C6 MÉCHANCETÉS DE LA BARONNE
ment... C'est toujours le devoir d'un homme de protéger celle qu'on outrage, et ceux qui hésitent alors et craignent de se compromettre ne sont à mes yeux que des lâches qui ne méritent pas qu'une dame leur donne le bras.
Les hommes qui entourent la niarquise applaudissent tous à ce qu'elle vient de dire et s'écrient qu'elle a parfaitement raison. Madame de Brèville rougit de dépit et s'éloigne en disant :
— Ah! vous défendez les sauteuses... c'est différent! Alors H. Dorcelle a le droit de lui donner le bras... comme c'est heureux pour lui!... ah! ah! ah! Où en sommes-Dous, mon Dieu!...
— Que cette dame est méchante! murmure Dorcelle lorsque la baronne est éloignée.
— Oh î oui, répond Fidélia ; si elle pouvait tuer avec ses paroles, je crois qu'elle aurait déjà bien des meurtres à se reprocher!
— Mais vous, madame, combien vous êtes bonne!..; vous avez pris ma défense.. •
— Vous n'aviez pas même besoin d'être défendu... je louerai toujours un homme d'avoir protégé une femme, quelle que soit cette femme! Mais vous voyez bien que j'avais raison tout à l'heure en vous disant que vous deviez avoir quelque intrigue d'amour à me raconter!
— Il est vrai; mais je n'aurais pas osé vous parler de celle-là.
— Pourquoi donc cela ? est-ce qu'elle ne vous plaît déjà plus cette Augustina?... car il paraît qu'elle se nomme Augustina...