‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 11 sur 16 · MONSIEUR PHILAMOUR AU BAL · texte numérisé non relu

MONSIEUR PHILAMOUR AU BAL

l'air le plus haut possible, en les envoyant au hasard h droite et à gauche.

Mais en se livrant à cet exercice, il attrape avec son pied le ventre d*un monsieur qui faisait cercle, lui casse le verre de sa montre et l'envoie rouler sur ses voisins. Le monsieur crie comme un âne, en disant qu'il est blessé, qu'il a du veri*e cassé plein son pantalon. Cet incident met fin à la danse. Cette fois, l'inspecteur ne se laisse pas attendrir; il arrête Philamour, en lui disant :

— J'aurais dû vous retenir plus tôt. Je me doutais bien que cela finirait comme cela.

— Qu'est-ce que j'ai donc fait? dit Philamour. Vous m'arrêtez parce que je me livre aux danses à la mode.

— Je vous arrête parce que vous chahitez, ce qui est défendu ici ; ensuite parce que vous avez blessé un monsieur, en lui envoyant votre pied dans le ventre.

— Ce n'était pas mon intention; pourquoi son ventre s'est-il trouvé là !

— Grâce à vous ce monsieur est plein de verre.

— Si ce monsieur a des vers ce n'est pas moi qui les lui ai donnés I

— Vous faites semblant de ne pas comprendre; mais vous allez venir au poste avec lui.

— Au poste... comment vous me conduisez au poste... parce que je danse bien?

— Parce que vous dansez des danses défendues.

— Sapristi ! Je n'ai pas de chance avec ce que mon gendre m'enseigne I

Pendant que l'on emmène au poste Philamour, accompagné du monsieur dont il a brisé la montre, Zénobie éplorée reste au milieu du bal, demandant à tout le monde ce que Ton veut faire de son père, et ne sachant elle-même que devenir. Un jeune gandin a pitié de son embarras ; il lui offre son bras et une voiture pour la ramener chez elle. La jeune femme accepte, en s'écriant :

— C'est pourtant mon mari qui est cause de tout cela.

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