‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 12 sur 16 · COMMENT CELA SE JOUB · texte numérisé non relu

COMMENT CELA SE JOUB

La Bergerie n'a pas manqué de retourner chez madame Verdoyant, le lendemain de sa première yisite.

Olympe l'attendait : elle s'était faite, non pas belle, parce que cela lui était impossible, mais elle avait une toilette extrêmement recherchée : elle avait mis ce qu'on lui avait dit être le plus à la mode ; elle s'était fait coiffer et recoiffer plusieurs fois; comme la mode était aux chignons, elle en avait un sur lequel un enfant aurait pu se tenir à cheval. Ainsi attifée, cette dame, qui était bien loin de se croire laide, parcequ'onne se rend jamais justice à soi-même, se flattait de faire la conquête de ce monsieur, dont on

lui avait dit tant de bien.

174 PAPA BEAUPËRE.

La Bergerie se présente avec cett aisance qui lui est hafbituelle, et comme ce n'est plus sa première Tisite, il est moins cérémonieux que la première fois. A la manière dont il est accueilli par la riche veuve, il s'aperçoit, que madame Potin a parfaitement rempli ses intentions et gagné son argent.

Madame Verdoyant s'empresse de le fa're asseoir à côté d'elle, sur une causeuse. Elle lui sourit de la façon la plus aimable, en disant :

— Vous ne m'avez pas oubliée? c'est bien, cela.

— Vous oublier, madame, vous ne pouviez pas le craindre...

— Pourquoi donc ! vous devez avoir tant d'occupations, tant de connaissances... et moi, vous me connaissez à peine! ...

— Il suffit de vous avoir vue une fois, madame, pour éprouver le désir de vous revoir encore!

— Ah ! ceci est de la galanterie... de ces phrases que les hommes disent à toutes les femmes. . .

— Itfoi, madame, je vous certifie que je ne suis pas galant... Je ne sais dire que ce que je pense; cela m'a même souvent nui dans le monde, où la franchise est presque un défaut !

— Vous croyez?

— Madame, je me suis occupé de l'emploi de vos fonds. ••

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