‹ Œuvres pastorales et oratoiresChapitre 45 sur 57 · SË · texte numérisé non relu

SË

débuts mftmes d'un pontificat don

ter la lourde responsabilité dans

les plus difficiles, au milieu des

plus délicates engag-ées avfc pi

Ti l'Europe, pour défendre les droit!

l'Église, tout en poursuivant avec

Hi.ij

persévérance l'immense labeur d

de Iacatholicilé(!), Léon XIII

sisler avec tant de force sur la né

ner nos écoles aux traditions let

^Hli

de l'enseignement philosophique?

(1] Voir notre ftllocation du 23 noTambn

Jj

La raison serait-elle donc en péHl parmi nous ? Les prétendus sages de noire époque en seraientils venus àlafaussercomme un instrument auquel on enlève toute puissance et toute précision, pour avoir voulu s'en servir à contre-temps et & contresens en l'opposant aux enseignements révélés de la foi ? La logique inexorable de Terreur seraitelle enfin arrivée à ses dernières et inévitables conclusions, et après avoir indûment excité l'esprit humain & critiquer la révélation^ lui imposeraitelle l'humiliante obligation de s'attaquer aux premiers principes de l'ordre rationnel et de se suicider pour ainsi dire lui-même en niant , contre l'autorité de la raison, les vérités fondamentales que cette raison a le droit d'atteindre et le devoir de sauvegarder ?

S'il en était ainsi, n^est-il pas manifeste qu'un retour à la sainte et rigoureuse méthode philosophique s^imposerait comme une nécessité de salut à ceux qui ont mission de défendre les âmes menacées aujourdlmi par cette forme radicale et cette suprême évolution de la logique de Terreur ?

Il y a dix-sept ans, un philosophe dont les écrits eurent alors un immense retentissement, et à qui Léon XIII rendait en ma présence un magnifique hommage, en me disant de lui, il y a peu de semaines : « Ce fut un grand esprit et un noble cœur », le P. Gratry, écrivait au commencement de son beau livre sur la Comiaissance de

Dieu des pages qu'on prendrait pou taire anticipé de l'encyclique du la nécessité do fortifier parmi n( études philosophiques.

Vous me saurez gré de vous les ment:

" La raison humaine est en péri « trop peu connu et trop peu sig <' des plus redoutables menaces du

« Nous manquons encore plus i « raison que de religion, disait F^ " soplitïme siècle. Le mot de FéneU (i aujourd'hui qu'autrefois..,

« Nous n'avons que la pusillanin ( qui laisse passer tous les sophisc H doute découragé qui supporte tout

H Agir parsoi-mèrtie, suivre les i « reprendre pour comparer, relever << tions, exclure l'absurde, discute « contre, peser, juger, discerner et « une peine que l'esprit ne prend]

« Combien y a-l-il parmi nous < « preuve du sophisme? Qui esl-ce :

« le vice d'un raisonnement, et d " argument solide le sophisme « justiciable de la logique ëlémenla

" ... Chaque esprit est l'image « règne la licence de tout dire. L't c for intérieur.n'aplus d'autoritém

« plus maître chez lui. La raison... victime de € Tanarchie des mots, des passions et des crimes <c de la pensée, succombe sous le flot turbulent et « sous l'effort des invisibles multitudes qui « luttent dans chaque esprit. Plus de répression « intellectuelle, plus de tribunal intérieur, plus «< de justice contre Tabsurde. Mais, au contraire, c tolérance absolue du faux, liberté de penser « Terreur, égalité devant l'esprit de l'absurde et <c et du vrai. La pensée, saisie de vertige, tourne « de toute affirmation à son contraire : tout chanc celle ; tout est doute et question.

« Dans cet état de démission intellectuelle, « l'esprit n'a plus ni ressort, ni croissance, ni « résistance, ni mouvement.

a: Cet abaissement de la raison, ajoutait le « même auteur, est le plus grand danger du « christianisme ; violer les lois de la raison et « fausser les esprits en les délivrant du joug « de ces lois est, à l'égard de la vraie religion, a la plus dangereuse des attaques.

« (Donc) si l'on veut sauver la religion, la so- « ciété, la civilisation, l'œuvre première à entrece prendre, c'est le rétablissement de la raison « publique.

« Il faut rétablir dans les esprits la connaissance « et le respect de la raison et de ses lois. Il faut « qu'on sache, car on l'oublie, qu'il y a dans le « monde erreur et vérité, et que l'on peut distin-

Mgr Pbbbaud. — Œayres, t. IL 41

u guer l'une de l'autre ; qoll y u humaino une mélhodc vraie, i< lains, des procédés légitimes, i< blir parmi nous la légitime au " Sophie el de la raison (I). »

La douloureuse expérience années est venue confirmer de décisive les trop justes réflexion seur. Séparée de la foi, enîvi excellence, la raison individuelle emportée au delà de toute borni sans frein. Elle s'est habituée à plus élémentaires de l'ordre inl un temps où beaucoup d'esprits se disant fièrement disciples de faut souvent commencer par r assises des vérités purement n d'entreprendre de reconstruire si fice ruiné des croyances surnalur de la foi.

Les travaux du concile du ■^ trace de ces graves préoccupât inspiréesparlesprogrJis lamentai:

plis sous nos yeux, depuis vingt ( adversaires de toute logique e Sophie.

hm^

Dans leur première constitution dogmatique , les Pères de cette assemblée œcuménique ont signalé à l'attention des fidèles et frappé des foudres de l'Église les apAtres de ténèbres qui^ « après <c avoir abandonné la religion chrétienne, renié « Dieu et son Christ, en sont venus à nier la raî- « son elle-même, et & rejeter avec elle toute réglé c de justice et de vérité, ébranlant ainsi jusqu'aux « plus intimes fondements de la société humai- « ne (1) ».

A son tour, dans le langage le plus élevé, avec la double autorité de son suprême magistère doctrinal et de sa vaste culture intellectuelle, Léon XIII appelle sur ce grave problème l'attention des premiers Pasteurs, et, par eux, de toute la société catholique.

Nul doute qu'avant toute chose nous ne devions mettre nos espérances de salut, pour les individus et pour les peuples, dans notre sainte foi et dans l'assistance surnaturelle de Dieu. Nul doute que, réduite & ses seules ressources, la raison humaine, même la plus heureusement douée, ne soit radicalement impuissante à connaître les vérités et &

(1) Relicta sutem projectaque christians rcligîoDe, negato vero î>eo et Christo ejns, prolapsa tandem est maltornm mens. ... ut jam ipeam rationalem natoiam, omnemqne joati rectiqne nor* mam negantes, ima humansB societatiB fnndamenta diraereoonnitMitar. (Oonoil. Vatic. Constit. dogm. de Fide câtho!.)

Page 1