AVIS AU CLERGÉ
BBLATIVXMENT A LA VISITE PASTORALE ET AUX CONFIRMATIONS DE L*ANNÉB 1879
(15 FÉVRIER MDCCCLZXIX)
Messieurs et chers Coopérateurs,
Je vous adresse, avec la présente circulaire, l'* tinéraire de la visite pastorale que je me propose de faire au printemps prochain.
Vous remarquerez qu'aux paroisses du provicariat de Louhans j'ai joint celles des trois cantons de Verdun, de Saint-Martin-en-Bresse, de Sainl- (lermain-du-Plain et quelques paroisses du canlon de Chagny, dans lesquelles mon bien-aimé collègue, Mgr Petitjean, vicaire apostolique du Japon, avait administré le sacrement de confirmation en i876. Cette mesure est le commencement d'exé-
cntion d'un plan qui me permettrait, avec Paîde de Dieu, de rapprocher l'époque périodique des confirmations, et de répondre ainsi aux désirs que beaucoup d'entre vous m'ont exprimés à diverses reprises, se plaignant avec raison que l'intervalle de cinq ans fût beaucoup trop long, surtout à une époque où nos grands jeunes gens subissent de si bonne heure les détestables influences de la propagande antireligieuse et du respect humain.
Bien que l'itinéraire ait été dressé avec un grand soin, et en tenant compte, soit de la distance respective des paroisses convoquées pour chaque confirmation, soit de la capacité des églises stationnales, j'accueillerai volontiers les demandes de rectifications que certaines circonstances imprévues pourraient rendre nécessaires. Il est indispensable toutefois que ces demandes me soient adressées au plus tard avant le quatrième dimanche de Carême, afin qu*on puisse régler à temps les changements auxquels elles donneraient lieu.
MM. les Curés des paroisses convoquées pour la confirmation voudront bien pourvoir à ce que leurs jeunes enfants reçoivent ce sacrement à l'occasion de la présente visite ;en conséquence, les premières communions devront avoir lieu peu de temps avant mon arrivée. A moins de circonstance exceptionnelle, il est désirable que les deux cérémonies n'aient pas lieu le même jour , chacune d'elles devant être l'objet d'une solennité spé-
ciale. Il vaut mieux, d'ailleurs, que le jour de la première communion, si décisif pour l'avenir religieux de nos chers enfants, se passe tout entier en exercices pieux accomplis dans leur église paroissiale, et qu'on leur évite, à la suite de ce grand acte, la fatigue et peut-être aussi la dissipation des courses nécessitées par l'obligation de se rendre à l'église stationnale.
Je rappelle à ce sujet que les ordonnances diocésaines, confirmées par le Synode de 1877, défendent de faire coïncider la première communion avec le temps du Carême. Cependant, eu égard à Fépoque où commencera la visite pastorale et aux mutuels services que se rendent MM. les Curés, par le double ministère de la prédication et de la confession, pour les premières communions de leurs enfants, je dispenserai de cette ordonnance MM. les Curés du provicariat de Louhans et de la Bresse chalonnaise qui ne croiraient pas pouvoir commodément placer cette solennité immédiatement avant ma visite.
Le Petit Manuel pour la visite pastorale et pour la confirmation, publié par mon vénérable prédécesseur Mgr de Marguerye , est toujours en vigueur, ainsi que les ordonnances formulées à la suite de son Mandement du 21 novembre 18S2.
Vous voudrez donc bien vous y reporter, Messieurs et chers Coopérateurs, pour l'accomplisse-
ment exact des cérémonies prescrites à l'occasion de la visite épiscopale.
Laissez-moi toutefois appeler votre attention sur un certain nombre de détails dont Tobservalion a parfois laissé à désirer dans mes précédentes visites.
i. Une semaine au moins avant l'arrivée de rÉvêque dans une paroisse, il est convenable que les autorités soient prévenues par M. le Curé. Des règlements non abrogés leur font un devoir de recevoir TÉvêque du diocèse, au moins à sa première visite dans une commune. Je n*ignore pas qu'à Tépoque où nous vivons, cette obligation de déférence et de courtoisie court grand risque d'être mise volontairement en oubli. Mais pour ne laisser aucun prétexte au mauvais vouloir, il ne faut pas que les représenlanl-s de l'autorité puissent alléguer qu'on ne les a point avertis. Une visite personnelle est préférable à une lettre pour notifier aux municipalités la prochaine arrivée de l'Évèque, et les inviter à prendre officiellement part à la réception solennelle du Prélat et à la cérémonie religieuse.
2. Quand l'Itinéraire n'indique pas d'heure, il est convenu que la cérémonie commence à huit heures et demie, par la procession qui se forme soit à l'endroit désigné par M. le curé, soit au presbytère, pour aller à l'église, dans l'ordre indiqué par le Petit Manuel (p. 23 et 24).
3. Les confirmations placées le dimanche auront lieu à deux heures. La cérémonie tiendra lieu des vêpres. Après l'entrée de Monseigneur et les prières liturgiques de la visite, on chantera solennellement le Magnificat^ et immédiatement après la confirmation sera donnée aux enfants.
4. Lorsque la confirmation se donnera dans une paroisse où Monseigneur n'aura pas couché, et dans le cas où une distance considérable séparerait cette paroisse de la précédente station, il sera bon de convenir à l'avance de l'heure précise à laquelle aura lieu l'arrivée de Monseigneur, afin de pouvoir prévenir à temps les paroisses convoquées pour la confirmation.
5. Quelques jours avant la cérémonie, MM. les Curés auront soin d'indiquer et défaire répéterpar les chantres de leurs paroisses les antiennes liturgiques prescrites par le Pontifical pour la visite épiscopale. (En allant à l'église, Pantienne Sacerdos et Pontifex suivie du Benedictus. — Petit Manuel, p. 25. — A l'église, l'antienne Ecce sacerdos magnuSy p. 28.)
6. Après l'entrée à l'église, quand M. le Curé, revêtu de la chape, a présenté à Monseigneur ie crucifix, l'eau bénite et l'encens (p. 27), la procession s'avancera jusqu'à la grille du chœur, ou au moins jusqu'à la moitié de la grande nef. De cette façon, les fidèles pourront entendre les paroles adressées par M. le Curé à Monseigneur pour lui
souhaiter la bienvenue, et la réponse de Monseigneur.
Il faut également avoir soin de faire cesser les cloches, aussitôt que le dais est arrivé à la porte de Téglise.
7. Quand le chant de l'antienne Ecce sacerdos magnus est terminé, M. le Curé chante les versets et Toraison de la visite (Petit Manuel, p. 29). Si la visite a lieu dans le temps pascal, il faut avoir soin d'ajouter VAlleluia aux quatre premiers versets.
Immédiatement après Toraison, chantée par M. le Curé, les chantres doivent entonner l'antienne du patron (celle des secondes vêpres), après laquelle Monseigneur, montant à l'autel et se servant du Missel placé in cornu epistolœ, chante l'oraison correspondante.
J'ai constaté en plusieurs circonstances que lorsque ces détails si simples n'ont pas été suffisamment préparés, il y a des méprises ou des retards regrettables ; et la cérémonie commence dans une confusion pénible et peu édifiante pour les fidèles.
8. La messe de confirmation est dite soit par M. le Curé de la paroisse, soit par un confrère qu'il a invité. Celui-ci s^habille à la sacristie pendant le chant des antiennes et versets précités, et se tient prêt à commencer aussitôt que Monseigneur a pris place à son trône.
Pendant la messe, on chante le Kyrie et le Credo
de la messe de Dumont. On a soin d^inierromprc, s'il y a lieu, un peu avant l'élévation, après laquelle on peut chanter VOsalutaris.
(Pour les cérémonies de la messe relatives à la présence de Monseigneur, se conformer aux prescriptions du Petit Manuely p. 31.)
9. Immédiatement après la messe commence Texamen des enfants. Un des assistants de Monseigneur leur en donne avis par quelques mots. D'ordinaire, Monseigneur examine lui-même les enfants de chœur, que Ton fait agenouiller, à cet effet, autour de son trône.
10. Quand l'examen est terminé, un des prêtres qui accompagnent Monseigneur monte en chaire et adresse une allocution aux enfants pour les préparer immédiatement à la réception du sacrement. A la suite de l'allocution, on leur donne quelques avis sur l'ordre dans lequel ils viendront recevoir l'onction du saint Chrême.
ll.QuandMonseigneurapris la chape etrétole, il s'agenouille au bas de l'autel et entonne le Veni Creator j que continuent le clergé et les chantres, maisen s'arrêtant après la première sttophe, après laquelle se disent les prières qui précèdent cl accompagnent l'imposition des mains. Au moment de l'imposition des mains, tout le monde se met à genoux, même les prêtres, sauf les assistants de Monseigneur qui se tiennent près de lui sur la marche la plus élevée de l'autel. Tous les confir-
— iOI — mands dnivenl avoir élé îiverlis à l'avance qu« l'imposition des mains est une parlîo ^naenlicllo du sacrement do Confirmation ; et qu'à ce moment ils doivent se tenir pro fondit ment inclinés et les mains jointes. On pourrait utilement donner un coup de clochette au moment précis 0(1 commence celte cérémonie,
12. Contrairement aux dispositions indiquées à la page io du Petit Manuel, les enfants, au lii^u de se mettreà genoux en files, dans lesnefsdel'i'iglise, se présentent àla sainte table, comme pourla communion, Habitués à ce mouvement, ils le font d'ordinaired'une façon satisfaisante et avec recueillement, li importe toutefois que deux prêtres v président, en se tenant au milieu des rang's.
L'ordre ordinairement suivi est celui-ci : d'abord les garçons, puis les filles de la paroisse station- Tiale; viennent ensuite les garçons etlesTitlos des Autres paroisses convoquées pour laconfirmalion. On les appelle les unes après les autres, d'aprts Une liste dressée à l'avance. Le curé de cbaque paroisse se tient àla droite de Monseigneur, et lit le» billets de ses enfants. Un autre prètri', désigné par M. le curé de la paroisse stalionnale. essuie leursft-onts. On veille à ce qu'ils ne quittent la sainte table, pour retourner àleurs places, qu'à un signal donné.
13. MM. les ecclésiastiques présents k la cérémonie veillent également à ce que les enfants disent
M^r Fkkraud. — Œuvres, t. II. SB
à haute voix, lentement, en faisant les pauses convenables et avec le plus d'ensemble possible, le Credo, le Pater et VAve^ lorsque Monseigneur en a prescrit la récitation.
14. C'est après ces prières que Monseigneur adresse son exhortation aux enfants et aux fidèles, soit en montant en chaire, soit en se tenant à la grille du chœur, suivant la disposition des lieux.
15. On doit avoir tout préparé pour que la visite liturgique de Téglise commence immédiatement après Tallocution de Monseigneur (Croix de procession, bénitier, encens, chant du Latidla/^ et de Vin exitu)\ avoir soin de porter la clef des fonts baptismaux ; avoir disposé à l'avance les pierres sacrées des autels, de manière à ce que Monseigneur puisse s'assurer aisément si elles sont en bon état, et si les sceaux sont intacts.
16. Les prières solennelles de Tabsoute pour les morts se font immédiatement avant la bénédiction du Saint-Sacrement, quand le cimetière n'est pas eontiguà l'église ou distant seulement de quelques pas.
Dans ce cas, il faut se conformer aux indications données par le Petit Manuel, p. 78.
Si le cimetière estcontigu à l'église, ou dans son voisinage presque immédiat, la bénédiction dn Saint-Sacrement, avec le saint Ciboire^ se donne immédiatement après la visite de l'église. (P^^
M2nuel, p. 65.) On forme ensuite la procession funéraire (p. 68).
Dans Tun etrautre cas, MM. les Curés auront soin, quelque temps avant la visite épiscopale, de prévenir les fidèles que Monseigneur, après avoir confirmé leurs enfants^ priera solennellement pour les défunts de la paroisse. Il faut profiter de cette occasion pour les exhorter à mettre le cimetière en bon état. Enlever les herbes parasites, nettoyer les tombes, niveler ou pierrer le chemin qui permet de circuler à l'intérieur du champ de repos ; surtout, s'il y a lieu, refaire les murailles ou les haies de clôture, de manière à ce que tout soit décent, conforme aux règles, en harmonie avec le double respect que Ton doit aux morts et à la présence du premier Pasteur du diocèse qui vient prier pour eux avec toute la paroisse : voilà ce que MM. les Curés obtiendront aisément des fidèles, slls ont soin d'intéresser leur foi et leur piété filiale àla bonne tenue de leur cimetière.
Je pourrais citer des paroisses où MM. les Curés ont obtenu des prodiges de zèle pour transformer leur cimetière aux approches de la visite épiscopale. .
17. De Téglise ou du cimetière, on rentre processionnellement au presbytère, en chantant le TeDeum. Un prêtre a soin de faire ranger les enfants, les garçons d'un c6té, les filles de l'autre^ et leur donne le signal de se mettre à genoux
lorsque, après le Te Deum, Monseigneur chante
la bénédiction pontificale.
18. Pendant que Monseigneur dépose ses ornements, M. le curé invite les mères de famille qui ont de tout petits enfants à se ranger en cercle, soit dans la cour, soit dans le jardin du presbytère, pour les présenter à la bénédiction de Monseigneur.
19. Pour les malades à confirmer chez eux, voirie Petit Manuel, p. 79.
20. La visite des écoles, annoncée d'avance par M. le Curé, a généralement lieu vers les deax heures.
21. A la sortie des écoles. Monseigneur et son vicaire général retournent à Téglise avec M. le Curé pour examiner dans le détail si tout ce qui concerne le culte et la bonne tenue de Téglis* est conforme aux ordonnances diocésaines et au formulaire dont MM. les Archiprêtres se sont servis quand ils ont visité les églises de leurs cantons.
A cet égard. Messieurs et chers Coopérateurs, j'appelle votre attention sur les deux points suivants :
1^ A moins d'impossibilité absolue, il importe que les diverses réformes signalées par la chancellerie, à la suite de la visite de MM. les Archiprêtres, soient accomplies à l'époque de la visite pastorale.
2* Vous voudrez bien, en prévision et en préparation de cette visite, relire avec soin ma circulaire du 15 juin 1878, dans laquelle j'ai résumé les règles liturgiques et canoniques relatives aux pierres sacrées, aux autels, à la cire, à la lampe du sanctuaire , à la tenue des sacristies , des ornements, etc.
J'éprouverais une véritable peine s'il me fallait constater de regrettables lacunes en des choses qui intéressent si directement l'honneur de Dieu, la vertu de religion, le souverain respect dont nous devons entourer incessamment la présence eucharistique de Notre-Seigneur dans nos églises, en un mot, tout ce qui se rapporte à l'administration des Sacrements, et particulièrement à la célébration de l'adorable sacrifice de la messe.
En parlant de l'éloquence^ un profond et délicat penseur de ce siècle a dit : c Les persuadés persuadent (1). »
Appliquons ce mot, Messieurs, à tous les détails de nos devoirs envers Dieu et envers les fidèles. Une église bien tenue est,à samanière, une apologie de la foi et une démonstration de l'esprit de foi du prêtre qui en a la garde. Une église bien tenue produira toujours une salutaire et religieuse impression sur les fidèles» et prédisposera heureu-
[1} Jonbert, Pemiêi.
sèment les infidèles en faveur de nos enseigTiemenis. Tout au contraire, une église mal tenue est un scandale pour les personnes pieuses, journellement attristées par des négligences qai paraissent presque des sacrilèges à la délicatesse de Tesprit de foi. De plus, elle est une sorte de perpétuel démenti infligé aux croyances dont nous sommes les apôtres et les témoins obligés. Acombien d'hommes, malheureusement entamés par Fesprit sceptique et incrédule de nos jours, n'est-il pas arrivé de penser, sinon de dire, après avoir visité telle église, assisté à telle cérémonie du culte, entendu la messe de tel prêtre : Si ceqae ces messieurs disent était vrai, s'ils croyaient vraiment que leur Dieu habite dans- le temple, descend sur l'autel, et s'immole dans le sacrifice de la messe coinme au Calvaire, laisseraient-ils l'église, l'autel, le tabernacle, la sacristie, les vases et les ornements sacrés dans cet état de négligence ? Accompliraient-ils avec une si visible insouciance les rites du culte ? Leurs démarches, leurs gestes, leur ton de voix, ne seraient-ils pas au contraire tout pénétrés de la présence du Dieu qu'ils affirment présider en personne à tous leurs mystères? Quel malheur, Messieurs, vous en conviendrez aisément avec moi, quand, par sa faute, on peut autoriser de semblables jugements ! Redisons donc avec notre philosophe : € Les persuadés persuadent », ^^ avec le vieux Synode éduen du moyen âge que je
vous ai déjà cité (1) : Absurdum est in sacrts msti-nere quod esset tndecorum in profanis,
22. Au moment où Monseigneur monte en voiture pour quitter une paroisse, il convient de faire sonner les cloches comme au moment où il arrive. Avertis par ce signal, les pieux fidèles sont heureux de pouvoir s'agenouiller devant leurs demeures, pour recevoir encore une fois la bénédiction de leur Évëque.
23. Je me propose de visiter les bibliothèques cantonales, et de m'assurer auprès de MM. les Archiprëtres si les ordonnances diocésaines, renouvelées et confirmées par le Synode de 1877, sont ponctuellement et universellement exécutées.
24. Pour les repas, je prie instamment mes bien chers Coopérateurs de tenirtrès exactement compte de mes précédentes recommandations à cet égard, et de relire, avec la note qui l'accompagne, l'article 15 du mandement de Mgr de Marguerye, du 21 novembre 1852. [Petit ManueL p. 15.)
Le caractère des temps que nous traversons ; les progrès de la misère publique à la suite d'un hiver exceptionnellement rigoureux ; les besoins croissants des œuvres de zèle et de charité, menacées ou compromises par de trop flagrantes hostilités : tout nous fait un devoir de la plus grande simpli-
(1) Circulaire du 15 juin 1878
cité dans les repas donnés à l'occasion soit de la visite pastorale, soit des conférences du clergé. Ici encore, évitons avec le plus grand soin an contraste choquant entre nos manières d'agir' et les enseignements que nous adressons aux fidèles sur la pauvreté et sur la mortification . De tout temps, les hommes ont été enclins à nous juger avec autant de légèreté que de sévérité. Ils ne vont pas, et très souvent ils ne peuvent pas aller jusqu'au fond des choses. Les dehors leur suffisent pour apprécier, louer ou censurer notre conduite, et c'est pour cela que l'Âpfttre nous, recommande si instamment € d*éviter les apparences fâcheuses, c d'édifier le prochain, et d'enlever à nos adverc saircs tout prétexte de dire du mal de nous (4). » Redoublons, Messieurs et chers Coopérateurs, de vigilance et de zèle, de prudence surnaturelle et de courage. Assurément, il ne faut pas s'alar* mer outre mesure ; mais il ne faut pas non plus
s'endormir dans de naïves illusions. Écoutons les avertissements de nos pères dans la foi : Instaburi tempora periculosa, eruîit homines seipsos amantes cupidi, elati^ biasphemt... (2). Venient Ulusores^
(1) Ab omni specie mala abstinete vos. (1 Thess. V, 22.) Ptotîdentés bona non tantam coram Deo, sed etiam ooram hominibofl» (Bom. XII, 17.) Ut 18, qui ex adverso est, vereator, nUiil habeni maloxD dicere de nobis. (Tit. il, 8.)
(2) II Tim. III, 1, 2.
ambulantes in impietatibus, animales^ spiritum non habentes (1). Écoutons surtout la parole du Maître : Audituri estis prmlia et opiniones prœliorum. Videte ne turbeminL — In mundo pressuram habebitis ; sed confidite, ego vici mundum (2).
Les mauvaises passions qui font la guerre à rÉg^ise ne sont pas d'hier. Ne nous laissons ni décourager ni troubler. Nous travaillons , nous combattons, nous souffrons pour la plus grande de toutes les causes : l'honneur de Dieu et la liberté des âmes. Au milieu même des plus douloureuses difficultés ou des plus pénibles angoisses^ redisons comme le prophète , en nous adressant au Pasteur suprême, modèle, force et consolation de tous les pasteurs de son Église : Ego non sum turbatuSj te Pastorem sequens; spes mea tu in die
afflictionis (3).
Oui, Messieurs, adhérons invinciblement à Notre-
Seigneur Jésus- Christ, et protestons-lui chaque jour, dans le secret de la prière comme dans les labeurs de Fapostolat, que rien au monde, « ni tribu- «lation, ni angoisse, ni péril, ni persécution (4) » ne pourra nous séparer de Lui, en qui je demeure votre très religieusement et affectueusement dévoué.
(1) Ep. Cath. Jud. 18, 19.
(2) Matth. XXIV, 6. — Joann. xvi, 33.
(3) Jer. XVII, 16, 17.
(4) Rom. VIII, 33.