INSTRUCTION PAST0R4LE
BUB
l'étude db la philosophie
Préfaee de la teeonde édition.
De divers côtés, depuis six mois, on nous demandait d'étendre la publicité d'un enseignement d'abord uniquement destiné au seul clergé de notre diocèse.
Si honorables et si autorisées qu'elles pussent être, ces instances n'avaient encore pu nous décider.
Mais toutes nos hésitations ont disparu en présence des encouragements qu'a daigné nous adresser, au sujet de ces pages sur V Etude de la Philosophie, l'auguste Pontife aux pieds duquel nous allions recueillir, il y a bientôt un an, tant de lumières, de sages conseils, de vaillantes et tout apostoliques exhortations.
Léon XIII nous félicite d'avoir bien compris et
Mgr Pbbbaud. — Œuvres, t. II 40
exprimé la grande pensée qui lui avait dicté Tinimortelle encyclique jEtemi Patris,
Il nous répète qu'une de ses plus solides espérances pour traverser victorieusement la tempête d'erreurs intellectuelles et de folies sociales dont nous sommes assaillis à cette heure, c'est la formation d'une milice dressée à la sévère discifdine des vraies méthodes philosophiques et scientifiques.
Enfin, il bénit avec une paternelle effusion les efforts de notre sollicitude pastorale, et, dans un langage dont chaque mot demeurera gravé au plus intime de notre cœur, il nous promet le secours de ses prières en appelant sur nous la plénitude des grâces célestes, « afin qu'il nous soit donné « d'être un vaillant instrument de la gloire de Dieu » : Ut validum gloriœ Dei instrumentum esse valeaSy tibi omnium cœlesiium gratiarum plenitudinem enixe imploramus a Domino.
Sous les auspices de ces précieuses bénédictions, nous publions une nouvelle édition de notre travail, heureux de penser que Tapprobation du successeur de Pierre lui vaudra d'être lu avec une attention plus sympathique et de servir plus efficacement la grande cause que Léon XIII nous convie de défendre avec lui.
Pourquoi n'ajouterions-nous pas que notre désir serait de faire parvenir l'appel du Saint-Père et le nôtre, non seulement aux membres de la
tribu lévitique, directement intéressés à trouver dans une philosophie bien faite une initiation à cette étude de la théologie destinée à être, avec la piété et avec la pratique du saint ministère, la compagne assidue de toute vie sacerdotale (1) ; mais encore à ces intelligents et courageux serviteurs de la vérité qui, dans les rangs de la société laïque, sont pour nous, au milieu do nos luttes contre l'ignorance et la fausse science, in magno viscientiœ bello (2), de si utiles auxiliaires?
On n'a pas manqué de dire qu'en recommandant si fort la philosophie d'un moine du treizième siècle, absolument étranger au mouvement scientifique de notre époque et à tous les progrès de l'esprit moderne, le Pape avait frappé d'un irréparable discrédit tout le travail accompli dans nos écoles et justifié les prévisions de ceux qui proclament, comme un axiome indiscutable, l'incompatibilité absolue de la science et de la foi.
Mais, outre que, dans la dernière partie de son Encyclique, Léon XIII a répondu lui-même à cette préoccupation injurieuse et à cette injuste accusation ; — outre qu'il a très nettement montré comment et pourquoi les investigations les plus libres des sciences n'avaient rien à redouter d'une
1. Proposai banc addncere mihi ad convivendam, sciens qnoniam mecnm commnnicabit de bonis. (Sap. viii, 9.)