MONSIEUR PHILAMOUR AU BAL. 1C
Mais c'est à la seconde figure, où Ton va en avant deux, que l'on attend Philamour ; là il dépasse toutes les espérances; lorsqu'on voitcegros père se livrer au cancan le plus effréné, se disloquer le corps, et faire le pa^ de l'araignée, ce ne sont plus des bravos, ce sont des cris, des houra et des éclats de rire à tout rompre qui accueillent cette danse. Philamour, enchanté dc'l'effet qu'il produit, ne veut pas s'arrêter, même lorsque ce n'est plus à son tour de danser. Il faut que sa tille le retienne par son paletot- vesle, en lai disant :
— Mais, papa, arrêtez-vous donc... ce n'est plus à nous, c'est aux autres la figure...
— Oh ! ça m'est égall Vois-tu quand je suis en train je ne tiens plus en place.
— Hais, papa, vous gesticulez trop... vous avez l'air d'un possédé !... Qui donc vous a appris à danser comme cela?
— Qui ? parbleu, c'est ton mari... c'est mon gen^* dre... il m'a montré la danse à la mode... et tu vois l'effet que je produis. . . •
— C'est vrai qu'on rit beaucoup I
— Et tu n'as donc pas vu que le monsieur vis-à-vis de moi, a essayé de m'imiter et qu'il y a renoncé ?
— C'est égal, je n'avais jamais vu danser comme
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cela. Prenez garde, papa ; j'ai peur que vous n'attrapiez quelqu'un.
— Ils n'ont qu'à se garer, moi Je danse.
Cependant un inspecteur delà danse, un peu scandalisé des pas risqués de M. Philamour, s'est déjà approché de lui avec l'intention de lui recommander une danse plus convenable, mais les jeunes gens qui entourent le quadrille et ont deviné ce que yenait faire l'inspecteur, s'empressent d'arriver à lui, et de lui dire :
— Ahl laissez-le danser à soi^aisel... de grâce, ne Tarrêtez pas; il est si drôle 1... vous voyez bien que c'est un bonhomme ; qui fait tout cela sans intention d'attenter aux mœurs... il croit bien danser... ne nous privez pas de ce spectacle, nous n'avons pas cela tous les jours.
L'inspecteur s^cst laissé convaincre et ne dit rien à Philamour. Celui-ci, qui voit tous les regards bra qués sur lui, qui entend à ses oreilles des jeunes gens lui crier : — Bravo, monsieur!... Continuez! à vous la pomme pour la danse !... C'est admirable ! se sent plein d'une nouvelle ardeur et cherche dans sa tête quel pas il n'a pas encore exécuté. Lorsqu'arrive le moment où l'on fait le cavalier seul, Philamour n'a rien trouve de mieux que de Jeter ses jambes en