‹ Œuvres pastorales et oratoiresChapitre 3 sur 57 · II · texte numérisé non relu

II

Pape : il fait bon être faible, pourvu qu'on soit entre les mains de Dieu, car une telle faiblesse est plus forte que toutes les puissances de la terre : Infimui mundi, contemptibilia mwidi elegit Deus^ etea quœ non stmt^ ut ea quœ sunt destruerei.

Ainsi, N. T. G. F.^ avons-nous trouvé dans les paroles du Souverain Pontife le commentaire le plus autorisé des événements au milieu desquels se débattent, contre les passions humaines, les droits de la papauté : et ces mêmes paroles nous rappelaient comment, depuis saint Pierre, les chrétiens de tous les temps ont cherché dans un filial abandon à la Providence le secret de vaincre la mauvaise fortune et de se montrer supérieurs à la violence ou à la trahison !

Saint Pierre I Qu'il est bon de suivre ses traces dans cette Rome qu'il a évangélisée et gouvernée» où il est mort et où repose son corps sacré, tandis que son esprit et son autorité revivent dans ses successeurs !

Ici, il est entré dans la ville des Césars, et il s'est établi, pour commencer l'œuvre de son apostolat, dans le quartier des Juifs, dans ce Ghetto dont Pie IX, à son avènement au trône pontifical,

faisait tomber les barrières et supprimait les antiques servitudes.

Là, au commencement de la Voie Appiennc, au moment où il allait quitter Rome pour fuir la persécution, il a rencontré le Sauveur traînant

^r fiies.épaules une lourde croix, et illui a dit : Seigneur, où allez-vous? Domine, quova4is{i)'ihQ Seijfoearlji^i a répondu : « Je vais à Rom^ pour y être çmciÇjé de nouveau. :» Pierre acompris. Il est reolrédaOB Ronxe. Il y ç^ été crucifié, dans §a.personne d'abprdy p.uis, un grand nombre de fois, dans la pei^nne de 3cs .successeurs.

Ailleurs^ au pied même du Capilole, là où, avant lai, Jugurtha et les complices de Catilina avaient été égorgés, Pierre a été enfermé dans le sombre et affreux cachot de Ja prison Mamertine. Nous y sommes descendu à sa suite. Nous avons médité avec lui sur les conditipns dansl^squelles il faut accepter et remplir le ministère de l'apostolat, si] Ton est fermement, décidé à prêcher aux païens de tous les temps le mystère de Jéçus crucifié et à n'écouter icibas que sa conscience, son honneur et son devoir.

Plus loin, sur le sommet du Janiculc, en face de l'éblouissant panorama de la grande cité, toute baignée dans rincomparablc lumière du ciel d'Italie, c'est le lieu où l'Apôtre a été attaché à la croix la tète on bas.

Enfin, dans cette église do Saint-Pierre-aux- Liens où se gardent les chaînes du prince dos Apôtres ; dans ces catacombes de Saint-Sébastien

(I Uae petite chapelle, située h l'entrf^n de la voie Appienne, non loin des catacombes de Saint-Crtlixtc et de Saint-Sébastien, perpHue pour les pèlerins ce touchant souvenir de l'apostolat de saint Pierre à j omc.

Mgr Perbaud. — Œuvred, t. II. 2

oà scMPi GOrps a reposé pendant quelque temps à edté de eelui de saint Paul ; à cette confession de ta grande Basilique vaticane où il est maintenant ensereli ; aux pieds de cet évèque de Rome, son smcesseur, qui scelle de Tanneau du pécheur tous les actes de sa puissance pontificale, nous avons repassé d'esprit et de cœur ces paroles dont la vérité n'est pas moins saisissante dans l'histoire de Pie IX que lorsqu'elles partaient de cette cité, il y a dix-huit siècles, pour aller fortifier dans le monde, par l'autorité du premier des Papes, les chrétiens de l'église naissante.

4L C'est une grâce si, pour Dieu et pour la cons- «r cience, on souffre eton est victime de l'injustice.

€ Il n'y a pas de gloire pour un coupable à être « souffleté et puni ; mais d'avoir fait le bien, et « d*en être récompensé par la persécution, c'est « Hne grande grâce devant Dieu.

« Telle est, d'ailleurs, la vocation des chrétiens: « car Jésus-Christ a souffert pour nous, et nous a « laissé son exemple pour que nous marchions sur « ses traces; lui qui n'avait pas fait de péché, « dont les lèvres étaient pures de tout mensonge, ff et qui, maudit et frappé par les hommes^ « n'a répondu ni à leurs malédictions ni à leurs c blasphèmes, mais s'est livré sans résistance à « des juges iniques (1). ï>

(I) pt" Ki.itre de suint Pierre, ch. ir.

Vous le voyez, N. T- C. F., les plus antiques

feçons de nos Pères dans la foi sont toujours

opportunes: elles ne vieillissent pas avecles siècles;

et jusqu'à la fin des temps il sera nécessaire de les

méditer, parce que jusqu'à la fin des temps, à

l'exemple du Christ et de ses vicaires sur la terre,

Je chrétien qui voudra être fidèle à sa conscience

et à son Dieu sera en proie aux outrages, aux

persécutions et aux injustices des hommes !

Heureux quand, solidement formé à Técole des Apôtres et des martyrs, il pourra dire comme un héros de ce siècle, cet immortel Lamoricière, dont le dévouement au Saint-Siège honora la France et c^msola Pie IX aux jours de ses grandes épreuves : ce II y a une gloire qui est au-dessus de la gloire, « la gloire d'être vaincu pour le Christ, supérieure « à la gloire de vaincre pour le monde (1). »

Nous tenons aussi à vous faire savoir, N. T. C. F., avec quelle paternelle condescendance le Souverain Pontife daigna nous interroger sur notre diocèse, et particulièrement sur la situation de nos établissements d'éducation ecclésiastique. Vous savez combien, depuis notre arrivée parmi vous, nous nous sommes nous-mêmes préoccupé de cette partie si importante de notre administration

.; 1 ' Cette admirable parole fut dite par le général apr" s les jotjmées de Casteltidardo et d'An cône.

épisoopale. Il a donc été pour nous d'une consolation pleine d'encouragements de constater combien nos propres sollicitudes étaient d'accord avec celles du Vicaire de Jésus-Christ.

S'il est en effet un intérêt qui prime tous les autres pour la sainte Église catholique, c'est* d'assurer le recrutement des ministres du sanctuaire ; c'est de favoriser l'éclosion des bonnes et légitimes vocations ; c'est d'entourer de toutes les^influences de la piété et de tous les secours de la science sacrée les enfants et les jeunes hommes qui devront un jour entrer dans les rangs du sacerdoce.

Aussi, N. T. C. F., n'en doutez pas, vous ferez une œuvre particulièrement appréciée du Souverain Pontife, toutes les fois que vous aiderez votre Évêquc et répondrez à ses appels en faveur des séminaires et autres établis&ieinents ecclésiastiques du diocèse. Ne restez pas étrangers, à 4.es sollicitudes auxquelles le Vicaire de Jésus-Christ et votre premier Pasteur donnent une si jsérieuse, et si* continuelle attention. Rappelez- vous que, dans les tristes jour» où nous sommes, tout est conjuré contre le sacerdoce ; que les ennemis do l'Église ne négligent rien pour en tarir ou pour en altérer les sources ; et que, si le plus pressant devoir des évêques est d'en assurer . la fécondité, vos plus cliers intérêts sont intimement liés à la question du recrutement et de la formation d'un nombreux et saint clergé.

our les aider de vos coiisoils & faire choix

ID élat. Osoz regarder la vocation ecclésiastique

le grâce privilégiée pour ces enfants

Ucn-ai

î leur

z pas systémaliquemenlles carrières humaines comme l'unique empiordo la vîo. Si, malgré lasinciritéde vos désirs, Dieu n'accorde pascelte grâce. ft votre foyer domesliqne, regardez-vous comme engagés d'honneur h nqiplécr par tous les moyens passibles h eut imp6l ' dotangdont toutes les familles chrétiennes deyrvfnt payer leur part, puisque toutes attendent et reçoivent du sacerdoce catholique le baptême, la rémisaion des pécliés, le don de l'Eucharistie, la bénédiction nuptiale, les suprêmes coi^solations de lamorl et l'inviolable fidélité d'un souvenir tous le» jours offert pour elles au sacrifice de l'autel.

Vous savez faire la charité quand il s'agit, des pauvres ; et nous vous en avons félicités plus d'une toi». Faites-la, avec plus île largesse encore, quand il s'agit de nos séminaires, de nos écoles cléricales, du nos ntailrises, et sachez que, dans ce cas, c'est k vous-mêmes et à vos ûmes que vous la faites> tout en procurant, de la façon la plus intelligente et la plus sûre, l'honneur de Dieu et l'i^vènenient de son règne sur la terre.

En vous parlant de charité, N.T. Ç, F., nous ne pouvons pas vous laisser ignorer combien le Sainl-Père s'est montré ému du témoignage que

nous lui avons donné de la vôtre, quand nous lui avons remis de votre part Toffrande diocésaine du Denier de Saint-Pierre.

Aux remercîments les plus délicats pour ce don de votre piété, Sa Sainteté joignit d'autres paroles à l'adresse de la France, toujours si empressée, si filiale dans l'infatigable générosité avec laquelle elle secourt la glorieuse détresse du Père commun des fidèles.

Enfin, N. T. C. F., nous vous avions promis de vous porter dans notre cœur au moment où la bénédiction du Vicaire de Jésus-Christ pous serait accordée. C'est donc pour nous un devoir, en même temps qu'une joie, de vous envoyer à tous et à chacun votre part de cette sainte bénédiction.

Nous étions humblement prosterné devant ce petit lit où la majesté du souverain Pontificat éclate sous les abaissements de l'infirmité humaine. Le Pape se recueillit un instant ; puis, d'une voix solennelle, pleine de puissance et de douceur, il prononça en latin les paroles que nous allons vous traduire :

<C QUE LA BÉNÉDICTION DU DIEU TOUT-PUlSSANT , LE « PÈRE, LE FILS, LE SAINT-ESPRIT, DES^NDE <c SUR CET ÉVÊQUE, € SUR SON CLERGÉ,

« SUR TOUTES LES MAISONS REUGIEUSES DE SON DIOCÈSE, « ET SUR TOUT SON PEUPLE 1

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