SERMON SUR LA PUISSANCE ET LA DIGNITÉ DU PAUVRE
a sa part de dignité et de puissance, qu'il donne plus qu'il ne reçoit, et aidez-le à remplir, par la résignation et le sacrifice, ce ministère, si nécessaire et si touchant, qui a fait de lui Tavocatde l'humanité auprès de Dieu.
C'étaient là vos conseils et vos leçons, ô Vincent de Paul, qui, après avoir été la Providence de votre siècle, êtes devenu Tadmiration du monde. Vous avez senti la contradiction, essuyé les injures, souffert les mépris, mais rien n'a pu altérer ni la sérénité de votre front, ni la douceur de vos paroles, ni la charité de votre cœur. L'orage a passé sur votre vie et sur vos œuvres. Il n'a fait que mettre en relief l'éclat de vos vertus et consolider les fondements de vos entreprises.
Ah ! le disciple, nous le savons, n'est pas au-dessus du maître, ni celui qui apprend au-dessus de celui qui enseigne. Ne soyons donc pas surpris que vos servantes et vos disciples soient à leur tour méconnus ou calomniés. C'était leur sort, et il eût manqué quelque chose à la ressemblance qu'ils ont avec vous, si le monde n'avait eu pour eux que des éloges ou du silence. Depuis le jour où l'œuvre qui porte votre nom a été livrée à la contradiction des langues, il tardait à ces enfants éprouvés de célébrer votre fête et de ranimer, dans le secret de leur âme, leur courage et leur charité. Non, vous ne verrez pas sans intérêt leurs épreuves et leurs disgrâces; non, vous n'abandonnerez pas leur cause : c'est la cause du riche plus encore que celle du pauvre ; c'est la cause de l'ordre social et de la prospérité publique ; c'est la cause de Dieu et des âmes et sur la terre et dans le ciel. Sauvezla, justifiez-la, glorifiez-la, c'est la grâce que nous vous demandons avec la bénédiction de Son Eminence.
SUR