QUI ONT SUI7I LES BETBAITE8 PASTORALES DE
(29 SEPTEMBRE MDCOCLXXIX)
Messieurs et chers Coopérateurs,
J'ai hâte de partager avec tout le clergé du diocèse les consolations abondantes dont il a plu à Dieu de nous combler à l'occasion de nos retraites pastorales. Je suis assuré de n'être démenti par aucun de ceux qui ont eu le bonheur d'y prendre part, si je dis que ces édifiantes réunions ont été visiblement bénies par le Seigneur.
A l'heure même où les ennemis de TÉglise se flattent de créer l'antagonisme et la division entre le clergé paroissial et le clergé régulier, il nous a
été pariicalièrement doux de constater jusqu'à quel point nos bien-aimés coopérateurs ont su apprécier le zèle et le dévouement avec lesquels deux religieux, un fils de saint Alphonse de Liguori et un fils de saint Ignace, sont venus mettre au service de nos âmes leur longue expérience des voies de Dieu, et leurs méthodes si pratiques pour réaliser la perfection sacerdotale.
Ils ont disparu, ces jours de recueillement et de sainte solitude passés dans Tasile toujours cher du grand Séminaire ! Ils sont terminés, ces exercices salutaires qui groupaient autour de la chaire de ces hommes apostoliques des prêtres avides d*entendre la parole de Dieu, empressés à la méditer, décidés à en faire plus que jamais la règle de leur vie, Taliment de leur piété, la lumière de leurs conseils, l'arme sacrée de leurs luttes, Tineffable et sûre consolation de leurs épreuves i Chacun maintenant est revenu à son poste de travail et de combat, mais avec un nouvel amour pour la vérité, un courage retrempé aux sources les plus pures de la foi, un plus entier et plus généreux dévouement aux intérêts sacrés du règne de Dieu, un sentiment plus vif de ses devoirs et de ses responsabilités envers TÉglife, un désir plus ardent de se sanctifier davantage pour être plus capable de sanctifier les âmes : Pro eis ego saticti/ico meipsum (1).
(1) Joann. xyti, 19.
Nous vous Favons dit à plusieurs reprises , Messieurs et chers Coopérateurs, pendant ie cours de ces saints exercices, et nous aimons à vous le répéter, en étendant cette assurance à tous ceux d'entre vous qui n'ont pas pu cette année participer à la grftce de la retraite : nos pensées, nos vœux, nos prières n'ont cessé de vous environner poiir attirer sur vous la plus grande abondance possible des dons de Dieu et la fidélité qui sait les faire fructifier !
Après tout, y a-t-il au monde une seule chose qu'un évèque puisse avoir plus à cœur que les constants progrès de ses prêtres dans les voies de la perfection sacerdotale ? Nous vous le disons une fois de plus, Messieurs, cette question décisive vous donne le secret de nos plus constantes sollicitudes, et si parfois elle est pour nous la cause d'intimes et poignantes douleurs, à elle aussi nous devons nos joies les plus profondes et les plus sacrées, suivant cette parole de l'apôtre saint Jean qu'il nous est bien doux dé vous adresser aujourd'hui : Majorera horum non habeo gratiam quam ut audiam filios meos in vertiate ambuiare (1).
Que ne puis-je, Messieurs et chers Coopérateurs, vous résumer, pour les faire rayonner dans tout le diocèse, les enseignements qui ont été donnés à
(1) mJcMum.,4.
nos ftmes pendant ees semaines bénies ! Ce serait étendre et perpétuer le bien considérable dont nous sommes redevables à Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a daigné nous instruire et nous exhorter par la bouche de ses envoyés : Tanquam Deo exhortante per nos (1).
Mais un tel travail dépasserait de beaucoup les limites dans lesquelles je dois renfermer la présente communication, dont je veux d'ailleurs surtout profiter pour appeler ou réveiller l'attention de toute notre famille sacerdotale sur plusieurs questions importantes.
Lorsque, dans une récente circulaire, écrite à la suite de la visite pastorale de la présente année (n^ 52, p. 7)^ j'ai demandé à MM. les Curés, conformément aux ordonnances de mes vénérables prédécesseurs, de faire relier la collection des mandements et actes épiscopaux, j'ai dit qu'une des raisons de cette mesure était de donner aux prêtres du diocèse le moyen de se référer facilement, en cas de besoin, à telles ou telles prescriptions disciplinaires ou liturgiques à l'exécution desquelles les évêques ont le devoir strict de veiller.
Je suis revenu sur cet avis dans un des entretiens de nos retraites.
Aussi bien, en ce qui touche à la discipline et à
(l) u Oor. ▼, 20.
lalitargie, nous n'avons point à innover^ mais à faire observer exactement ce qui est prescrit. Les règles essentielles, relatives à ces deux grandes parties de la vie sacerdotale, ne sont pas en très grand nombre, et lorsqu'une fois l'autorité compétente a signalé les abus à proscrire ou les lacunes à combler, il faut lui éviter des redites qui feraient supposer, de la part de ceux auxquels elles s'adressent, négligence ou inattention.
Il serait donc très désirable que, de temps en temps. Messieurs les Ecclésiastiques voulussent bien relire les lettres épiscopales où ces questions sont traitées, et donner tous leurs soins & en exécuter ponctuellement toutes les prescriptions (1).
Pour faciliter ce travail, j'ai indiqué rapidement, dans une des allocutions des retraites, les documents auxquels nos chers Coopérateurs feront bien de revenir par ces lectures périodiques, destinées à leur rappeler les principales recommandations de Tautorité épiscopale (2).
(1) A fortiori ces obaenratlonfl et reoommandationB s'appliquent au recaeil complet de nos statats sjnodaax, dont la noaveUe édition, amendée d'après le Synode de 1877» paraîtra dans quelques semaines.
(2) Belegat fratemitas tua paginas nostras, omniaqne ad tuos emissa majores scripta percnrrat, et Tel a me, Tel a precesKyrlbas meis inveniet ordinatum, qnod a te cognovimus esse piMSomptum. (S. Léon, M. Bpist. ad Anast. Thess. Episc. Ed. BaUerinif 14, al. lS,c. I.)
En résumant rapidement, devant MM. les reirai- . ianis, le compte-rendu de FŒuvre de la Propagation de la Foi pour Tannée 1878, publié par M. Tabbé Martin, chanoine honoraire et directeur diocésain, j'ai eu la grande joie de constater, pour rhonneur du clergé et des fidèles^ les progrès si consolants accomplis depuis trois ans. En 1877, il y avait encore cinquante paroisses où l'Œuvre n'était pas établie. Il n'y en avait plus que vingtcinq en 1878 (1). Je voudrais espérer qu'il n'y en aura plus une seule en 1879. Quel pasteur, zélé pour l'extension de TÉvangile et le règne de la vraie religion en ce monde, voudra s'exposer à l'humiliation de demeurer le dernier sur la liste des abstentions ? Pour échappera cet inconvénient, il faut que, dès maintenant, MM. les Curés des vingt-cinq paroisses signalées dans le compterendu comme étant encore étrangères à l'Œuvre fassent un effort immédiat afin d'entraîner leurs paroisses dans le mouvement général. Le plus sûr moyen de ne pas rester en arrière, c'est de faire le possible pour devancer les autres, non certes par un sentiment d'humaine vanité, mais en obéissant à la grande loi de l'émulation souvent invoquée par Fapôtre saint Paul dans ses exhortations aux fidèles : JEmulamini charismata meliora (1). Secta-
(1) Compte-rendu, p. 3.
(2) I Cor. XII, SI.
Mgr Pebbâud. — Œavrerf, t TT. 33
mini caritaiem ; œmuhmim spiritalia (1). Bonum œmulamini m bono semper (2).
Le diocèse d'Autun occupait, en 1876, le cinquante-quatrième rang dans Téchelle générale des souscriptions des diocèses de France. En 1877, il était monté au trente-neuvième. Il s'est placé an vingt-neuvième en 1878. Je m'associe de toute mon âme au vœu formulé par notre zélé directeur, et je dis avec lui : « Puisse-t-il s'élever encore, (( puisque ce serait la manifestation d'une charité « plus grande (3) 1 »
J'attends des progrès parallèles pour l'Œuvre de la Sainle-Enfance et je renvoie, en ce qui la concerne, à ce que j'en ai dit dans la Lettre circulaire du 12 juin 1879.
J'ai dû, pendant les retraites, entretenir MM. les ecclésiastiques des difficultés croissantes qui nous sont suscitées de toutes parts au sujet des écoles congréganistes. Les ennemis de l'Église ont évi- , demment choisi comme premier champ de bataiQe le terrain de l'éducation. Il est permis d'en être affligé : il faut n'en être ni déconcerté ni surpris. Mettre la main sur les jeunes générations est éndemment pour eux un intérêt de premier ordre,
(1) lOor. XIV, 1.
(2) Gai. IV, 18.
(3) Compte-rendu, p. 3.
puisque, s'il leur était donné d'être victorieux sur ce point, cette victoire les rendrait maîtres de Tavenir.
Nous ne saurions apporter à cette lutte inévitable trop de prudence et de courage réunis. La prudence sans le courage dégénérerait aisément en pusillanimité et en abdication du devoir. Le courage sans la prudence pourrait devenir une témérité compromettante pour les intérêts mêmes qu'il s'agit de sauvegarder. Ne cessons pas de demander à Dieu dans nos prières le tempérament nécessaire de sagesse et de force, de douceur et d'énergie avec lequel nous devrons déjouer de perfides menées^ arrêter à temps des démarches insidieuses, résister inébranlablement sur le terrain légal à d'injustes agressions. Videte, fratres, quomodo caute ambtdetis (Y). De cœtero, /ratreSy confortamini in Domino et in potentia virtutis ejus (2). Fortiter etsuaviter (3).
Pratiquons d'abord pour notre compte personnel, et recommandons instamment aux Frères et aux Sœurs de nos écoles l'observation scrupuleuse des règlements scolaires. A l'égard des enfants^ ni familiarité, ni rudesse ; ni caresses indis-
(1) Eph. V, 17.
(2) Eph. VI, 10.
(3) Sap. VIU, li
crêtes, bien qu'innocentes dans l'intention ; ni punitions corporelles, si légères qu'elles soient.
Nous sommes dans un temps où la moindre infraction à ces règles peut entraîner les plus graves inconvénients.
Une fermeture d'école peut être la conséquence d'une vivacité non réprimée; quant aux autres imprudences, exploitées comme elles le sont très souvent par la malveillance et la calomnie, elles peuvent mettre en question l'honneur même du sacerdoce et de l'habit religieux. Videte, fratres^ quomodo caute ambuleiis.
Plusieurs Curés nous ont demandé quelle conduite ils devaient tenir à l'égard des nouvelles écoles fondées dans leurs paroisses, soit en concurrence, soit en opposition directe aux écoles congréganistes.
Voici notre réponse :
De deux choses l'une : ou l'enseignement donné dans ces nouvelles écoles est conforme aux règlements scolaires qui prescrivent l'étude du catéchisme et la présence du crucifix dans les salles de classes ; ou bien les nouveaux maîtres font profession ouverte de dispositions et de pratiques antireligieuses.
Dans ce second cas, MSf . les Curés devront évidemment s'abstenir de fréquenter ces écoles.
Dans le premier, ils continueront à exercer les droits et à remplir les devoirs de surveillance dont
la loi les investit, et ils agiront avec une impartialité toute pastorale à Tégard des enfants que leurs parents envoient à ces écoles, en ne perdant pas de vue: i^ que ces enfants ne sont pas responsables du choix fait par leurs parents ; 2^ qu'ils ont au moins aussi besoin que les autres des soins et des sollicitudes de notre paternité spirituelle. Personne ne saurait blâmer cette impartialité, et en plus d'une circonstance, cette sage et bienveillante attitude fera tomber les préventions qu'on exploite de nosjours avec tant de perfidie contre nos personnes et contre notre ministère.
Nous vous renouvelons. Messieurs et chers Coopérateurs, la recommandation de nous prévenir sans retard, aussitôt qu'une difficulté se présente ou qu'un conflit administratif menace de naître dans vos paroisses, soit sur le terrain de l'enseignement, soit sur toute autre question mixte. Ces affaires sont généralement délicates et compliquées. Prendre conseil avant de les engager a toujours été utile : aujourd'hui, cela est indispensable. Une seule fausse démarche peut compromettre irrémédiablement une négociation importante et devenir la cause d'un échec. Concertons donc nos efforts. Messieurs et chers Coopérateurs, afin de les rendre plus efficaces pour le bien et d'opposer aux mauvaises passions qui savent se discipliner dans leurs attaques contre l'Église la sainte cohésion de Pautorité et de l'obéissance, de la charité
et du zèle, de la sagesse qui préside aux conseils et de l'action dans laquelle le courage s'unit à la prudence et la mesure à l'élan.
Ayons également soin de maintenir dans une totale indépendance des vicissitudes, des agitations et des querelles de la politique, le labeur tout surnaturel de notre apostolat. Ce point est de grave conséquence, et nous n^hésitons point à vous répéter des paroles que nous prononcions naguères sur ce sujet délicat, et à propos desquelles nous avons eu laconsolation de recevoir les plus hautes approbations et les encouragements les plus autorisés :
« Fidèle à ses constantes traditions, — disions- « nous, — et poursuivant toujours à travers toua tes les vicissitudes de ce monde les intérêts supé- (( rieurs d'une autre vie, l'Église n'a jamais refusé ni « sa bienveillance, ni son concours, aux gouveme- <c ments, toutes les fois que ceux-ci ont consenti « à respecter son divin mandat d'apostolat et d'en- « seignement. A vrai dire, sa politique est de n'en c< point faire, et sa force de ne toucher aux ques- (( tions du temps que dansleurrapportavecréternité.
< Dans la sphère où s'agitent les passions hua maines, la diversité des vues est un principe « inévitable de divisions et de conflits. Dans la <K sphère supérieure où se décidentles destinées des « âmes, les querelles de parti n'ont plus qu'une (( importance secondaire ; et l'Église, qui se sent
« redevable de son action à tous les lieux et à tous « les temps, se garde bien d'aliéner l'indépendance « nécessaire de son ministère en s'inféodant exclu- « sivement à telle ou telle forme des constitutions « politiques.
« D'ailleurs, dans une société où tout est si « mobile, et où ce qu'on acclamait hier comme le « dernier mot du progrès sera qualifié demain d'ins- « titulion surannée et congédié pour faire place à « des idées nouvelles, il est bon, disons plus, il est « nécessaire que l'Église fasse hautement profession « d'aimer tous les hommes, de servir tous les « hommes, de se dévouer pour tous les hommes, « quelles que soientles institutions sous lesquelles « il leur plaise d'abriter leurs destinées temporelles, €• et sous la seule et expresse réserve du respect « de ses droits et de ses libertés.
<c Sur ce point capital, le langage des évêques « est unanime : et il faut toute la puissance du « parti pris pour ne pas rendre hommage à la « loyale attitude dans laquelle nous avons déclaré « vouloir demeurer, à la condition qu'on respecte- « fait le caractère sacré de notre mission, et qu'on ce ne joindrait pas l'hypocrisie à la violence enmu- « tilantou supprimant la liberté nécessaire denotre « ministère par la triple scandaleuse violation de la « liberté, de l'égalité et delà fraternité (1). »
(l) Discours prononcé le 29 juillet à la distribution
Pour confirmer, s'il en était besoin, celte déclaration de principes, nous mettrons sous vos yeux« Messieurs et chers Coopérateurs, les passages suivants d*une allocution synodale récemment prononcée au milieu d'une nombreuse assemblée ecclésiastique par rÉminenlissime cardinal-archevêque de Cambrai, ce vétéran de Tépiscopat, dont toute rÉglise de France admire depuis si longtemps, avec la haute et ferme sagesse, Tinviolable dévouement aux doctrines du Saint-Siège :
« Est-il vrai, — se demande l'illustre successeur « de Fénelon, — est-il vrai que nous soyons (c opposés systématiquement et de parti pris aux (c institutions qui nous régissent ?
«< Nous disions à une autre époque, et dans un « autre diocèse (1) : c Ni les doctrines, ni les « institutions franchement et sagement libérales, (C n'ont rien, en elles, qui puisse exciter nos « craintes et provoquer nos répulsions. Parmi les « constitutions si diverses qui régissent les Etats, « rÉglise accordera toujours sa prédilection à celles « qui, selon les temps et le génie des peuples, proa cureront le plus grand bien au plus grand nombre. « Elle se plie et s^adapte à toutes les formes de
des prix du collège de JalUj. Voir ploa liant, p. 473, (i) Le diocèse d'Angoalètne, qae Mgr Hegnier a goaTemé de 1842 û l8ô().
c< gouvernement, parce qu'il faut qu'elle porte par- € tout la vérité sans troubler la paix publique ; « mais le despotisme a toujours été son plus cruel « ennemi ou son plus dangereux protecteur. Perte sonne n'ignore que, pour elle-même et dans les a institutions qui lui sont propres, l'Église a, dès « son origine, établi ces formes de gouvernement ce et d'administration que les sociétés civiles ont si a tardivement adoptées. La liberté ne peut pas « plus lui être suspecte qu'elle ne lui est étrangère ; « elle n'en condamne que l'exagération qui mène c( aux bouleversements et aux catastrophes ; elle € n'en craint que l'hypocrisie, qui est un moyen < calculé de domination exclusive et d'oppresi< sion. >
c Voilà ce que nous disions il y a trente-deux « ans, et ce que nous répétons en toute sincérité « aujourd'hui.
« Nous avons chaque dimanche une prière publi- « que pour notre chère France et pour son goutt vernement. Or, la sincérité de cette prière ne « saurait être contestée; car si nous croyons, si « nous enseignons qu'il est toujours défendu de <c mentir aux hommes, nous ne croirons pas qu'il « soit permis de mentir à Dieu.
<c Mais nous sommes opposés aux idées mo- « dernes I
<c En fait d'idées et de doctrines. FÉvangile a nous trace la règle que nous avons à suivre et le
c( choix que nous avons à faire. Tout ce qui est à vrai, tout ce qui est honnête, tout ce qui est « juste, tout ce qui est saint, toutce qui peut ren- «c dre agréables les rapports que nous avons les « uns avec les autres, tout ce qui peut nous perce ter mutuellement au bien, tout ce qui est loua- « ble dans le règlement des mœurs, doit être « l'objet de nos pensées (1).
« Voilà les idées, toujours vraies, toujours sai- « nés et pures, que nous devons adopter et meta tre en pratique. Elles sont de tous les temps et c s'appliquent à tous les lieux.
c Tout ce qui sera conforme à cette doctrine (c dans les idées qu'on appelle modernes, tout ce « qu'elles renferment de vrai, de juste, de géné- « reux et de noble, nous serons heureux de l'a- <( dopter. Mais tout ce qu'on y mêlera de faux, d*im- « pie et d'immoral, notre foi chrétienne et notre <c patriotisme le repousseront et le combattront « énergiquement et toujours
« Que dire des empiétements qu'on nous impute « et des dangers qu'ils font courir à la société laï- « que ? Fut-il jamais accusation plus dérisoire?
c< En dehors de toutes les agitations politiques, et étrangers à toutes les administrations civiles c< et à toutes les affaires séculières, nous nous
(1) Philip. IV, 8.
« bornons aux devoirs de noire ministère et ne « demandons que la liberté de les remplir.
« Quant à la société laïque, nous la servirons, « malgré ses défiances, ses antipathies et ses oppo- « sitions, en recommandant à tous, et en pra- « tiquant nous-même le respect pour ses magisr< trats, l'obéissance à ses lois, pourvu qu'elles ne « soient pas contraires à la loi de Dieu, le dévouea ment à la patrie et le soulagement affectueux « de toutes les souffrances.
« On se plaint qu'il se forme en France, par « le fait de l'éducation qui se donne dans nos c( maisons congréganistes, deux nations étran- « gères l'une à l'autre, et & la veille de devenir <c hostiles entre elles.
< Nous déplorons ce dualisme, mais il ne vient « pas de nous. Nous sommes restés ce que « nous étions et nous resterons ce que nous som- « mes, — Partout où l'éducation sera sans prince cipes fixes, sans enseignement religieux et mo- « rai bien défini et solidement arrêté, il y aura a désarroidanslesintelligcnces,et, en germe, d'inén vitables dissensions sociales. L'unité ne pourra c< se refaire et se maintenir que parle retour à nos « divines et immuables doctrines.
c Nous atténuerons du reste, autant que nous « le pourrons, un mal qui s'est fait malgré nous c et contre nous. Au milieu des divisions et des a animosités qui troublent le temps actuel, au
€ milieu des erreurs qui se multiplient sous toutes <i les formes et se répandent de toutes parts, <c nous ne cesserons de dire, comme le prophète.
< à tous ceux qui voudront nous entendre : « Ai- € mez la paix et la vérité ]>. Pacem et veritatem « diligite (1). Aimez la paix : qu'elle demeure ce inaltérable entre chacun de vous et tous cem € qui sont vos frères en Jésus-Christ ; qu'il n'y ait <c parmi nous ni ces animosités, ni ces dissenti- <i ments, ni ces jalousies qui excluent du royaume « des cieux. Qu'il y ait tolérance réciproque entre <L ceux dont les opinions sont divergentes et les <c principes politiques opposés ; c'est déjà trop que (t les esprits se divisent; au moins que les cœurs <K soient exempts de haine et d'aigreur.
<i En tout ce qui tient à la vie civile, aux r^- € ports sociaux, qu'il y ait de votre part nonseua lement tolérance etpaix, mais charité prévenante
< et dévouée envers ceux qui ne partagent pas « votre foi religieuse, et qui sontséparés de vouspar « leurs préjugés et leurs erreurs. Pacem diligite.
« Mais, pour qu'il ne dégénère pas en une <i coupable indifférence en matière de religion, cet « amour de la paix ne devra jamais être séparé de c celui de la vérité. Aussi dirons-nous à nos c fidèles, lorsque des défections et des apostasies
< vous scandaliseront, que votre attachement à la
(1) Zach. VIII, 19.
c foi catholique, à la foi de vos pères, se ranime et c se fortifie ! Mettez votre honneur àlaprofesserhauc temcnt, votre courage à pratiquer les vertus c qu'elle commande. Veritatem diligite.
« Tel est, vous le savez, Messieurs et chers « Coopérateurs, et tel restera notre enseignement. « Nous veillerons à ce que rien dans notre con-
< duite ne le démente.
<L Nous sommes donc bien, quoi qu*on en dise.
< de notre pays, de notre temps. Par la fiidté de € nos doctrines et lasùreté de notre enseignement, c par notre répulsion pour les théories fausses et c corruptrices dont on sature nos populations,
< nous sauvegardons, autant qu'il est en nous,
< l'avenir de ce pays, qui nous est profondément c cher et dont les dangers nous alarment.'»
A la fin de cette même allocution, le vénérable cardinal rappelle aux membres de son clergé dans quelles dispositions ils doivent exercer leur ministère, eu égard aux difficultés des temps que' nous traversons.
Ici encore. Messieurs et chers Coopérateurs, nous ne saurions mieux faire que de vous répéter les conseils'donnés à son clergé par le cardinalarchevêque de Cambrai. Ils sont absolument identiques à ceux qu'en plusieurs occasions nous ont dictés pour vous le sentiment des mêmes devoirs et l'appréciation des mêmes difficultés.
« Avant tout , nous éviterons toute préoe- « cupation inquiète au sujet de l'avenir. Nous ré- (c citerons, avec une foi plus vive et une confiance « plus ferme que jamais, ces paroles d'un psaume « qui fait partie obligée de notre prière de « chaque jour : « Celui qui demeure sous Tassis- <K tance du Très-Haut se reposera sous la protec- (c tion du Dieu du Ciel. Il dira au Seigneur : Vous « êtes mon défenseur et mon refuge. Le Seigneur « est mon Dieu, et j'espérerai en lui (1) ».
« En présence des excitations, devenues meur- (( trières,delapresseantichrétienne contre le clergé, c< nous rappellerons les paroles fortifiantes qu'ace dressait saint Pierre aux premiers fidèles, et qui « resteront spécialement applicables aux prêtres a dans toute la suite des temps : « Ne vous étonnez « pas, mes très chersFrères, des épreuves que vous (c avez à subir, comme si quelque chose d'ertraor- (c dinaire vous arrivait. Vous êtes bien heureux <c si vous souffrez des injures et des diffamations <c pour le nom de Jésus-Christ , parce que l'honneur, «c la gloire, la vertu de Dieu et son esprit reposent « sur vous (2) ».
(( Le temps actuel est dur sans doute et menaçant « pour la religion ; mais nous avons vu dans le
{1} P& LZZXII, 2.
(2) I Petr. IV, 22.
« cours de ce siècle même des jours plus mau- « vais.
<c Mieux vaut la guerre actuelle que la dédaicc gneuse et morte indifférence d'autrefois.
(c Dans la mesure de liberté qui nous sera lais- (( sée, nous exercerons notre ministère pastoral « très prudemment^ mais imperturbablement.
« Lorsqu'il s'agira de rapports sociaux, nous « réglerons notre conduite sur l'enseignement « de l'Évangile. Nous vivrons en paix, autant qu'il « sera en nous, avec toutes sortes de personnes ; « nous ne rendrons à qui que ce soit injure pour « injure, ni malédiction pour malédiction. Nous <c n'oublierons pasque, si nous n'aimions que ceux <c qui nous aiment et si nous nous bornions à saluer H nos frères, nous ne ferions que ce que font les « païens eux-mêmes (1).
« Mais aucune considération humaine ne devra « nous arrêter quand il s'agira du salut des âmes « confiées à notre sollicitude et placées sous <( notre garde.
« Que chacun de vous donc. Messieurs et chers
« Coopérateurs, s'appliqi.e à lui-même les instan-
« tes recommandations que le grand apôtre adres-
(1) Matth. V, 46, 47.
< sait à son disciple Titnothée : Tu vero vigila, m € omnibus labora^ opus fac evangelistœ^ mmistec rium tuum impie (i).
- c Tu vero vigila. Veillez sur vos paroisses et sur c vos cantons; veillez sur vos écoles surtout. Vous c avez à remplir, eh ce qui concerne Téducation
< chrétienne des enfants, une mission dont on
< pourra bien entraver Tesercice, mais qu'aucune c administration séculière ne pourra vous enlever. c Veillez sur vos réunions dominicales de jeunes c filles, sur vos patronages de jeunes gens, sur c vos cercles catholiques d'ouvriers, pour y maintec nir la régularité, la décence, Tesprit chrétien, la c charité fraternelle.
< Ces moyens de préservation religieuse sont € absolument nécessaires dans les temps actuels. c Ne négligez aucun soin, ne craignez aucun sa* <L crifice . pour les créer là où ils n'existent pas € encore, pour les soutenir et les développer là où € ils sont heureusement établis.
« In omnibus labora. Supportez courageusement
< les fatigues attachées à vos fonctions pastorales, c Que les malades et les pauvres soient toujours € Tobjet de vos sollicitudes les plus tendres et les « plus empressées. On peut appliquer au curé de € chaque paroisse ces paroles du psalmiste: TiAi
(1) Tim. IV, 6.
a derelictus estpauper^ orphano tu eris adjutor (1). € On pourra bien VOUS exclure des assemblées « où se traitent leurs intérêts temporels^ mais on « ne pourra vous enlever la délégation que vous « avez reçue du Ciel à l'effet de soulager leurs souf* « frances.
€ Opus fac evangelistœ. Cette obligation de prê- « cher la parole de Dieu, vous la remplirez per- » sonnellementpar vos catéchismes et vos prônes; ce pour vos retraites et vos missions paroissiales, a vous pourrez toujours compter sur le concours si ff dévoué, si affectueux que vous ontprêtéjusqu'ici, « conjointement avec nos prêtres auxiliaires, les « divers Ordres religieux que notre diocèse est heu- « reux de posséder.
« Par qui ce soit qu'elle soit occupée, la chaire « ne fera jamais rien entendre en dehors de l'en- « saignement le plus stricte ment évangélique. Elle « restera absolument étrangère à toutes les affaires « de ce monde, à tous les actes des administrations «c séculières, et surtout à tout ce qui tiendrait de près « ou de loin aux questions politi^ques. Nos statuts « diocésains sont formels à cet égard, et nous en €c recommandons la plus exacte observation.
« Prohibemus neunquam... de negotiis quibus- « cumque sœcularibus et ad regimen civile parochia-
(1) Pb. IX. 38.
Mgr Pebbaud. — ŒaTres, t. II. 34
d rum pef'tinentibus.,. e suggestu verba facere con- « cionatores prœsumatit.
€ Ab omni disceptatiofiepolitica ci ab omnipar- « thim studio vel odio abstineant, N° 119.
« Ministerium tuum impie. C'est par cette der- « nière recommandation du grand apôlre que nous « lermineronscet entretien, Messieurs et chers Coo- « pérateurs.
« Ce ministère, quevousn'avez point cessé d'ho- « norer par une vie vraiment sacerdotale, continuel <t d'en remplir les devoirs en tout et envers tous. « Vous rencontrerez dans son accomplissement des (( contradictions et des difficultés, il faut vousjat- « tendre ; mais si elles peuvent parfois vous cou- « trister, elles ne devront jamais, quoi qu'il arrive, « vous déeouragcr, ni surtout vous aigrir. Au zèle « vous unirez toujoursla patience... Patteniia emm « vobis nece^saria est, ut voluntatem Deifacientes « reportetis prômissionem (1).
Le vénérable cardinal nous pardonnera de lui avoir fait de si larges emprunts. Mais comment ne nous estimerions-nous pas heureux de contribuer, pour notre part, à généraliser des enseignements empreints d'une si profonde sagesse, accrédités par une si longue expérience des choses
^1) Hebr. x, 36.— Allocution synodale de S. K. le cardinalBegnier, archevêque de Ckmbrai, prononcée le 12 septembre 1^7'J*
et des hommes, et où nous trouvons condensée la substance des plus saines doctrines de l'Église sur ces graves et délicates questions?
Nous n'hésitons donc pas, Messieurs et chers Coopérateurs, à recommander à votre plus reli- ^euse attention ces pages que nous pourrions intituler: le directoire du prêtre appelé à exercer son ministère dans des temps difficiles et troublés comme ceux où nous vivons.
Après tout, vénérables et bien-aimés Frères, il appartient à Dieu seul de fixer dans sa sagesse et dans sa puissance l'heure où il rétablira la paix d'Israël (1) en faisant prévaloir le règne de sa vérité révélée et de son Église sur les passions injustes et insensées qui leur font la guerre.
Quant à nous, notre devoir est nettement tracé. Revêtus de cette force d'en haut que nous tenons de notre ordination, que nous renouvelons dans nos retraites, que nous devons maintenir et développer en nous par une inviolable fidélité à l'oraison, par une correspondance de tous les instants à la grâce, par un zèle et une générosité sans bornes pour le service de Dieu et du prochain, nous rendrons témoignage à la sainteté de notre sacerdooe en faisant resplendir dans notre vie l'idéale beauté
de la perfection évangélique, en reproduisant aux yeux de tous les hommes les états, les mystères et les vertus de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
e Laissons, disait saint Grégoire de Nazianie, « laissons les adversaires de l'Église répéter leurs « inepties. Ne nous troublons même pas de leurs tt menaces semblables à d'impuissants aboie- « ments. Et pour ne pas nous déconcerter au mifi lieu de cette guerre, poursuivons notre œuvre « d'enseignement et d'édification. Instruisons nos « peuples à adorer Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu « le Saint-Esprit. Recherchons les brebis perdues; « soignons les malades; gardons et fortifions « celles qui sont en santé (1). »
Assurément, l'Église dont nous sommes les soldats est combattue. Mais la lutte est comme l'essence de sa vie et le fonds de son histoire: et pour repousser loin de nous toute défaillance, tout découragement, rappelons-nous souvent, avec un grand docteur qui fut lui-même un intrépide athlète des droits de Dieu et de la vérité, que « le propre de l'Église, c'est de gagner quand on
(1) Sine eosqui bella gerunt ineptire, atque dedacto rictnhiBR tanquam canes frustra oblatrantes.
Nos autem, ne bello yexemur doce adorare Deam fîatxcBLi
Deum Filinm, Denm Spiritnm Sanctmn c Qaod periit,;^'
m qnire, qaod infirmum est, corrobora ; qnod fimmm est, serr». i (Bzech. zxziv, 4.) — S. Greg. Naz. in consecr. Balai. Dotf. Episc, ro IV.
« l'abandonne ; d'être mieux comprise quand on « la discute, et de demeurer victorieuse quand on « la blesse (1). »
Faisons tous si bien que nous méritions de voir raccomplissement de ces paroles, et travaillons sans relâche à préparer ces victoires de rÉglise qui sont les victoires mêmes du Fils de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fauteur et le consommateur de notre sacerdoce, en qui je demeure, mes bien-aimés Coopérateurs,
Votre très affectueusement dévoué.
(1) Hoc EocleosB proprium est nt tum yincat cum laeditur ; tune intelligatiir cam arguitor; tnnc obtineat coin deBeritnr. (S. Hil. De Trin. 1. VII, c. IV.)
XXXJ
LETTRE
AU clbbgA et aux fidèles du dzocàsb
PAB LAQUELLE MV L^ÉY&QUE D*AUTUN
LBUB ANHONOB BOK PBOOHAUT DÉPABT Pr>UB ROME
ET LBUB BBCOMMANDE DE NOUVEAU
L^ŒUVBB DU DENIEE DE BAINT^PIBBRE
(12 OCTOBBE MDGCCLXXIX)
Nos TRÈS CHERS FrÈRES,
Pour la troisième fois, depuis noire arrivée parmi vous, nous allons prendre le chemin de Rome et présenter nos religieux hommages au successeur de saint Pierre.
Cependant, ce n'est pas pour rendre officiellement compte au Souverain Pontife de Tadministration de notre diocèse et accomplir un des serments de notre sacre, que nous entreprenons ce nouveau
pèlerinage au tombeau des saints Apôtres. Nous en revenions, il y a juste vingt mois , vous ne l'avez point oublié, tout plein des bénédictions que l'auguste Pie IX, presque à la veille de sa mort, avait répandues avec une si paternelle bonté sur notre personne et sur notre troupeau. En nous ménageant la triste et cependant précieuse faveur d'être le dernier évoque français qui eût pu entretenir le magnanitne vieillard et baiser sa main sacrée, la divine Providence ne nous avait pas permis d'assister à l'élection et à l'exaltation de son successeur. S'il nous avait donné d'être honoré de l'accueil le plus bienveillant de la part de S. E. le cardinal Pecci, alors camerlingue de la sainte Église Romaine, nous n'avions encore pu nous prosterner aux pieds de Léon XIIT et lui exprimer de vive voix nos sentiments d'obéissance, d'amour et de vénération.
Depuis longtemps, N. T. C. F., iliious tardait de donner satisfaction à ce besoin de notre âme épiscopale, et nous saisissons avec empressement la première opportunité qui nous est offerte d'accomplir un désir déjà ancien de notre cœur.
Nous comptons nous mettre en route le lendemain de la fête de nos saints Évêques d'Autun, de Chalon et de Mâcon, sous le patronage desquels il nous sera doux de placer notre voyage et Tespoir d*un heureux retour au milieu de notre famille spirituelle.
Nous porterons à Rome les aumônes recueillies dans le diocèse depuis vingt mois pour les besoins temporels du Saint-Siège.
Il y a peu de jours encore, N. T. C. F., nous le disions à vos pasteurs réunis à Autun pour les exercices de nos retraites ecclésiastiques, et nous croyons devoir vous le répéter : au lieu de diminuer, les charges financières du Souverain PonUfe s'aggravent, soit à cause des progrès de F esprit du mal, soit à cause de la multiplication obligée des œuvres d'apostolat qui ne peuvent ni se fonder, ni se soutenir, ni se développer, qu'au prix de continuels sacrifices pour lesquels le Pape n'a aucune ressource fixe et assurée.
Veuillez vous en souvenir, N. T. C. F., lorsqu'aux prochaines solennités de Noël votre charité sera sollicitée pour l'œuvre du Denier de SaùUr Pierre f et proportionnez la générosité de vos aumônes à la ri elle et glorieuse pauvreté du suprême Pasteur de l'Église. Puissent toutes les familles chrétiennes imiter, à l'égard du Vic€dre de Jésa*- Christ, la sollicitude empressée avec laquelle les saintes femmes de l'Évangile pourvoyaient aux besoins du Maître, tandis qu'il s'acquittait de sa divine mission parmi les hommes I... Maria... et Joanna.,. etSuzanna^ et aliœmultœ ministrtiàant et de facultatibus suis (1).
(1) Luc, VIII, 3.
En reinettanl au Sainl-Pïire le tribut offert par votre charité au Siëge apostolique, nous lui demanderons pour vous tous, N. T, C. F., l'abondance des bénédictions que le cœur du Pontifo suprême aime à répandre sur sa famille spirituelle :
Bént^dictions de patience et de force pour vos Pasteurs obligés de lulter contre tant de préjugés hostiles ou d'injustes agressions, et réduits à défendre péniblement des libertés nécessaires et sacrées, alors que toute licence semble garantie à quiconque se déclare l'adversaire des principes les plus élémentaires de la morale et de la religion ;
Bénédictions d'humble el infatigable dévouement pour les membres de nos congrégations religieuses qui sont appliqués k l'œuvre si méritoire de l'instruclion des enfants du peuple. Vous ne l'ignorez pas, N, T. C. F., ces humbles et modestes travailleurs ne reçoivent souvent d'autre récompense de leurs incessants labeurs et de leurs continuels sacrifices que des injures, des calomnies et d'indignes traitements de la part même de ceux qui, au nom des intérêts les plus évidents des classes populaires, devraient encourager et soutenir des instituteurs si désintéressés dans l'accomphssèment de leur tâche professionnelle, el dont le seul crime est de s'être donnés plus entièrement à Dieu, pour trouver en lui la force de se dévouer davantage aux hommes ;
Bénédictions de zële, de vaillance, de générosité pour les pieux laïques auxquels les difficultés de l'heure présente ont fait sentir la nécessité de combattre vigoureusement l'intensité du mal par Fintensité du bien ; d'opposer à la propagande de Terreur la diffusion de la vérité, et de professer hautement, sans ostentation mais sans peur, leur foi en Jésus-Christ et leur obéissance à son Église.
Il nous sera doux de faire savoir au Saint- Père avec quelle religieuse et filiale docilité le clergé du diocèse nous seconde dans l'accomplissement de notre laborieuse et parfois si difficile mission. Nous appellerons sa bienveillante attention sur les œuvres diverses pour lesquelles nous avons demandé et obtenu le concours des fidèles. Enfin, nous consolerons son cœur paternel en lui redisant les sentiments qui nous animent tous à l'égard de sa personne sacrée dont nous voulons partager plus intimement que jamais les douleurs, les espérances et les joies.
Dans ces lieux sanctifiés par tant de grands souvenirs, nous ne manquerons pas, N. T. C. F., d'appeler sur vous chaque jour les grâces qui vous sont nécessaires, et de vous recommander à la puissante intercession des apôtres et des martyrs dont Rome garde les précieuses reliques.
De votre côté, vous nous accompagnerez de votre pieux souvenir pendant la durée de ce voyage,
que nous accomplirons, d'ailleurs, avec tou|é la
rapidité possible, afin de revenir plus tôt au milieu de vous, fortifié par les conseils et les encouragements du Vicaire de Jésus-Christ, et plus résolu que jamais à nous immoler tout entier pour l'amour de notr^ divin Maître et pour le bien de vos âmes.
Nous vous supplions donc, N. T. C. F., ou pour parler le langage même de Tapôtre saint Paul, a nous vous conjurons, par Notre-Seigneur Jésus- «< Christ et par la charité de TEsprit-Saint, de nous « entourer de vos prières, afin que Dieu ait pour (c agréable Foffrande que nous allons faire de a notre obéissance et de nos hommages aux saints « de la Ville Éternelle, et que, revenant au milieu « de vous en paix et en joie, nous puissions parce tager ces consolations de la foi où les cœurs se « rafraîchissent (1) » et se retrempent pour mieux travailler, mieux combattre et mieux souffrir.
Avec l'apôtre encore, nous vous saluons tous du fond de notre cœur et nous vous bénissons, en souhaitant, comme saint Paul, < que le Dieu <c de paix soit avec vous tous! Amen (2) » !
(1) Obeecio ergo tob, fratres, per Dominam nostrum Jesam Christnm et per carîtatem Sancti Spiritaa, nt adjayetis me in orationibus yesiriB pro me ad Deom ;
Ut..... obseqnii mei oblatio accepta fiât in Jérusalem sanctia ; Ut reniam ad yos in gaadio per voluntatem Dd, nt réfrigérer Tobiacam. (Bom. xv, 80-32.)
(2) Deoa aatem pada ait cnm omnibus Tobis. Amen. (Ib. id. S8.)
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