2).

Je souligne h dessein la touchante appellation donnée parie saint évêque de Garthage aux prètrei

(S) 8, Cjpr. ep. ES.

et aux diacres de son Église. Oui, frères bienaimés^ fratres dilectissimi, prions beaucoup les uns pour les autres, accomplissons avec une religieuse régularité tous les devoirs de notre ministère ; enfin^ écoutons tous la rassurante promesse faite par le Seigneur dans Isaïe : « Que la loi de c Dieu soit toujours vivante dans vos cœurs, et « vous n'aurez rien à redouter ni des blasphèmes c ni des injustices des méchants. Leur règne « s'usera comme de TétofTe qui est dévorée par les i\ vers ; mais la justice et le salut du Seigneur « demeureront éternellement (!).]>

(1) Andite me, popnlns mens. Lex mea in oorde eomm. Nolite

timere opprobrium hominum et blasphemias eomm ne metoatis.

Bicut enim Testimentam, sic comedet eos yennU ; et sicat Un«mT

sic deTorabit eos tinea ; salas aatem mea in sempitemam erit, et

ustitia mea in generationes generationnm. (Is. Li, 7, 8.)

LETTRE PASTORALE

AU CLEBQÉ ET AUX FIDËLCS DC DIOCÂBE

POUB

RECOWMAN-DEB A LEUB CHABITÉ LES INfâBËTS DES âCLISES

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