MONSIEUR PHILAMOUR AU BAL
Le marchand de planches, qui n'en a plus une seule dans son magasin, vient d'entrer chez sa fille en s'écriant :
— Je ne sais plus ce que cela veut dire I Je ne comprends plus rien aux opérations commerciales de mon gendre I Comment, il a encore tiré sur moi une traite de trois mille francs, que je suis obligé de payer pour que notre signature ne soit pas en souffrance... C'est extrêmement désagréab'e... Je sais bien qu'il me dit : Vous vous rembourserez de tout cela quand nous ferons l'inventaire. Mais nous ne le faisons jamais, cet inventaire, et les planches ne rentrent pas. Où est ton mari? Zénobie, appelle-le;
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il faut absolument que je lui parle et. qu'il m'explique ses opérations.
— Mon mari ! ah ! il fait comme les planches, mon père, il ne rentre pas !... Je vous assure que je suis à présent comme si je n'étais pas mariée. Je ne vois plus mon mari ni le jour, ni le soir, ni la nuit I... Je commence à trouver que M. de La Bergerie se conduit avec moi d'une façon très-inconvenante. Il n'est jamais chez lui; quand je le vois par hasard au déjeuner, et que je lui demande pourquoi il me délaisse ainsi, il me répond en riant: Patience, ma chère amie, avant peu tout cela changera, je le prépare une surprise à laquelle tu ne t'attends pas...
— Une surprise... il m'a dit cela aussi à nioi... C'est sans doute sa grande opération avec la Norvège, qui doit nous rapporter des millions...
— En attendant qu'il ait des millions, quand je lui demande de l'argent, il me répond : Je n'en ai pas, demandes-en à ton père.
— Comment, à moi ? et ta dot ? est-ce que tu n'as pas eu ta dot?... elle devait être pour ta toilette.
— Je ne sais pas ce que mon mari en a fait, mais quand je lui dis : Il me faut de l'argent pour payer ma modiste et ma couturière, savez-vous ce qu'il me répond ?
— n te répond : Tu en auras demain.