CIRCULAIRE
▲U OLBBOÉ DU DIOOàSB
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(15 JUIN MDCCX^LXXVIII)
Messieurs et chers Goopérateurs,
Nous approchons de Tépoque ordinaire de retraites pastorales.
La première s'ouvrira le lundi 9 septembre, i heures très précises du soir, pour se termine
samedi 14, après la messe de communion g-éné La seconde commencera le jeudi soir 19 tembre, et se terminera le mercredi matin 2S Ces retraites devaient être prèchées toutes les
(1) Les jeunes prêtres convoqués pour les examens devr trouTer an Séminaire de manière à faire la compositiou éc jeudi 19, à trois heures da soir.
P^kR. P. Roux, de la Compagnie de Jésus, ^quel, depuis plusieurs années, tant d'évèques ^At confié l'importante mission d'annoncer la parole de Dieu aux ministres du sanctuaire. Des circonstances indépendantes de sa volonté ont obligé le zélé religieux à reprendre sa liberté pour l^ime des deux retraites. Il ne prêchera donc que la première. Pour la seconde, j'ai fait appel au dévouement de M. l'abbé Planus, dont les travaux apostoliques dans le diocèse ont été si visiblement l>énis de Dieu.
Aux termes du statut porté par le Synode de i877, chaque prêtre du diocèse est tenu de faire sa l'ctraite au grand Séminaire au moins une fois tous lesdeux ans (1).
En vertu de cette ordonnance, tous les prêtres <ïui ne sont venus à aucune des deux retraites de ^877 devront prendre leurs dispositions pour assister à Tune des deux retraites de la présente année.
Afin de concilier avec les exigences du service des paroisses Texécution du décret synodal , ^. les Archiprêtrcs voudront bien, dans la conférence de juillet, dresser la liste des prêtres de
(^) Volamus et jnbemus ut quisquis diœcesis nostnp Sacerdos '^^'^lia Becesras in nostro majori Seminario semel intra bien- "^^pengat. (Syn. 1877, p. 75.)
^ïf Perraud. — Œu?res, t. II. 11
leur canton qui ne sont pas venus aux retraites de 1877, et déterminer, d'accord avec eux, à laquelle des deux retraites du mois de septembre ils comptent assister. Cette liste sera envoyée à FÉvêché avant le 1" août.
Je rappelle en quelques mots comment le décret synodal doit être entendu et observé, même par les ecclésiastiques qui habitent la ville épiscopale. Faire sa retraite au grand Séminaire, ce n'est pas venir entendre les instructions et la conférence pour retourner ensuite chez soi : c'est demeurer au grand Séminaire et suivre tous les exercices sans exception. Si, pour quelque raison particulière, il y avait lieu de déroger à ce principe, ce ne pourrait être qu'avec une autorisation préalable et écrite de notre part ; et encore, dans ce cas, le maximum de la permission accordée consisterait à. se retirer du grand Séminaire le soir, après la lec — ture du sujet d'oraison, et à la condition d'être pré — sent le matin à la prière.
Il est également entendu que le décret synodal s'applique à MM. les directeurs et professeurs de nos petits Séminaires, Maîtrises et autres établissements d'éducation.
Je serai heureux de pouvoir de temps en temps les convoquer à une retraite spéciale, où ils entendront des instructions et des conférences plus directement applicables à leurs devoirs pédagogiques et à la grande mission de préparer de loin nos
jeunes lévites- au service des saints autels. Mais quand cette retraite spéciale ne pourra pas avoir lieu, tous les prêtres employés à l'instruction sont rigoureusement tenus d'observer le statut synodal qui prescrit la retraite une fois au moins tous les deux ans. Il y a d'autant moins lieu de les en dispenser, qu'ils ont, pour accomplir ce devoir, des fiuîililés que n'ont pas les ecclésiastiques chargés du ministère paroissial.
Une liste nominale des retraitants sera dressée le premier jour de la retraite, à l'issue du sermon du matin, et me sera remise aussitôt. C'est cette liste qui fera foi pour constater l'accomplissement de l'obligation prescrite par le Synode.
Nul ne pourra quitter le grand Séminaire avant b messe de communion générale où se fait la clôture de la retraite.
Examens pour les grades en théologie. — Une ïïouvelle session d'examens pour le baccalauréat et la licence en théologie aura lieu dans la dernière semaine de novembre. Les épreuves écrites commenceront le mardi 26, à trois heures <le l'après-midi. MM. les candidats à ces deux grades voudront bien se conformer aux dispositions mentionnées dans notre Lettre pastorale n® 19. Le programme latin deFexamendu baccaiauréat, publié l'an dernier, sera expédié à tous les ecclésiastiques qui en feront la demande à la
chancellerie de TÉvêché. Le programme de la licence est suffisamment indiqué à la page 37 de la Lettre pastorale citée plus haut.
La remise solennelle des diplômes aura lieu dans le grand salon de rÉvëché, le vendredi 2! novembre, à trois heures, en présence de MM. no: Vicaires généraux et du vénérable Chapitre d notre église Cathédrale, après que les récipien daires auront, suivant les prescriptions du droi canonique, prêté le serment de foi catholiqu d'après la formule de Pie I Y, complétée par Fadhc sion aux actes et définitions du concile œcuméu' que du Vatican.
Observations liturgiques, — Je crois utile de ne p; difTérer jusqu'à nos réunions du mois de septemb quelques observations qui m'ont été suggérées p la visite deséglises, pendant le cours de mes visit pastorales.
Boite pour la grande hostie, — D'après tous \ liturgistes, la sainte hostie, consacrée pour les luts du Saint-Sacrement doit être, lorsqu'on la tire de l'ostensoir pour la mettre dans le taberna< enfermée dansune boîte d'argent. Cette prescript n'est-elle pas encore assez généralement conn ou bien le formulaire dressé pour la visite églises n'est-il pas suffisamment clair à cet ég^a. Quoi qu'il en soit, j'ai constaté que dans beauc^
de procès- verbaux de visite, cette boîte est mentionnée comme existant, alors que la plupart des églises en sont encore dépourvues.
L^erreur que je relève ici provient d'une confbsion entre la lunule de cristal, dans laquelle on place la sainte hostie avant de la mettre dans Tostensoir, et la petite boite d'argent dans laquelle, après le salut, on doit déposer la lunule de cristal.
Je prie MM. les Curés de vouloir bien se conformer le plus promptement possible aux règles de la liturgie à cet égard. Les orfèvres de Paria^ et de Lyon sont maintenant pourvus de ces boites, qui ne sont pas d'un prix très élevé.
Tabernacles. — Tous les tabernacles doivent être
garnis d'étoffe blanche à l'intérieur. Ils devraient
%alenient, toutes les fois qu'ils renferment le très
Saint-Sacrement, être recouverts d'un conopée delà
Couleur du jour, ou tout au moins de soie blanche.
^ïi ne doit placer sur le tabernacle que la croix, et
Jamais ni statues, ni reliques, ni fleurs^ comme cela
^^ pratique quelquefois par une dévotion mal en-
^^ndue et formellement condamnée par les ru-
^ tiques.
Encem. — En beaucoup d'églises, l'encens nous
^ paru être de mauvaise qualité, et en quelques-unes,
^<3Q odeur nauséabonde indique un mélange de
^iH)gue8 qui n'ont rien de commun avec l'encens
liturgique. MM. les Curés feront bien d'exercer un contrôle sérieux sur celui dont ils font usage.
Cire, — A plus forte raison devront-ils se montrer très sévères à Tendroit delà cire employée pour le saint sacrifice. Il ne s'agit pas seulement de proscrire d'une façon absolue la stéarine, qui n'a aucune des conditions requises pour être brûlée sur l'autel pendant la messe ; mais il faut encore surveiller de près la composition de la cire, vendue comme telle et garantie pure par les marchands.
Outre ce contrôle préalable dans Tachât de la cire, une autre excellente précaution à prendre serait de faire savoir aux fidèles qu'on ne recevra jamais que de la cire pure, à l'occasion des enterrements et autres cérémonies dans lesquelles ils sont dans l'usage d'offrir du luminaire. Il importerait de leur faire remarquer : 1^ que s'ils ne donnent pas de la cire pure, leur offrande n'est d'aucune utilité pour la célébration des saints mystères ; 2"* qu'en leur faisant cette recommandation, on ne leur demande pas d'augmenter le
chiffre de leur offrande. Seulement, au lieu de donner, par exemple, un cierge de 250 grammes mêlé de graisses, ils donneront pour le même prix un cierge de 50 grammes, mais en cire pure, et ils auront la consolation de savoir qu'un tel cierge pourra être employé comme lumière liturgique
dans l'action la plus sainte du culte catholique.
Aa Synode de 1877, on avait exprimé le vœu
que les prêtres de chaque arrondissement pussent
s'entendre pour acheter la cire chez le même marchand. Ce serait un moyen d'être plus sûr de la pureté de la cire.
Autels. — Mon vénérable prédécesseur, Mgr de Harguerye (1), avait interdit de la façon la plus fonnelle l'abus qui consiste à transformer l'autel en une armoire où l'on place des ornements, de9 candélabres, des burettes ; voire même en débarras où s'entassent des bouts de cierge et des chiffons malpropres.
Je ne ferai pas à mes chers coopérateurs l'injure de disserter longuement sur l'inconvenance manifeste d'un tel abus. L'église est un lieu saint, dans lequel rien n'est plus saint que l'autel^ vrai calvaire où se renouvelle chaque jour, par nos mains consacrées, l'immolation de la divine victime. Il suffit d'ailleurs de rappeler de quels rites siugusles, de quelles majestueuses cérémonies la s^nle liturgie entoure la consécration des autels, pour réveiller dans nos cœurs, à leur égard, les P'us vifs sentiments de la foi et de religieuse vénéï*^lion. Jamais rien d'étranger à la célébration du
0) Voir 868 Mandemeata a^ 1C8, p. 27, et i03, p. 25.
saint sacrifice ne doit être dé(>osé, même momet tanément, sur Tautel ; à plus forte raison estd'une inconvenance inqualifiable de faire de Faut une succursale des armoires de la sacristie, cl c Ton donne pour ainsi dire rendez- vous aux ra et autres animaux immondes en accumulant d débris propres à les attirer.
Rappelons-nous tous, Messieurs, les bell paroles du Pontifical qui nous ont été lues solo nellement au jour de notre ordination au sous-d conat : Altare quidem sanctœ Ecclesùs ipse Christus, teste Joanne, qui in Apocalypsi sua alk aureum se vidisse perhibetj stans ante thronum^ qxio et per quem ohlationes fidelium Deo Patriù secrantur (Pontif. rom. de ordin, subdiac). Sa Augustin appelle Tautel claforme du corps deJés Christ », forma corporis Christi altare est (1). saint Optât de Milève le nomme « le trône du co et du sang du Christ », quidest altare^ nisise et corporis et sanguinis Christi (2). Il y a di union indissoluble entre la foi au mystère ad< ble de l'Eucharistie et le respect dû à l'autel ce grand mystère s'accomplit et se garde. Au n de cette foi qui est la vie même des prêtres prescris la suppression immédiate des autels
(i; s. Aug. aerm. 11, DeSanfiit.
(2) S; Opt. Milev.l. Vl, contra Donatittas,
sonty Dieu merci, en très petil nombre) dans lesquels se trouvent pratiqués des tiroirs ou des lieux de dépôt. Â partir du i*' août, les autels qui se trouvent dans ce cas devront être regardés comme interdits pour la célébration du saint sacrifice. Quelques semaines sont plus que suffisantes pour tout remettre en règle, fermer et murer ces armoires, ou supprimer les rayons adossés à certains autels pour placer tantôt Téteignoir des cierges, et tantôt les livres des chantres. Altare jmiem ipse est Christiis.
Pierres sacrées. — Les pierres sacrées doivent,
en vertu des mêmes principes, être l'objet d'un
soin et, on peut le dire, d'un culte tout particuliers.
Quand l'autel n'est pas fixe, c'est la pierre sacrée
qui est, à elle seule, tout l'autel.
Selon les canons, toute pierre d'autel est interdite : 1" lorsqu'elle n'a pas de sépulcre contenant des reliques ; 2'' lorsque le sépulcre a été ouvert et que les reliques en ont été extraites, ne fût-ce que pour un moment ; 3** lorsque le couvercle qui ferme le sépulcre au-dessous du sceau a été briséou seulement déplacé (1) ; 4® lorsque la pierre est brisée.
(t) s. C. R. 5 déc. 1851 in Bitnricen. <£ Dtrum altaria porta- ^i* constt'jationem suam amittant quando fractam est sigillum
Nous avons encore dans le diocèse un certain nombre de pierfes sacrées qui remontent à une époque déjà ancienne. Elles sont généralement fort épaisses. Il importe de les visiter avec soin pour constater : l"* si elles ont un sépulcre ; 2® si le sépulcre porte trace d*un sceau épiscopal ; 3^ si elles sont placées de façon à ce que le sépulcre se trouve dans la partie antérieure de la pierre, afin que le prêtre baise véritablement remplacement des saintes reliques, lorsqu'il monte à l'autel au commencement de la messe, et qu'il prononce la prière Oremus te, Domine^ per mérita Sanctorum tuorum quorum reliquiœ hic stmt... Pour la même raison, il serait bon de ne jamais placer les pierres sacrées au delà de cinq centimètres du bord de l'autel.
Sacristies. — Il est encore de mon devoir. Messieurs et chers Coopérateurs, d'appeler votre atten* tion Je veux dire l'attention de votre foi et de votre délicatesse sacerdotale, sur la tenue de nos sacristies.
Je sais, et j'ai pu constater par moi-même, qu^en beaucoup d'églises, la sacristie est ou trop étroite, ou humide. Quand la sacristie est trop étroite, il parait difficile d'y maintenir un ordre parfait.
qaod reliqniis in sepnlchro inclusis apponitnr... Négative, niil fractam ait sepalcram vel ejos opercalum, aat etiam solnmmodo ad hoc amotom f aerit. i»
Quand elle est humide, on court le risque de voir les ornements s'y détériorer, et il semble malaisé d'éviter la malpropreté que l'humidité engendre comme nécessairement après elle.
Ily a évidemment lieu de tenir compte des circonstances défavorables dans lesquelles se trouve on lieu dont la bonne tenue importe tant à la décence et à la dignité du culte.
Il faudrait d'abord essayer de remédier à un si fiicheux état de choses, quand la disposition des lieux le permet, en provoquant de la part des communes ou des fabriques les réparations ou les agrandissements estimés nécessaires.
Mais si ces modifications sont impossibles, il ne but pas renoncer pour cela à tenir la sacristie avec ordre et propreté.
D'abord, il est d'expérience et de rigueur malhéinalique que moins on a de place pour mettre les choses, plus il importe de les ranger dans un ordre rigoureux.
On est stupéfait de voir ce qu'un soldat sait faire entrer dans son sac. Mais aussi il y a un art de faire son sac, fort en honneur chez nos troupiers, et grâce auquel ce sac, aux proportions si étroites, renferme aisément tout le nécessaire et presque un peu de superflu pour le soldat qui doit tout porter avec lui.
Moins nos sacristies sont vastes, plus il est nécessaire que chaque objet y soit bien exactement
rangé, plié, mis en ordre, de manière à ne pas
tenir plus de place qu'il ne lui en revient, aux dépens des objets voisins qui ont droit, eux aussi, à ne pas se trouver confondus dans le pêle-mêle d'un désordre universel.
Quant àlapropreté, n'est-elle pas toutà la fois de droit divin et de droit humain ? Bon nombre de nos sacristies, j'ai eu la consolation de le constater, sont tenues d'une façon satisfaisante, et quelques-unes ne laissent absolument rien à désirer.
Itfais il en est d'autres qui réclament des réformes sérieuses et urgentes. Ainsi, pourquoi ces tours d'étole noircis par un trop long usage ? Ces aubes trop rarement envoyées au blanchissage ? Ces corporaux où se voient tantôt des taches de cire, tantôt d'autres taches, ouïes traces d'une poussière qui n*a rien de liturgique, et dont j'hésite même à écrire le nom trop profane (1) ?
(1) Je puis du moins le mettre en note à l'aide de la citation foiyante empruntée à un excellent ourrage. a. U serait à propos c de réserver un corporal pour les prêtres qni font usage dn c tabac... Presque toujours, les prêtres qui prennent du tabac en ç laissent des traces sur tous les objets dont ils se seryent à Taac tel, et il ne serait pas convenable d*im poser aux autres Tosage c de ces mêmes objets. » (Traité pratique de la tenve ^ume sacristie, par M. Tabbé d'Ezerville, p. 48 ; l'aris, chez Haton» 33, rue Bonaparte.)
Il serait mieux de ne pas laisser les corporauxdans les bourses des ornements, particulièrement lorsqu'il s'agit des ornements de
Je voudrais, Messieurs, que dans toutes nos sacristies on pût lire ce statut que j'emprunte à un de DOS Synodes du dixième ou du onzième siècle :
Unteamina altaris et indumenta sacerdotalia debent lawxri cofwenienter : quia absurdum est in sa-
CaiS SCSTINERE QUOD ESSET 1NDEC0RU3I IN PROFANIS (1).
La parole est de nos pères. Ne nous formalisons pas de sa rudesse. Elle est Texpression d'un raisonnement très juste, fondé sur les principes les plus élémentaires de la foi. Lequel d'entre vous, Messieurs, recevant un hôte, ami ou étranger^ dans la modeste hospitalité de son presbytère, ne
MoÊ, Comme Ub Berrent rarement, on est exposé à ne paa lenooyeler les corporanx aussi souvent qu'il serait à désirer pour les aToir toujours dans un état de parfaite propreté.
(1) Antifua Statttta iynodalia .^duentis^ dans dom Martenne, Th£9, Aneed. FV, p. 470.
Je trouve la même pensée exprimée dans ces lignes de saint Pierre Damien : Quanta confusionit opprohrivm ett qtwd non" mUli eirea sacH altarU ntensilia tantœ negligentia tunt et tant tegnis ineuria ut calices Umgo situ scabredinis inhorrescere patienter aspiciant ; in sqnalido linteo Dominieum corpus offerant et invclrant; et guod non dignaretur potens quilibety qui tatnen vermis est, propriis adhibere labiis^ in hco isti corpus non rerentur imponere Salvatoris, (S. Petr. Dam. contra insoi^ tiam et ignaviam clericoritntf c. 1.)
On raconte qu'un de nos rois refusa d'élever à l'épiscopat un prêtre qu'on lui avait recommandé et qui en paraissait digne à tous les égards : a Je sais, dit le prince, que son église manque « du linge nécessaire et que chez lui sa table est couverte du plus c beau linge damassé d. Parole de foi, digne d'un descendant de saint Louis.
lui assurerait pas à tout le moins cette exquise propreté du linge qui est le luxe de votre si honorable pauvreté ? Qui oserait jamais, en de telles circonstances, donner, pour la toilette ou pour la table, du linge ayant déjà servi, sali par la poussière ou couvert de taches? Personne, absolument personne ne le ferait, car ce serait inconvenant. Pourquoi traiter autrement, dans Tusage des choses sacrées, oubien les prêtres qui nous demandent rhospitalité de Tautel, en venant célébrer le saint
sacrifice dans nos églises ; ou, ce qui est plus choquant encore, Notre-Seigneur Jésus-Christ luimême au service duquel sont immédiatement employés les ornements et les linges qui concourent à la célébration des saints mystères? Inspironsnous toujours, à regard de Tadorable Eucharistie et de tout ce qui se rattache à son culte^ des sentiments d'exquise et religieuse délicatesse, avec lesquels notre Lazare et ses deux sœurs recevaient Notre-Seigneur, quand il allait se reposer dans l'amicale hospitalité de Béthanie, et redisons encore une fois avec les Pères de notre vieux Synode éduen : Absurdum est in sacris sustinere quod esset indecorum in profanis.
Lampes du sanctuaire. — Les règles de FÉglise et les statuts synodaux sont généralement bien observés en ce qui touche à l'entretien de la lampe du sanctuaire. J'ai cependant en-
core quelques remarques à faire à ce sujet. Â moins d'impossibilité absolue, la lampe doit brftler devant le tabernacle : Lampas, saltem una^ cùUueeaieoramsanctissimoSacrametUo. (Rit. Rom.) Un décret de la S. Congrégation des Rites, en date da 82 août 1669, n'est pas moins formel : Omntno kmpadem esse retinendam ante aliare sanctissimi Sacromeniù II faut donc éviter de mettre la lampe du Saint-Sacrement sur une crédence placée de cité, et quelquefois de telle sorte qu'il est difficile <le l'apercevoir, ce qui peut peiner et scandaliser les personnes pieuses entrées dans l'église pour rendre leurs hommages à l'Hôte divin de nos tabernacleit. € Il faut, dit Mgr de Ségur, que la « lampe paraisse comme la sentinelle d'honneur « placée à la porte du palais du Roi des rois. La « loi est formelle sur ce point ; le but que se pro- ^ pose l'Église n'est pas atteint, si la lumière ne « frappe pas tout d'abord les regards des fidèles (1)>.
Quant aux huiles minérales, et particulièrement M'huile de pétrole, vous savez tous, mes chers Coopérateurs, qu'elles sont formellement proscrites, et qu'à aucun titre on ne doit se permettre d'en Wre usage.
(') Hgr de Ségor, la Lampe du SainU Sacrement ^ petite bro- *^- PariB, HatoD, 33, rue Bonaparte.
J'ai cité plus haut un volume dont le prix est k la portée des bourses les plus modestes. Il est dû à la plume d'un curé du diocèse de Sens, M. Tabbé d'Ëzerville, et il est intitulé : Traité pratique de ia tenue d'une Sacristie (1). J'engage les prêtres du diocèse à se le procurer, ainsi que l'opuscule de Mgr de Ségur sur la Lampe du Saint-Sacremetit. Us trouveront dans ces deux ouvrages les indications les plus précises, puisées aux meilleures sources, sur tout ce qui concerne les détails du culte et la bonne tenue des églises.
Je pourrais craindre d'être entré dans de trop minutieux détails si nous ne devions pas tous dire avec saint Bernard que € rien de ce qui touche au « culte de Dieu ne saurait nous être étranger » : Nulla quâe Dei esse constiterit a me duco aliéna (2).
Aussi mets-je avec confiance ces diverses recommandations sous la sauvegarde de votre attention, de votre foi, de votre zèle et de votre piété.
D'ailleurs, la fidélité dans les petites choses est un gage certain de la fidélité à remplir comme il faut les devoirs plus considérables, et à s'acquitter généreusement des plus coûteuses obligations: Qui fidelis est in minimo et in majori fidelis est (3). Enfin le symbolisme si instructif de notre sainte
(1) Paris, chez Haton, 33, nie Bonaparte. ^2) s. Bern. epist. 20, ad Uaimer, èaneell. (3) Luc, XVI, 10.
liturgie nous reporte sans cesse des détails extérieurs da culte à la pratique des plus hautes tertos de notre état. Tel est le sens des adndrables admonitions et des prières véritablement sublimes de ce Pontifical que je redisais encore aujourd'hui, sous les voûtes de notre virille cathédrale, en conférant les saints ordres
ànos jeunes lévites.
Les clefs de TÉglise confiées au portier, Tambon du lecteur, les cierges de l'acolyte, le ministère du sous-diacre à Tégard des linges sacrés, la parenté spirituelle des diacres avec saint Etienne, le premier de leur ordre, l'obligation imposée aux nouveaux prêtres d'imiter toute leur vie la Victime dont ils devront accomplir l'immolation : tout nous prêche la vigilance, l'élévation des sentiments, l'amour de la lumière et do la vérité, le soin jaloux de la délicatesse et de la pureté du cœur, enfin la vaiUance et l'esprit de sacrifice, sans lequel il n'y a ni sacerdoce ni prêtre.
Tout également, dans les détails matériels de
^ liturgie, se réfère par un parallélisme très
^xact aux devoirs les plus sacrés de notre minis-
^fere; et, sans rapprochement factice, il serait aisé
^^ trouver dans la bonne tenue d'une sacris-
^*^, d'un sanctuaire , d'une église, rindication
Pï'écise des vertus que nous devons pratiquer
^^ns notre vie pastorale, si, fidèles aux serments
^^ notre sacerdoce , nous voulons sérieuse-
M(r Pbbbaud. — (Eavree, t. n. i2
ment élever ^ transfigurer, sanctifier les âmes Après avoir échangé avec voas. Messieurs e chers Coopérateurs, ces réflexions sur quelques uns des devoirs qui constituent le fond même d( notre saint état, je tiens à vous dire combien j'a été touché des sentiments de respect et d'attache ment dont vous m'avez offert l'expression dans cet trois derniers mois, à l'occasion d'un événement que je n'ai pas besoin de rappeler ici (1). Aprèî les encouragements et la paternelle bénédictior de Léon XIII, rien ne pouvait m'ètre plus àom que vos félicitations et vos remerciments.
Je m'efforcerai d'y répondre en redoublant de zèle et de dévouement pour tous les grands intérêts auxquels vous travaillez de concert avec moi ; et, sachant que je puis compter absolument sur le concours de votre bon vouloir, je me sentirai plus fort pour porter le fardeau de tant de sollicitudes et tenir ferme dans les combats qu'un évèquc doit livrer chaque jour pour défendre la cause ii Dieu et de son Église.
(1) Voir plue haut, p. 94.