LES PRÉPARATIFS ET LES PRÉLIMINAIRES
On sait comment le centenaire de la mor saint Léger revenant pour la douzième fois date du 2 octobre 4878, l'inspiration vint à A seigneur de marquer cette date historique une solennité exceptionnelle. On sait encore qu belle et chaude lettre pastorale fut adressée à t le diocèse et reproduite par la presse religieu Elle se terminait par le programme de la fête d< une commission, composée de chanoines et laïques, devait assurer l'exécution. D'avance, to les évèques dont les diocèses avaient eu des relatio
■ligieux respect et de pieuse compatissance
le grand pontife proscrit et martyr, avaient lis leur concours. Dès la veille du jour fixé, rrivaient avec un nombre considérable de es et de dignitaires ecclésiastiques appartenant
régions voisines, pendant qu'une foule angers de toute condition se disputaient une 5^
Italité devenue difficile dans les hAtels ou ^^
des amis. A l'entrée de la nuit, toutesles cloches cS
cathédrale et des autres églises annonçaient I;^
itenaire, tandis que les confessionnaux res- î^^
l trës entourés. Le Saint-Père avait accordé ^^
grande indulgence, on voulait être en mesure ç^2
recueillir le bénéfice. Les ég-lises ne se fer- Î^S
ni qu'à une beure déjà avancée de la nuit. gfe^
is longrtemps le soleil s'était couché sans >- ■
es, le ciel était pur, tout promettait un len^ c?^
in à souhait. tw^
TISÉE, LA MESSE SOLENNELLE, LE PAKÉûrRIQUE DU SAINT
! les premières lueurs du jour, les portes de hédrale s'ouvrent pendant que les cloches tnt à toutes volées. Bientôt, les quinze autels tiapelles latérales s'illuminent et sont occupés utant de prêtres qui célèbrent les saints !res. Les communions y sont nondircuses, et P Pkbradd. — ŒDTtem t. II. 16
ce concours d'adoration et de prières se continue jusqu'à huit heures et demie. C'est le moment fixé pour la sortie des évèques. La maîtrise, le grand séminaire, la communauté des Oblats de Marie, près de deux cents prêtres, le chapitre de la cathédrale, dessinent une longue ligne blanche sur le fond de verdure de la terrasse de Tévèché. Plus de trois cents voix chantent le Benedicttis^ le cortège s'ébranle, la foule se rapproche et se découvre, voici les prélats! Ils sont en costume de chœur: rochet de dentelle, camail de soie violette et barrettes de même nuance. Le premier en tète de la longue ligne porte les insignes de la prélaiure romaine : c'est un vicaire général sous plusieurs générations d'évèques, c'est aussi un savant dont la parole fait toujours autorité dans les questions d'archéologie religieuse ; il se nomme Mgr Grosnier. Derrière lui, on remarque beaucoup deux moines au vêtement d'une blancheur immaculée: ce I
sont des abbés mitres et crosses de l'ordresi austif e des pèresTrappistes. L'un d'eux est bien connu pa^ mi nous. Longtemps il fut à la tète de notre maîtrise. II est aujourd'hui abbé du monastère de Chambarand où son zèle ardent a fait des prodiges. Son collègue est un riche et beau gentilhomme de k Haute-Loire. A 20 ans, il renonçait au plusbriUml avenir et s'enfermait à Septfons, dont il devenait, très jeune encore, le père vénéré, presque le créa» teur. Près de lui se tient un très jeune religieux
) rare distinclion: hier, brillant lauréat de la té de droit ; aujourd'hui, humble trappiste de Dns.
premier des évèques qui vient ensuite ost un il de Paray, la ville du Sacré-Cœur, et un de notre grand séminaire. Il y a quelques
à peine il recevait à Clennonl l'accueil le ^^T
brillant et le plus empressé. Il y arrivait à ^s;
le cooadjuteur avec future succession. Il est ^^
é par le doyen du chapitre, son ancien curé, ^^l
, que jeune vicaire à Cluny, il débutait modes- TJ^
it dans la hiérarchie dont il devait bien vite ^^
idre le plus haut degré. £^*
prière lui, tous les regards s'arrêtent avec "*5
drissement sur l'évèque de Nevera, qui a ^^
s à Autun tant de souvenirs et de regrets non r^
niables d'ici à longtemps. c^^
les cdtéa une place reste vide, c'est celle d'un ^^
et vieil arai. Chez nous, on l'appelait le doux
leurBouange; là-bas, où il est retenu, on le i^
ne le saint évèque de Langres. En ce moment ^^
lie près d'un malade chéri, mais il pense à
pour sûr,
ici la belle et symphatique figure, la taille
stiîeusc de l'évèque de Troyes ; il est de
meilleurs amis , nous le retrouverons ce
icore un de nos plus chers amis. II est de notre et de notre race. Tant aimé et apprécié chez '
nous comme vicaire général, non moins aimé eL vénéré dans sa ville de la Rochelle et dans touU. son diocèse.
Dans FÂrtois s'étend la forêt de Sarcinge, où saint Léger consomma son martyre. L'évêque dc^ cette lointaine province a franchi les distances poui~ unir son hommage à nos hommages, sa prière à notre prière ; nous saluons au passage sa bonne et paternelle figure.
Ici Témolion gagne et devient plus vive, les fronts s'inclinent plus profondément, celui qui passe est un martyr !... C'est Tévêque de Genève ; tout à rheurc nous entendrons sa parole entraînante, les accents de son patriotisme désolé.
Voici notre évoque ! Que dire de lui que tout le monde ne sache ? Son visage exprime le bonheur ; des larmes de joie sont bien près de mouiller ses paupières !
Enfin, remarquable et remarqué entre tous, marche avec son grand air Son Ëminence le cardinal-archevêque de Rouen. Il porte sa grande cappa magna cardinalice et bénit avec tendresse toute cette ville d'Autun, qu'il revoit pour la seconde fois, et qui lui agardé un pieux souvenir.
Ainsi disposé, le noble et brillant cortège a bientiVt franchi la distance qui sépare Tévèché de la cathédrale, pendant que les cloches et les voix remplissent les airs de leurs chants joyeux. Sur les degrés du grand porche, énorme est la foule
qui se presse pour voir et se désole de ne pouvoir
plus pénétrer à l'intérieur.
Parvenus au seuil du temple saint, les prélats
B'arrètent et forment un cercle en face du cardinal ; le doyen du chapitre s'avance et offre à Son Eminence Teau bénite et l'encens. Puis, Monseigneur s'avance à son tour, salue le prince de l'Église, ^on hôte et son ami, et le complimente en ces termes :
(c Éminënce,
« Il y a douze siècles, un évêque d'Autun, persécuté, proscrit, déjà martyr, recevait, dans un monastère de votre diocèse, la plus charitable et la plus religieuse hospitalité.
« Le temps et les révolutions, qui ruinent tant de choses, ont respecté dans votre ville deFécamp les pieuses traditions relatives au séjour et à l'apostolat de saint Léger.
« Votre Éminënce a bien voulu s'en souvenir, quand elle a répondu, avec unebonté si touchante, à l'invitation que je lui ai faite de venir présider cette imposante solennité.
« Daignez agréer l'expression de ma profonde reconnaissance, et permettez-moi, Eminentissime seigneur, de l'étendre aux pontifes et aux prélats qui vous entourent.
« Grâce à leur empressement, six provinces de
l'Église de France (1), et le grand ordre monastique de la Trappe, seront représentés aujourd'hui autour des reliques de saint Léger, sans oublier une Église sœur et persécutée qui nous envoie son infatigable apôtre pour nous redire lesvertus, les travaux et les souffrances de mon saint prédécesseur.
« Évèques, prêtres, fidèles, tous sont heureux d'accueillir avec moi, sur le seuil de notre vieille cathédrale, l'illustre successeur de ce saint Ouen, qui fut le contemporain de saint Léger, let peut-être son condisciple dans une des écoles des palais mérovingiens.
(( Tous aussi, sous la pourpre romaine qui vous décore, nous saluons en vous, Éminence, Télu de Pie IX et l'électeur de LéouXIII, dont vous répandrez sur nous les précieuses et paternelles bénédictions. y>
Son Eminence, avec une gr&ce exquise, remercie Monseigtdur des choses qu'EUe vient d'entendre, de rinv;tation qui lui aété laite et de l'accueil qu'EUe reçoit au nom de l'évêque et de son clergé. Elle en gardera le souvenir, félicite Mgr Perraud du bien qu'il accomplit dans son beau diocèse et lui souhaite tout le bonheur dont Elle le sait digne à tant de titres.
^1) Les provinces de Bouen, de Cambrai^ de Bordeanz, de Bourges, de Sens et de Lyon.
*endant que le cortège se reforme et perce i sans quelque lenteur les rangs de la foule qui )re8se, s'entasse et se soulève, l'orgue de la tri* ie chante une brillante marchetriomphale. Arri-
au sanctuaire, le cardinal se place sur son le, les évëques se rangent en face de lui sur dos
^es moins élevés ; seul l'évëque d'Autun domine £31
peu ses collègues assis à ses c6té5. Alors, le 5§
pitre et le chœur psahnodient les heures cano- ^S
les pendant que Mgr d'Arras, qui doit chanter ^^
nesse solennelle, revêt ses ornements pontifi- ^a