‹ Œuvres pastorales et oratoiresChapitre 19 sur 47 · SUPÉRIEUR GÉNÉRAL DES FRÈRES DES ECOLES CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

SUPÉRIEUR GÉNÉRAL DES FRÈRES DES ECOLES CHRÉTIENNES

A Sa Grandeur Monseigneur BesssoUf évéque de Nimes.

« Monseigneur,

» Vous avez si éloquemment parlé de la reconnaissance, mercredi dernier, à Bordeaux, que le supérieur général et les membres de l'Institut des frères des Ecoles chrétiennes ne peuvent oublier l'immense dette qu'ils ont contractée à l'égard de l'éminent panégyriste qui a si magnifiquement célébré la gloire de leur bienheureux fondateur.

» Si votre discours de Rouen, en 1875, était resté à juste titre dans toutes les mémoires, celui que vous venez de prononcer, Monseigneur, mérite plus encore, si c'est possible, de vivre dans nos cœurs reconnaissants. C'est pourquoi je me mets en mesure de le faire adresser d'oûice à toutes nos communautés.

loi PAM^GYRIQLE du BIEMIELRELX J.-IJ. DE LA SALLE.

» Nous voulons pieusement recueillir, Monseigneur, les grandes leçons et les hauts enseignements que votre parole épiscopale a daigné nous adresser. Nous ne désespérons même pas, avec la grâce de Dieu et la protection de notre bien-aimé père, de réussir à nous en montrer de plus en plus pénétrés, entrant toujours plus avant dans l'esprit de foi et de piété, de patience et de douceur, de zèle et de persévérance au service de la sainte cause de l'enseignement populaire.

» Ainsi que vous nous y conviez, Monseigneur, nous bénirons ces tribulations et ces croix qui doivent nous rendre plus conformes au modèle que le ciel nous propose, et nous essaierons, par les soins de plus en plus multipliés dont nous entourerons les vocations ecclésiastiques, de rendre à la sainte Eglise une partie des biens que nous on avons reçus.

» Déjà, Monseigneur, dans beaucoup de diocèses nous avons la consolation de voir nos efforts couronnés de succès; à Paris notamment, les élèves de nos écoles fournissent, pour plus des trois quarts, le personnel du séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet. Nous demanderons à Dieu, par l'intercession du nouveau bienheureux, de généraliser ces résultats et de permettre que nos écoles réalisent amplement ce que les Lettres apostoliques de Léon XIIÏ disent de l'œuvre de J.-B. de la Salle : « Cette source coule toujours et ses eaux, distribuées comme » plusieurs ruisseaux à travers toutes les parties du monde, ar- » rosent abondamment l'Eglise. >>

» Prosterné en esprit à vos genoux, j'ose implorer votre bénédiction épiscopale et me dire,

» Monseigneur, » De Votre Grandeur » Le très humble et très obligé serviteur.

)) Le supérieur général, » Frère Joseph. »

PANK(i ViUglJK

SAINT FIIANCOIS-XAVIHII

Ecce dedi te in lucem gcnlium, ni sis salus mca usquc ad exlreinum tcnw.

Voili\ que Je vous ai rtahli pour cire ia Inmiri'c (]«^s îi.ilions jusqu'aux exlréinitès de la terre.

{Is., XLIX, (i.)

Mes Frkhes,

Quel est cet homme [)lein de génie, de grâces et do vertus que nous honorons pendant neuf jours par des prières si louchantes, si pubhques et si inusitées? Au nom de saint François-Xavier se rattachent les plus grands noms et les plus illustres souvenirs. Nous parlons, en chantant sa gloire, des anges, dont il a égalé la pureté inviolable; de Marie, qui fut toujours l'objet de son amour ; des nations infidèles, chez qui il a planté l'étendard sacré de la rédemption. Quelles qualités et quelles vertus ! Quelle vie ! Quels travaux! Quelle mort ! Quelles louanges au ciel et sur la terre !

^ Prononcé à Besançon, lo premier jour do la nouvaino de saint François-Xavier, pendant laquelle l'orateur a montré, dans l'apôtre des Indes, l'accomplissement parfait des Béatitudes de l'Evangile.

Nous ne saurions débuter dans cette touchante neuvaine sans vous peindre, dans un rapide tableau, le grand saint que nous venons prier ensemble. Puisséje, en lui rendant cet hommage, accroître la confiance que vous avez mise en lui et mériter, pour moi comme pour vous-mêmes, la grâce de correspondre aux miséricordes divines, vous en venant écouter la parole sainte avec empressement, amour et fidélité, moi-même en Tannonçant avec douceur, avec suavité et surtout avec fruit.

C'était dans les premières années du xvi^ siècle ; un mouvement d'audace et de rébeUion soulevait presque tous les esprits contre Tautorité de l'Eglise : l'Allemagne commençait à s'agiter à la voix de Luther; Calvin venait de naître pour le malheur de la France, et Henri VIII, ce prince fameux qui avait assis et couronné l'adultère sur le trône de la Grande-Bretagne, se préparait à justifier par un schisme nouveau le scandale des mœurs les plus abominables. La piété n'aura-t-elle donc plus d'asile? Qui se lèvera pour défendre la foi menacée? Où sont les enfants dociles qui viendront prendre la place des enfants rebelles dans l'héritage du père de famille? Où sont les saints? Où sont les miracles? La chaire est muette; le cloître est sans vertu; c'en est donc fait de TEglise et du catholicisme, et il ne reste plus qu'à leur préparer de belles funérailles.

Ainsi disaient les novateurs ; ainsi raisonnait la sagesse humaine, toujours courte par quelque endroit, et dans ses vues si étroites et si bornées, elle prophétisait déjà, comme on l'a fait plus tard, comme on le fera toujours, la perte de la foi, l'avènement

I)K KAINT FIU1VÇ0I8-XAVIFR. 157

(Iii (loniior [)a|)0, la ruino el la désolation do rKf^liso uiiiv(U\soll(^

Miiraiils (l(\s lionimos, louriio/. vos youx vers la iNavarro; r/(\sL au romi do coLlo province que Dieu a cachô lo horcM^aii d'iiii apAlro. Xavier est le dcrrner dos 111s de 1). .Iiiiiii do Jassa, mais c'est sur lui que r(\s|)riL de D'uni s'est reposé et ([ii'il a répandu la pléiiiludede ses bioulails. 11 ('roîl dans la maison |)ateruollo, sous les yeux de la minlleure des mères. Doux, i;ai, complaisant, il joint aux traits du caractère le |)lus heureux les saillies du liénie lo i)lus étendu el le plus pénétrant, et laissant à ses frères la noble profession des armes, il se voue dès Tenfance à Tétude des sciences et des lettres. A dix-huit ans, les écoles do Paris le connaissent et l'apprécient bientôt comme le plus laborieux des élèves. Devenu maître, il enseigne avec éclat dans un âge où Ton apprend à peine avec succès. Réputation précoce, couronnes tlatteuses, applaudissements mérités, chaires enviées et brillantes, rien ne semble au-dessous des grandes espérances qu'il peut concevoir.

Mais qu'étaient les prétentions du jeune Xavier au prix des destinées que Dieu lui réservait? 11 fallait ouvrir les yeux de cet autre Paul sur les vanités et sur les périls du monde* Jésus-Christ lui envoya un autre Ananie dans la personne de saint Ignace. Le fondateur futur de la Société de Jésus s'entretenait souvent avec le futur apôtre des Indes. Le premier avait déjà vidé le calice des déceptions et des amertumes; le second, modeste et pur dans ses mœurs, ne connaissait encore d'autre passion que la gloire. Saint Ignace disait souvent à Xavier : Que sert à Thomme

(le gagner le monde s'il vient à perdre son âme? et commenLanL ce texte sacré, il lui montrait la science de la religion, supérieure à toutes les autres sciences; Tambition de sauver lésâmes, plus noble et plus belle encore que l'ambition des écoles; la couronne du ciel, auprès de laquelle pâlissent et s'effacent les vains lauriers de la poésie et les palmes séditieuses de l'éloquence. Courage, homme de Dieu! frappez, éclairez, redoublez d'efforts et de prières, Xavier se rend, ses yeux s'ouvrent, la grâce a parlé, et comme Paul sur le chemin de Damas, il s'écrie dans l'ardeur de son zèle : « Que voulez-vous que je fasse ? » Le Seigneur lui répond par la voix d'Ananie, et Xavier quitte aussitôt le monde, qui souriait tant à sa jeunesse. Il s'éloigne de ses élèves, il renonce à ses espérances, tout est consommé. Dès lors le jeune Navarrais n'a plus qu'un seul désir, celui de recevoir le sacerdoce; mais quand l'huile sainte a coulé sur ses doigts, quand il est prêtre, il n'a plus qu'une seule ambition, celle de sauver les âmes.

Da mi hi animas, cxtera toile tibi ^ ; donnez-moi des âmes et prenez pour vous tout le reste. C'est le cri de sa foi, c'est le vœu de son cœur, c'est la devise de son apostolat. Rome l'entend et le bénit, pendant que le jeune héros parcourt les hôpitaux de la ville sainte, y visite les malades les plus abandonnés, sert les lépreux avec empressement, et, saisi de pitié, ému de respect, pénétré d'amour à la vue d'une plaie qui dégoutte à ses yeux du sang de Jésus-Christ, il va, par une sublime folie que la soif des âmes peut seule

i Gen., XIV, 21.

I)K SAINT KHANVOIS-XAVIKIl. IS'»

inspirer ol comprondrc, avalor d'un Irait co que lu parulo lininaiiio iio saurait pniiidi^i. l)a inilù animas, cxtora toile tibi.

C'est trop |)eii [lour son zôhî dVîlrc enfornio dans les bornes d'une cité; donnez-lui des âmes qui no connaissent encore ni Dieu ni son Christ, étendez l'horizon, agrandissez le monde, ouvrez à l'ardeur qui Tentraîne tous les champs de l'espace et do l'avenir. C'est rAlVii{ue qui le tente d'abord; mais Dieu l'en éloigne, et il se recueille pour mieux connaître sa volonté sainte. Les Indes, le Ja[)on , la Chine, attirent ensuite ses yeux; do là il a[)erçoit le vaste empire des Tartares, et plus loin encore les [ilaines immenses de TAsie. Voilà le théâtre de ses conquêtes, Tobjet de ses pensées, l'espérance de ses rêves de gloire. Laissez-le s'endormir dans l'extase de la prière et écoulez les mots qui s'échappent avec feu de ses lèvres etlleurées par un sourire angélique. Il voit la tribulation, la faim, la soif, la misère, tous les maux conjurés et réunis contre lui ; mais sa foi n'en est pas émue, et il s'écrie dans les transports de l'allégresse et de l'admiration : Encore plus. Seigneur, encore plus : Amplius, Domine, ampliics. Les préjugés de l'idolâtrie, l'empire de la coutume si puissant chez des peuples grossiers, l'intérêt, l'orgueil, la volupté, toutes les passions et tous les vices opposant à ses efforts une digue insurmontable, rien ne l'arrête ni ne Tèbranle. Voyez, ses yeux s'animent, sa joie redouble, sa bouche s'entr'ouvre avec un sourire encore plus divin, et sa voix prend un nouvel accent pour s'écrier devant ce spectacle qui le transporte : Encore plus, Seigneur, encore plus : Amplius, Domine,

amplius. Eh bien! lu connaîtras Toubli et Tinjuslice, ringratilude et Tabandon, le glaive qui transperce Tâme en épargnant le corps, le martyre sans la gloire et la niort sans consolation : Encore plus, Seigneur, encore plus. Mais la mesure était comble, Xavier n'a plus rien à prétendre, il a reçu sa mission.

Gomment vous le montrer avec toute la sainteté d'un légat apostolique, le bâton à la main, les pieds nus, la tête découverte, mal vêtu et couvert d'habits déchirés. Voilà dans quel appareil il s'avance à la conquête des Grandes-Indes. Soit qu'il paraisse devant les rois, soit qu'il prêche au milieu des peuples, sa tenue et son langage ne changent jamais. Tantôt exposé à la fureur des flots, tantôt obligé de fuir sur les débris d'un navire, toujours intrépide à l'aspect de la mort et la regardant sans pâlir, il passe sept fois l'océan, et, dans le calme comme dans le naufrage, on croit voir les vagues se courber devant lui et se soumettre au suprême dominateur des mers. Que d'ardeur! que de vigilance! que de voyages! Il part, il arrive, il retourne, il court, il vole partout où la foi l'appelle. Est-ce un homme? Est-ce un ange?

On l'a vu, au milieu d'une troupe de matelots, s'intéresser à leurs jeux, parler leur argot barbare, en emprunter les termes et en braver le dégoût, dans l'espoir de les faire rentrer en eux-mêmes. On l'a vu, parmi les enfants, se faire enfant avec eux, s'accommoder à la faiblesse de leur âge, épeler sous leurs yeux la lettre du catéchisme, et quand ce jeune auditoire lui fait défaut, parcourir les rues de Goa, une clochette à la main, pour rassembler les plus aban^ donnés, les plus ignorants et les plus pauvres. On

I)K SAINT FKANÇOIH-XAVIBR. U\\

V'i\ vil, prrs (Tmi sold.it grossier, s'ùpuisor on nicnu • «^MnnoiUs, (Il prinr(\s, on (^H'orls, |)()ur s'insinuer dans son esprit et le ramener eiilin dans lu voie du salut. On l'a vu, tout allaibli (pi'il était par la maladie, so mettre ù la suite d'un cavalier, l'atteindre, l'attiîndrir et lui l'aine rc^j^retter ses i'aules [lar la [)énitcnco allVeuse qu'il (mi Taisait Ini-môme. On l'a vu, suivi d'une multitude de sauvages dont il ignorait la langue, monter sur une colline et élever dans ses mains Télendard de la croix. Saint Pierre s'était fait entendre a toutes les nations réunies à Jérusalem ; Xavier ne parle pas, mais, par un autre don non moins précieux que celui des langues, son silence n'est i)as moins etlicace ni moins entraînant. Il lient dans ses mains l'image du grand Dieu qui parle pour lui; les plaies adorables de son Sauveur sont des bouches éloquentes, et les peuples, frappés, surpris, émus par ce spectacle, tléchissentle genou devant le Dieu qu'ils ne connaissent pas.

Que vous dirai-je encore? Qu'il a commandé aux flots, guéri les malades, ressuscité les morts, triomphé de toutes les puissances de Tenfer? Ce sont des miracles incontestables opérés en plein jour, à la face du soleil, sous les yeux de la foule, et garantis d'ailleurs par les bulles de canonisation. Aussi, voyez les fruits de grâce et de salut que son ministère a portés. Dix mille temples de païens renversés, quarante mille idoles réduites en poussière, trente rois instruits, soixante-six royaumes parcourus, onze cent mille âmes baptisées : voilà ses œuvres. A défaut de Thistoire, à défaut du témoio-naa'e de

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TEglise, de telles œuvres répondraient de ses miracles.

Cependant les Indes, le Japon, le Mozambique, ne peuvent plus suffire à l'ardeur d'un zèle qui embrase et qui dévore tout ce qu'il touche. Il tourne ses regards vers la Chine, et le reste de sa vie s'écoule dans les tentatives qu'il fait pour y aborder. Tantôt les puissances du siècle traversent ses pieux desseins; tantôt les vents et les flots semblent s'unir pour l'éloigner de l'objet de ses vœux. Rien ne le déconcerte. Il veut, les mains teintes du sang de Jésus- Christ, forcer, emporter d'assaut les portes de cet empire qui semble fermé à la prédication de l'Evangile. Enfin le saint missionnaire est au comble de ses désirs. Il aborde dans l'île de Sancian ; il arrive, il louche aux portes de la Chine ; encore quelques heures et le saint conquérant va en prendre possession. Cette terre promise à ses travaux lui apparaît dans le lointain, et comme le navigateur qui, après une longue traversée, respire l'air de la patrie, Xavier salue par des accents de reconnaissance et d'amour le nouveau champ offert à son apostolat,

0 mystère! ô profondeur des desseins de Dieu! C'est là que la tombe l'attendait. Xavier meurt à la vue de la Chine, plus consumé du regret de n'y pouvoir entrer que de toutes ses fatigues passées. Il meurt dans une pauvre cabane, plus abandonné que le dernier des hommes, et n'ayant pour témoin de sa mort que le grand Dieu qui allait être le rémunérateur de sa foi. Il meurt, mais c'est Jésus mourant qui prêche encore dans son dernier regard, dans son dernier soupir, dans le dernier battement de son cœur. Il meurt, sans avoir trempé ses lèvres dans la coupe du sang de Jésus-Christ, mais non sans les

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avoir abrouvéos dans lo vaso do li(3l oL (ramcrliiino qui fut [)r('i8onté au Calvain). Il incnirl; riiostio du salul no roposo pas sur sa languo, niais il osl lui-momo lo salut do tout un [)Ouple; Tonotion dos mourants no Ibrtifio pas sos inoini)rf\s, mais, à dôfaut do tout secours humain, son crucilix lui rosto, ot co signo augusto lui sullil [nnw so consolor, i)rior, so puriiier et so railormir. Angos saints qui entourâtes Jésus au jardin des Olives, venez, environnez ce héros, prodiguez-lui vos embrassements, approchez-vous do lui et déliez doucement cette âme qui va prendre son vol. 0 moment sublime! 6 pauvreté sainte! o abandon bien préférable aux richesses et aux amitiés du monde! Ses yeux nagent déjà dans les ombres de la mort, et leur regard, à demi éteint, s'attache encore avec amour à Timage du Rédempteur. Sa langue, déjà glacée, murmure, par un dernier effort, les aspirations des prophètes et les prières de l'Eglise absente. Xavier meurt, mais la mort respecte, en le frappant, la douce sérénité de son visage. Xavier n'est plus, mais on croit qu'il sommeille encore, tant il a passé avec douceur.

Avec quels transports fut accueillie dans les cieux cette âme choisie! Je vois accourir à sa rencontre la troupe des esprits immortels. Venez entendre comme ils chantent les béatitudes de Xavier. Heureux, dit le premier, celui qui n'a rien eu sur la terre, parce qu'il possédera tout dans les cieux : Beati pauperes spiritu. Heureux, répond un autre, celui dont Tàme était plus douce que la colombe : Beati mites. Cependant Fange de la joie faisait entendre ces autres paroles : Heureux celui qui a pleuré, parce qu'il sera consolé : Beati

qui lugent. Il a eu faim et soif de la justice, qu'il soit heureux : Bcatiqui cswriunt et sitiuntjustUiam, L'ange de la pitié le loue de sa miséricorde : Beati miséricordes ; et ces paroles sont répétées par la troupe des prêtres qui s'avance pour le recevoir. Il avait le cœur pur, s'écrie l'ange de la chasteté, et il se mêle aussitôt au chœur des vierges : Beati mundo corde. Il aimait la paix; heureux, cent fois heureux les pieds de ceux qui évangélisent et qui annoncent le sa\ut: Beati pacifici. Plus heureux encore ceux qui souffrent persécution pour la justice, disent les martyrs dont les robes sont teintes dans le sang de l'agneau, et voilà qu'ils ouvrent leurs rangs à l'apôtre du nouveau monde : Beati qui persecutionem patiuntur propter justitiam.

Voilà, mes frères, les huit couronnes déposées sur sa tête et les titres qu'il offre à l'immortalité. Ah ! du haut des cieux, ses bras s'entr'ouvrent, son cœur se penche vers le nôtre, il nous offre ses palmes et nous invite à venir les cueillir à notre tour.

Oui, grand saint, nous viendrons vous demander le secret de tant de vertus ; nous apprendrons à votre école la pauvreté et la douceur, les souffrances et la justice, la miséricorde, la pureté^ la paix et l'amour des persécutions. Ah ! regardez en pitié le peuple qui vous implore et la terre qui vous bénit aujourd'hui. C'est ici qu'est né le jeune prélat à qui le souverain pontife vient de confier la garde de votre tombeau et qu'il a consacré de ses mains pour évangéliser les lieux où s'est arrêtée votre course ^ C'est de nos rangs

1 M?'' Guillcmin, évoque do Canton, qui a élevé une chapelle dans rîle de Sancian, au lieu où est mort saint François-Xavier.

I)K SAINT FHANÇ0I8-1AYIER. tr.'î

(]uo sont sorlis laiil do ^ùnéronx mis.>iujjn.iii.> .|M! ont inîirclié sur vos traces à la ronquôLo dos arnus. Le Soi^nicur ne vous a ravi laiiL do fois dans une douce oxlaso, jusqu'aux splondouis do l'ôtornité, qno pour vous rendre à la torro plus couipalissant, plus charitable et [)lus dévoué à la conversion des inlldôles. Aidez-nous, illustre et saint a[)otro, à travailler aussi au salut do nos frères, à la {^loiro (\r, la religion et à la sanctilication de nos âmes. (Ju'à votre exem[)le, les yeux fixés sur l'image du Sauveur, nous puisions dans le spectacle do son agonie et de sa mort un désir ardent d'étendre son règne dans le monde.

(l'est par votre intercession que nous le demandons, o Xavier. Obtenez pour nous quelque chose des sentiments que vous avez montrés envers l'Eglise. Vous avez été plein d'amour pour son nom, de déférence pour ses lois, de zèle pour son service. Rendez-nous à votre exemple respectueux avec tendresse, obéissants avec douceur, courageux avec persévérance. Vous avez été le modèle des fils. x\pprenez-nous à aimer, à écouter, à défendre la meilleure des mères, et à mériter de jouir un jour du bonheur que vous goûtez dans les ci eux.

ORAISON FUNf'JiUK

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