POUR
IiB COBTOQUKa AUX RETRAITE ecCLâfilABTIQL-fis
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(26 JVIS MDCOOLXXX)
Messieurs et chehs CoopÉRAi'ELits,
Aprts avoir parcouru pendant deux mois nos belles et riches contrées du Charolkls et du Cha- 'onnais ; donnée des milliers d'enfanls, dans le Mcrement de Confirmation, l'esprit de sagesse et de force ; appelé eur leurs honnêtes et laborieuses bmiltes les plus abondantes bénédictions d'on Jiant; visité nos églises rurales et nos cimeLièros ;
conféré avec un grand nombre d'entre vous de toutes les questions qui touchent à la bonne administration de vos paroisses et à l'exercice du ministère pastoral en ces jours difficiles et troublés, j'aurais aimé vous faire longuement part des consolations dont mon âme a été remplie, et vous redire les édifiants détails de ces courses apostoliques à l'occasion desquelles nos populations ont fait si souvent éclater leurs sentiments de foi et leur religieuse affection pour leur évèque.
Oui^ en dépit des attaques systématiquement et chaque jour renouvelées contre l'Église ; malgré la propagande savamment organisée qui fait pénétrer jusque dans nos hameaux les plus reculés une presse dont le langage cynique et impie insulte sans relâche, avec une scandaleuse impunité, les plus saintes croyances, les institutions et les traditions les plus respectables, les sentiments et les pratiques auxquels jusqu'alors les indifférents eux-mêmes ne savaient pas refuser un respect voisin de la sympathie : notre terre de France est encore une terre chrétienne ; la foi du baptême et les enseignements de la religion sont encore vivants en un grand nombre d'âmes ; les peuples montrent l'empressement le plus significatif à recevoir et à honorer les successeurs des Apôtres; ils sont reconnaissants des bénédictions que nous donnons à leurs petits enfants, des visites que nous allons faire à leurs malades, des prières
qn'avec eux nous aimons & répandre au milieu des lombes de leurs ancêtres, en face de celle croix qui depuis dl:x-huil siëclcs survit à tant de blasphèmes, d'ingratitudes et d'iniquités !
Il m'eût été particulièrement doux de vous faire connaître, par le récit de plusieurs charmants ot pieux épisodes, combien Dieu avait béni la Ëlialc el religieuse obéissance avec laquelle nous nous étions conformés cette année aux récentes prescriptions de S, S. le pape Léon XIII, notre illustre el bien-aimé Père, relativement à l'inslitulion des parrains et des marraines de nos confïrmands.
Si, dans la plupart des paroisses, le trop grand nombre d'enfants convoqués à l'église stationnale ne nous a pas permis d'exécuter à la letlre la prescription du Pontifical, en faisant accompagner chaque enfant d'un parrain ou d'une marraine, nous avons pu dépasser, dans le sens des désirs ilu Saint-Père, la limite de la dispense accordée en son nom par la S. Congrégation des Rites, et avoir au moins un parrain pour les garçons el une niarraine pour les filles de chaque paroisse.
Les choix faits par MM. les curés pour remplir ^f- ministère si honorable ont visiblement contri- ^oè k l'édification donnée par nos belles cérémonies. Outre qu'en plus d'une localité les parrains el marraines avaient regardé comme un devoir de se préparer par la réception des sacrements de Pénitence et d'Ëucbarislie à l'accomplissement de
leur pieux mandat, et étaient venus communier le matin avec leurs filleuls, d'heureuses combinaisons ménagées par MM. les curés ont amené plusieurs fois des rapprochements ou des réconciliations entre des familles divisées. Les pacifiques triomphes de la charité sont ainsi devenus le couronnement de ces fêles qui laissent après elles dans nos campagnes de si salutaires émotions et de si profonds souvenirs.
Nous pouvons désormais considérer cet antique usage comme pleinement rétabli parmi' nous. En assurant à notre jeunesse le bienfait d'un patronage fondé sur les principes de la foi, il reliera plus intimement les unes aux autres les générations chrétiennes ; et nos chers enfants trouveront un secours de plus pour leur persévérance dans les conseils et les exemples des personnes qui ont bien voulu accepter vis-à-vis d'eux Thonneur et les responsabilités de la paternité spirituelle.
La longue et laborieuse lâche que je me suis imposée celle anné pour la visite pastorale et l'administration du sacrement de Confirmation n'est pas encore complètement terminée. Si les événements ne viennent y mettre obstacle, je compte Tacheverdans les derniers jours du mois de juillet et dans la première quinzaine d'août, conformément à l'itinéraire rectifié dont je vous donne connaissance à la suite de cette lettre.
Le momcnL est venu, Messieurit el chors Coopérateurs, de vous adresser ta convocation d'usage pour les relraitei ecclésiastiqnes.
Elles seronlprëchées toutes les deux, cette année, par SIgr Guiol, prolonotaire apostolique et recteur des Facultés catholiques du Lyon(l), dont le zële est mis chaque année à conliibutJun par un certain nombre de diocèses, heureux d'avoir part aux gr&ccs que Dieu répand sur son ministère.
La première des deux retraites sera immédiatement suivie d'une assemblée synodale dont la tenue aura lieu conformément aux prescriptions de nos sl&luls diocésains. Le dispositif ci-joint vous fera conallre les questions qui seront traitées dans celto assemblée.
Je donne officiellement communication à mes chers et vénérés Coopéraleurs du Bref Pontifical parleqiieljlc 16 mars dernier, S.S.lepapeLéonXIII a daigné m'élevcr à la double dignité d'Assistant au Trône pontifical et de Comte romain.
Je suis heureux de joindre à ce document deux lettres personnelles dont le Souverain Pontife m'a honoré pour me féliciter de mon Instruction pasto-
(I) Alanit« àe U DouTcIle loi sur t'enseignemeot nipérienr, rûU« lUkgDèTe ptu le Parlemect, nouaavortsdCl renoncer «u nom d' Ukivtnlti prËoÉdernmeat donnf aax étabtiiBemeDts litma fondés par les ^vûqaea. On avait d'alxird adopta pour la région de hjoa celui d'inslitat cB(lio1iqii«, auquel une décision récente B sabatitDéle tiCie de Facultéi catMiqiiti.
raie du 1^ novembre 1879 sur le Jubilé de l'Immaculée Conception, et de ma Lettre du 31 décembre de la même année sur l'enseignement de la philosophie (1).
P,^S. Autan, le9jiiiUet
Messieurs et chers Coopérateurs,
J'aurais voulu vous faire arriver beaucoup plus tôt la présente communication. Je n'ai pas à vous dire le détail des sollicitudes, des anxiétés, des douleurs qui ont interrompu mon travail (S). Les événements qui m'ont si profondément attristé ont eu, je le sais, leur contre-coup dans vos &mes sacerdotales. Nous ne pouvons en ce moment que gémir et prier. Répétons ensemble. Messieurs, l'instante supplication d'un prophète : EC ntmCj Domine omnipotens^ Deus Israël^ anima in angustiis etspiritus anxiusclamat ad te.., Agglutinata
(1) Cette dernière a été reproduite entête de rinstruotion pastorale BUT renseignement de la philosophie. (Voir tome II» p. 626.) Nous donnons aux pièces justificatives le texte des autres documents pontificaux.
(2) L*expulsion des Pères Jésuites de Paraj-le-Monial, aooomplie le 90 juin.
stmt nobis nuila (1), Redisons avec un saint évoque da troisième siècle ; Qiûs non doleal m ejusmodi easibus, aut guis non dolorem fi-alris suisuum proprium computet, cum loquatw Apostolus Paulus et dicat : si quidpatitur unum mi-mbntm et compatinnlur otnnia membra(2). Qiiare nnnc pericUtantium dolor pro noslro dolore enumerandus fs({3). Je n'ai pasbcsotnde m'expliquer davantage : votre foi m'a compris et voire amour pour l'Église et pour toutes ses institutions vous a déjà donné part à toutes mes angoisses. Je termine en vous adressanlencore celte parole du saint évoque de Carthage : Memores nostri invicem sirrnis concordes atquevnanimes. Utrobique pro nobis semper oremus. Pressuras et anguslias mutïia charitate relevemits[h).
ri) Bu. m, 1,4.
(1) I Cm. xn, Î6.
(3) S. c^pr., Gp. e:
(4) Kp. 60.
NOS ANQENS MAITRES
ALLOOUTTOir PBONONOix POUB L*nrAUaUBATION DU MONUMENT FUnAbEB DK
M. L*ABBÉ DUOHftNB, BVPiBIBUB DU PBTIT 8ÉMINAIBB D*AUTUH
(22 8EPTBMBBB MDCOCLXXZ)
Mementote pnopositoram ▼ettionim.
(Hbb. ziii, 7.)
Saint Paul ne m*en voudra pas. Messieurs, si, m'inspirani des circonstances particulières dans lesquelles s'accomplit aujourd'hui votre réunion fraternelle, je traduis ainsi ses paroles, et si je vous dis : (c Souvenez- vous de vos anciens mattres ».
Souvenez-vous d'eux pour eux; souvenez-vous d'eux pour vous. Je développerai brièvement ces deux pensées.
El d'abord, MesHÎcurs, souvoncz-vims d'eux pour etix.
Il n'y a pas encore dix-huil mois, il éliiil ici, dans celle chapellp, à celte place, le maîlie aimé tl vénéré donl le souvenir est si présenlà tousvns CŒurs, et à qui vous donnerez loul à l'heure une marqaesi touchante de voire reconnaissance.
Depuis que vous èles passés de l'Age d'écolier àUge d'homme, vous vous rendez mieux comple dessollicitudes sans nombre et des austères devoirs ^'impose l'œuvre de l'éducation. Que de prévoyance ! que de soucis! quelle vigilance et quelle Attention ! souvent quelles angoisses I « Mes (petits enfants, s'écrie saint Paul, vous à qui je ■ donne une nouvelle naissann- ! Filtoli met, quos < iterum parft/rio(l)I «De fait, cette seconde paternité, celle maternité spirituelle, obéissent à lamëme 'oi qui, depuis la chute, a été imposée par la justice (le Dieu à la maternité selon la ualurc. <' Je « multiplierai vos angoisses, avait dit le Seigneur (àlaprcraifere mëre du genre humain, et c'est
(1} Oftl. ir, 19.
« dans la douleur que vous enfanterez vos fils, mui- « tiplicabo œrumnas tuas ; in dolore paries filios {i)h>
Mais quand ce labeur sacré de Téducation et de la formation de lajeunesse est inspiré par des motifs de foi ; quand il unit dans une âme sacerdotale le double et constant désir de donner à la patrie terrestre des hommes honnêtes, de bons citoyens, et de former des chrétiens vaillants et de saints prêtres pour la patrie spirituelle ; quand ce travail, qui n'est trop souvent, hélas I qu'une spéculation et un misérable trafic, devient un ministère et un apostolat, les sollicitudes grandissent avecrœuvre même qu'il s'agit d'accomplir et dont les proportions dépassent si fort toute œuvre purement humaine.
C'est à cet austère et noble apostolat que H. Duehëne a consacré sa vie tout entière. Il n'a pas eu d'autre théâtre d'action que cet asile de la jeu* nesse. Ce petit séminaire a été par excellence sa maison, comme ses élèves étaient sa famille. Il a parcouru successivement tous les services de l'enseignement ; et, tour à tour, maître d'étude, professeur, directeur, supérieur, il s'est dépensé pendant quarante ans, sans interruption, au service des nombreuses générations formées ici, et dont vous êtes aujourd'hui les représentants attitrés.
(1) Gen. III, 16.
Calculez, s'il est possible, tout ce qu'une seule journée d'un tel ministère impose de préoccupations, de soucis, de fatigues, de sacrifices. Multipliez par les semaines, les mois, les années, tous ces actes de dévouement, et vous comprendrez que j'aie le droit de vous dire : souvenez-vous de vos anciens maîtres 1 Souvenez-vous de tout ce qu'ils ont dépensé pour vous d'activité, d'intelligence, de courage I Gardez-vous surtout d'oublier, puisqne nous parlons devant une tombe, des responsabilités redoutables dont ils se sont chargés pour votre bien. Les maîtres clirétiens, comme les pasteurs, ont charge d'Ames ; et ceux qui ont présidé à votre jeunesse, comme ces minisires du sanctuaire qui gouvernent vos diocèses et vos paroisses, entrent dans un saint tremblement, à la pensée des jugements de Dieu, auquel ils auront à rendre compte de chacune des Âmescoufiéesà leur soUicilude. /psi aâmperviffi/ant, guasi ralionem pro animabus ves~ Im redditttriil). Que de motifs de vous souvenir de vos anciens maXlves \ Memcntote prsposilorum
Souvenez-vous d*eux, Messieurs^ tout à la fois pour eux et pour vous.
L'ancien maître, quand il a été vraiment un père ! Que de réminiscences à la fois douces et tristes, mais toutes salutaires, vont s'éveiller dans nos esprits, et comme il va être utile de nous les rappeler!
Vous le revoyez d'ici, ce jour où, petit enfant, vous fûtes amené pour la première fois dans ce séminaire, pour y commencer le cours de vos études. Vous aviez quitté le matin la maison paternelle et dit adieu à la douce société de vos frères et de vos sœurs Le voyage fut triste. Sans respect humain, votre mère pleurait. Plus mattre de lui-même, votre père refoulait dans son cœur des émotions qui n'étaient pas moins profondes, maïs dont il n'aurait pas voulu trahir le secret. On prolongea le plus qu'il fut possible les derniers entretiens, les derniers embrassements. Mais la cloche avait donné le signal: il avait fallu se séparer, et vous enlricz seul dans ce monde inconnu, tandis que les êtres si uniquement aimés de vous jusqu'alors se retournaient encore pour échanger avec vous un geste d'adieu et une bénédiction. Que
fnssioi^voas de venu, pauvre petit, si vousvous C-tiez trouvé tout d'un coup en face d'un maître à la ligure r^barbative,àlaparoIebrëveelimpér>euse, au geste sévfere ; et si, sans IransîLion, il vous avait fallu échanger contrerinosorafale discipline d'un régime de caserne les douces et chaudes caresses du foyer domestique I Mais, dès votre première entrevue avec H. Ducbône, toutes vos craintes s'étaient dissipées : le bon et loyal sourire de cotte figure sympathique vous avait rassuré contre vos propres terreurs, et en moins de quelques jours, sans devenir oublieux ou ingrat à l'égard de vos excellents parents, vous aviez compris que vous pourriez vivre heureux sous l'égide d'une autorité si animent cordiale et paternelle.
Quelques années plus tard, arrivait l'épocjue de votre première communion. Vous ne l'ignorez p«, Messieurs, jusque dans les derniers mois de Une, au milieu même des soulTranccs et des boxeurs de la maladie qui l'a ravi & notre alTeclion, M. Duch';nc ne voulut se décharger sur personne d u soin de faire le catéchisme prépara- 'niro à la première communion, et de prêcher ta reiraile qui précède immédiatement cette action li solennelle. Son àme de prèlre, son cœur de père, savaient l'importance exceptionnelle et l'influence souvent décisive de celte première intime rencontre d'une àme avec Jésus-ChrisI : et c'est one des occasions où s exerçaient avec le plus
religieux dévouement les sollicitudes de sa paternité spirituelle pour les enfants confiés à ses soins.
Ënfin^ Messieurs, vous n'avez pu oublier ces années difficiles, critiques, dangereuses, où l'ado* lescent se débat contre les perfides assauts des passions avec des forces encore mal équilibrées, et ce mélange d'imprudence et de présomption qui occasionne souvent de si lamentables chutes. C'est aussi le moment où, au milieu de ces luttes péril-leuses, se dresse le grand problème de la carrière ou de la vocation. Quel besoin pour le jeune homme^ entouré de tant d'ennemis visibles ou inviribles^ de pouvoir compter sur la sagesse et le dévouer, ment d'un guide expérimenté I d'avoir assez de confiance en lui pour lui tout dire^ de se sentir assez aimé de lui pour tout entendre de sa bouche, et les conseils, et les encouragements, et les réprimandes, afin de pouvoir toujours, en des conjono* tures si délicates, et bien combattre et bien choisir l
Voilà, Messieurs, résumés dans une rc^ide et incomplète énumération , les principaux services dont vous vous sentez redevables envers M. Duchêne : et voilà pourquoi vous vous souvenez de lui I Mémento te prxpositorum vestrofwn 1
Mais j'ai dit que ce souvenir devait vous ètrç utile, et il ne me faut, pour vous en convaincre, que quelques brèves réflexions.
Ce jour de votre première entrée au petit séminaire, était-ce, Messieurs, il y a dix, vingt
— tSB —
ou cinquante ans ? Il vous semble, n'est-ce pas, qne c'était hier? BeslenU sumus et sicul umbra diesnoslri super lerram{\).
Oh ! comme le tt-mps passe, et ici le vieux poHe cUssiqae de noire enfance parle comme saint Paul :
(agit irrcparabile Icmpus. (Viro.)
Tempus brève est (2).
nier, vous étiez le pelil enfant auxchoveux blonds qne sa mère amenait en pleurant pour lui faire Commencer ici sa septième ! Vous èles aujourd'hui l'homme qui commence à so courber sous le poids des sollicitudes de la vie, peul-(llre le vieillard au crâne dénudé ou auxchcveus blancs! et demain, vous rentrerez, après tant d'autres, dans cette poussière terrestre d'où nous avons tous été tirés I Elevons nos cœurs. Messieurs, au-dessus de cette inexorable fragilité des choses humaines, et pour donner à nos espérances un indestructible ■ppui, souvenons-nousdes années éternelles. Cogîlavi dies anliquos et annos xtemos in mente ha-
J'évoquais tout à l'heure le souvenir du jour àjamais béni de votre première communion et
de toutes les délicates et paternelles sollicitudes dont vous aviez été entourés à cette occasion. Voilà cet autel où vous êtes venus vous agenouiller pour recevoir le Dieu de l'Eucharistie ; ce sanctuaire où, dans toute la plénitude de votre liberté, vous avez renouvelé les engagements sacrés de votre baptême ; cette statue de Marie devant laquelle vous lui avez pieusement demandé d'être toujours votre Mère I Quels souvenirs, Messieurs, et quels enseignements dans ces souvenirs ! Tous^ j'en suis sûr , vous y avez été fidèles. Mais ne vous rappelez-vous pas en ce moment le nom de quelque condisciple à qui les mêmes soins avaient été prodigués et qui , hélas ! depuis longtemps, a secoué comme importun le joug de ses premiers serments et des chrétiennes habitudes de sa jeunesse ! Ah ! qu'il est dur, Messieurs, pour l'Eglise, de compter parmi ses ennemis des enfants ingrats, d'autant plus acharnés contre elle que leur trahison est plus coupable I Priez pour eux, Messieurs, et donnez-leur aujourd'hui cette marque de surnaturelle fraternité !
Sortis de cette maison, après avoir été guidés dans le choix de votre vocation par les conseils d'un maître qui était vraiment un père pour vos âmes, les uns, parmi vous, ont trouvé leur place dans les carrières séculières, et ils honorent la société civile par leurs services ; les autres, prévenus par une grâce de choix, à laquelle ils ont fidè-
tement obéi, ont embrassé généreuscmenl la servilude sacrée des aulels. Laïques ou prêtres, laisses-nioî vous dire, Messieurs, qu'il ne nous Faut aujourd'hui rien de médiocrL>. Les ilifftcullés de ce temps nous imposent à tous de grands devoirs, donc de grandes vertus. C'est le meillGur hommage qae nous puissions rendre k la mémoire de dos maitres, Mementote pnepositorum vestrorum.
Avant d'aller au cimetière pour y bénir la tombe que vous avez voulu élever à votre ancien supérieur, redisons pour lui, Messieurs, la prière que ta piété filiale dicta un jour à 8alomon. De toutes les qualités de son père, il ne voulut faire valoir devant Dicuque sadouceur. Et nous aussi, Messieurs, nkmenant toute la pliysionomii' morale de M. Ducbène à cette bonté qui fut le trait dominant do son incet la fidèle compagne de toute sa vie, nous di- Wta, en le recommandant une fois encore à l'infcu'e miséricorde : Memenio, Domine. David, et •Wè mamttetudinis ejiis ( 1 ).